Alice Feiring : Skin Contact – Voyage aux origines du vin nu.

Un livre indéniablement sincère.

Alice Feiring est plus particulièrement connue par chez nous via ses deux précédents ouvrages :

  • La Bataille du vin et de l’amour – Comment j’ai sauvé le monde de la parkerisation,
  • Le Vin nu.

Le vigneron ligérien Thierry Puzelat dans la préface du présent livre la décrit comme  » emmerdeuse » ou encore « (…) diva américaine du vin naturel ou (…) sorcière maléfique du vin industriel ».

Quant à l’auteure, dès l’introduction, ses propos sont sans ambigüité : « promouvoir les défavorisés, chercher à préserver une authenticité perdue à une époque où tout devient industriel, telle est ma mission. Et c’est cette mission qui fait ma réputation (…) J’avais une nouvelle cause du vin à défendre. Je m’assignai la noble tâche de prodiguer amour et attention à ces vins naturels de tradition… (je suis) Une puissante et intrépide guerrière prête à tout pour protéger ce qu’elle aime ».

Voila le décor planté !

Alice Feiring nous propose un « Voyage aux origines du vin » en l’occurrence la Géorgie. Le berceau de la  viticulture se trouve effectivement fort vraisemblablement dans la région du Caucase. La plus vieille  culture viticole au monde aurait quelques 8.000 ans au compteur…

De ce pays, histoire, culture, géographie, géologie, religion, traditions, cuisine (l’ouvrage comprend quelques recettes)… sont évoqués, ainsi que – et surtout – ses vins (et leur futur).

Les cépages autochtones s’y dénombrent à quelques 525 espèces.

Parmi les traditions toujours vivantes: le qvevri, soit une énorme jarre en terre cuite enterrée.

La méthode géorgienne de vinification à l’ancienne dans des kvevris est inscrite depuis 2013 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco :  « Le kvevri est un récipient en argile en forme d’œuf utilisé pour vinifier, laisser vieillir et entreposer le vin (…) Le vin joue un rôle important dans la vie quotidienne des Géorgiens et dans la célébration des rituels et des événements laïques ou religieux. La cave à vin est encore considérée comme le lieu le plus sacré du foyer. La tradition de la vinification en kvevri définit le mode de vie des communautés locales et constitue une part indissociable de leur identité culturelle et de leur héritage, les vignes et le vin étant évoqués dans les traditions orales et les chansons géorgiennes ».

A noter que les autorités locales consacrent des fonds à la promotion des vins issus de cette tradition.

 

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Qu’est-ce qu’un » vin nu » ?  On pourrait le définir comme étant un vin biologique issu  de la viticulture traditionnelle la plus naturelle possible,  non interventionniste : rien n’est ajouté, rien n’est retiré au jus. Un vain « sain et honnête », dixit Alice Feiring.

Pourquoi « Skin contact » ? L’usage local est celui de la macération pelliculaire , laquelle se caractérise par le contact prolongé du jus avec la peau des raisin. Le résultat le plus étonnant en est le vin dit orange, où le cépage blanc est vinifié comme un cépage rouge. D’où la couleur ambrée.

Tel vin est hors sentiers battus. Mais c’est là justement un de ses intérêts. Et  je ne peux que vous engager à l’essayer, si ce n’est déjà fait !

Voici un livre parfois peu brouillon, certes. Mais indéniablement sincère. Et qui nous ouvre – notamment de par ses nombreuses informations –  bien des portes.

Olivier Mercier.

 

Josko Gravner.

 

Editions Nouriturfu, Paris, 2017, 189 pages.

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