Restaurant le Rouge Barre (Lille).

Tout ici a pris de l’étoffe.

Qui sait si je n’ai déjà eu l’opportunité d’apprécier la cuisine de Steven Ramon dès l’époque où il officiait à ‘La Laiterie’ à Lambersart ?

 

Quoi qu’il en soit, je n’ai pas tardé à réserver lorsqu’il a ouvert le ‘Rouge Barre’ dans le Vieux Lille. Désormais, plus rien de télégénique…

Cette première visite m’avait laissé le souvenir d’une cuisine précise, inventive, ‘chamarrée’, esthétique.

Quant au chef – présent tant en cuisine qu’en salle dans sa présentation des plats – il m’était apparu disponible, et surtout timide, inquiet. Humble.

 

  • « Danielle, où veux-tu que nous allions manger pour la Saint-Valentin ? ».
  • « Au ‘Rouge Barre’, j’en garde un excellent souvenir !».
  • « Qui soit ! » (ce que femme veut, je l’assume).

 

Nous voilà accueilli par le chef en personne.

Le décor étonne et détonne avec ses dominantes noir, bois clair, rouge/orange, brique/pierre blanche (01).

La cuisine ouverte stimule l’appétit.

Le personnel, aux petits soins, sourit.

Tout va bien. Et cela ira de mieux en mieux.

 

Entre les deux, mon cœur balance.

On ne retient finalement pas la formule consacrée entièrement à la truffe. Va pour le ‘menu six services’ à 66 euros, soit deux entrées, deux plats et deux desserts.

 

Trois amuses-bouches s’offrent à nous : carotte confite, iode et huître, magret de canard. Le tout est parfaitement exécuté. Impeccable.

Suit une brouillade d’œuf, persil tubéreux et copeaux de truffe. Long en bouche. Que du bonheur.

 

Arrivent les entrées.

Tartare de veau, chou-fleur, carpaccio de kiwi, roquette. Quel mélange de saveurs et de textures….

Suit un tourteau en maki de menthe, boulette de Bussy (02), oignon doux des Cévennes. Une explosion de goût.

 

Les plats se succèdent.

Coquilles Saint-Jacques, écrasé de panais, croquette de pied de porc (dans laquelle je soupçonne qu’on y a incorporé du raifort), sucrine et raifort. Fondu, compoté.

Ris de veau caramélisé à la sauce soja, pousses de soja, condiment de câpres, penne (remplie d’un espuma de topinambour sauf erreur), jus de veau. Equilibré.

 

En intermède, mon choix se porte sur un brie de Meaux à la truffe (03). Exceptionnellement goûtu !

 

Sur la table jusqu’alors, un savoureux pain provenant du village proche de Wambrechies et un délicat beurre de baratte ‘viking’ (sel, sel fumé, oignon, ail…)

 

Les desserts clôturent le repas.

Pomme, cidre yuzu, céleri-branche. Fichtre ! C’est frais, rafraîchissant. Ca vous nettoie les papilles.

Céleri boule et chantilly, noisette, pamplemousse. Céleri ? Chantilly ? Culotté cet accord. Et réussi.

 

Céleri boule, noisette, pamplemousse.
Céleri boule, noisette, pamplemousse.

 

Devenue plus canaille, la carte des vins s’est, en quelque sorte, ébrouée. On y trouve désormais les bouteilles de Charlotte et Jean-Baptiste Sénat, Pierre et Catherine Breton, de Marlène Soria du domaine Peyre Rose, de Mireille et Pierre Mann du mas des Caprices, du domaine Ostertag

Le temps de poser son choix, un domaine Bott-Geyl cuvée ‘Les Eléments’ Alsace riesling 2016. Pas typique du cépage certes, mais néanmoins délicieux avec des notes d’orange au nez et de fruits blancs au palais.

Pour accompagner la soirée, mon dévolu se porte sur un vin dont j’attendais tant : Louis-Benjamin Dagueneau cuvée ‘Silex’ Blanc Fumé de Pouilly 2012. Au bout du compte : vin de deux oreilles….

Judicieusement conseillé sur le fromage : ‘La petite Roche’ de Damien Laureau Savennières 2016. Un petit Jésus en culotte de velours.

 

Et pour couronner cet excellent moment, pourquoi ne pas se laisser tenter par une chartreuse (04) ‘Meilleurs Ouvriers de France’ ?

 

Il y a incontestablement du savoir-faire de haut niveau dans l’assiette. Qui plus est, on ne mégotte pas sur les quantités.

Voilà un des meilleurs rapports qualité-prix qui soient. Quant à ce, il est bien des restaurateurs qui peuvent aller revoir leur B.A-ba !

Pour en avoir discuté avec Steven Ramon, il précise que sa cuisine a évolué. J’acquiesce. Elle a surtout bonifié. Et c’est peu dire… Tout ici a pris de l’étoffe.

Bref : nous avons adoré. Conquis et reconquis !

 

Olivier Mercier.

 

Compte-rendu de visite du 15 février 2018.

 

Coordonnées :

Adresse : 48/50, rue de la Halle à 59000 Lille
Téléphone : 0033 (0) 3 74 11 62 89
Site : http://www.rougebarre.fr/
Page FaceBook : https://www.facebook.com/rougebarre

Horaires :

– dimanche et lundi : fermé,
– du mardi au samedi : de 12.00 à 15.00 et de 20.00 à 22h.45.

 

Pomme, céleri branche, yuzu.
Pomme, céleri branche, yuzu.

 

(01) Le rouge barre (ou rouges barres) est un appareil mixte de pierres blanches et de briques, commun dans le nord de la France (Flandres, Artois, Picardie) et sur la côte de la Manche.

(02) Navet blanc produit à Bussy-le-Château en Champagne.

(03) Huit euros.

(04) Treize euros.

 

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