Château la Colombière cuvée « Le Grand B. » vin de France blanc 2015.

Le cépage bouysselet blanc possède indéniablement des qualités.

 

 

Le Tribunal civil de Première Instance de Toulouse le 28 janvier 1944 détermine les conditions d’attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l’appellation d’origine « Villaudric ».

Un arrêté ministériel du 2 avril 1951 entérine cette décision pour des vins rouges ou blancs

Les cépages pour ses derniers sont :

– 1er type : mauzac (50 %), blanquette, chalosse, jurançon blanc,

– 2ème type : sémillon, sauvignon et muscadelle.

La même juridiction, cette fois le 31 juillet 1945 détermine les conditions d’attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure’ aux vins bénéficiant de l’appellation d’origine « Fronton-Côtes du Frontonnais ».

Un arrêté distinct du 2 avril 1951 entérine lui aussi cette décision mais quant à des vins rouges, rosés ou blancs.

Les cépages pour ces derniers sont :

– 1er type : mauzac (sans précision de proportion), chalosse et blanquette uniquement,

– 2ème type : sémillon, sauvignon et muscadelle encore et toujours.

En 1970, ces deux V.D.Q.S. fusionnent, conscients de l’identité de leurs histoires et usages communs.

Aussi le décret du 7 février 1975 permet aux désormais dits « Côtes du Frontonnais » d’accéder à l’appellation d’origine contrôlée mais ne retient – ce qui est toujours d’actualité – que les seuls vins rouges ou rosés. A noter que « Côtes du Frontonnais » peut être suivi des noms de « Fronton » ou de « Villaudric ». Avec la particularité que les vins produits sur la commune de Fronton pouvaient revendiquer soit la mention « Côtes du Frontonnais-Fronton », soit la mention « Côtes du Frontonnais-Villaudric »? Alors que les vins produits sur la commune de Villaudric ne pouvaient   revendiquer que la seule mention locale…

Cette faculté est retirée par décret du 31 août 2015 relatif à ce qui est la nouvellement et uniquement dénommée A.O.C. « Fronton ».

 

Revenons à Villaudric où est implanté le château la Colombière.

La vigne y est présente depuis le XV° siècle.

Les propriétaires découvrent en 2009 quelques plants pré-phylloxériques francs de pied d’un cépage sombré dans l’oubli : le bouysselet blanc. Issu du savagnin du Jura et du plant de Cauzette béarnais (01), il est parfois appelé prunelard blanc (02).

Ces vignes de 200 ans ont fait l’objet en 2010 d’une sélection massale avec surgreffe sur pied de négrette.

 

La parcelle de 0,7 hectare de  bouysselet blanc,  orientée nord-est, se compose de galets de quartz à argiles rouges du Quaternaire.

Les vendanges sont manuelles.

Au château la Colombière, on applique les principes de la biodynamie (label Biodyvin).

La vinification se déroule sans SO2.et au moyen des levures indigènes.

 

La cuvée ‘Le Grand B.’ est 100 %  bouysselet blanc.

 

La première dégustation du 2015 révèle un vin simple et bien fait. Le nez évoque la poire, le nougat. Quant au palais, il ne faut pas lui demander plus qu’il ne peut offrir : tranchant, vif, il ‘claque’ en finale avec un ‘je ne sais quoi’ de minéral, de salin…

 

Comme l’association vin blanc sec/viande me convient de plus en plus, je me procure un saucisson forestier au marché dominical du quartier de Perrache (Lyon). Cuit dans du beaujolais (04), je l’accompagne d’une purée de pomme de terre vitelotte aromatisée au thé noir fumé qu’est le lapsang souchong (03).

 

A table, j’entame la deuxième dégustation de ce millésime et… Et bardaf, c’est l’embardée : l’accord est mauvais de chez mauvais !

En effet, contre toute attente, la bouche se révèle désormais doucereuse, à la finale délicate !

 

Quoi qu’il en soit – strict ou charmeur – le bouysselet blanc possède indéniablement des qualités olfactives et gustatives.

Depuis mai 2017, il est inscrit officiellement au catalogue des espèces et variétés de raisins de cuve cultivés en France (05) .

Qui sait – on peut rêver… –  si ce cépage ne trouverait pas ses heures de gloire dans une future A.O.C. « Fronton » blanc ?

 

Olivier Mercier.

 

Considérations techniques :

Taux d’alcool : 13,5 %.
Production : 4.000 bouteilles.

 

Cépage bouysselet blanc.

 

(01) Quant à lui proche du tannat.

(02) Alors qu’il n’a – ou n’aurait – aucun lien de parenté avec le prunelard noir.

(03) La cuire sans la piquer (elle s’imbibera par elle-même) une heure à feu doux.

(04) Prenez l’équivalent de trois grosses pommes de terre réduites en purée. Faites chauffer 20 centilitres de crème liquide. Infusez y le lapsang souchong 7 à 8 minutes pour bien l’extraire. Mélangez purée et crème aromatisée avec une pointe de sel. C’est tout.

(05) Arrêté du 30 mai 2017, J.O.R.F. n° 0134 du 9 juin 2017 à seule fin d’être complet.

 

Coordonnées :

Château La Colombière
Philippe et Diane Cauvin
S.C.E.A. Baron François de Driésen
190, route de Vacquiers (D63d)
31620 Villaudric
Téléphone :+33 (0 ) 5 61 82 44 05
Téléfax : +33 (0) 5 61 82 57 56
Site : https://www.chateaulacolombiere.com/
Courriel : vigneron@chateaulacolombiere.com
FaceBook : https://www.facebook.com/chateaulacolombiere/

N.B. : le vin a été acheté chez Paul et Patricia Sirvent du ‘Gré du Vin’ à Lille, déjà évoqué par mes soins par ailleurs et en d’autres temps.

 

 

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