Le Clos des Mourres (Vaucluse).

Des vins qui ont de la patte, sans chercher l’épate.

Le nom du domaine provient de la plante sauvage (de son nom scientifique : Hypochaeris Radicata ; à ne pas confondre avec le pissenlit) qui a la particularité de se recroqueviller dès qu’on la coupe à sa base, et que l’on mange en salade. D’ailleurs, ses feuilles dentelées illustrent l’ensemble des cuvées.

 

Mais on peut appréhender ce terme différemment.

En 1751, Louis de Jaucourt écrivait dans l’Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers : « Mourre (…) (Jeux anciens.) (…) On joue à ce jeu en montrant une certaine quantité de doigts à son adversaire, qui ait la même chose de son côté. On accuse tous deux un nombre en même tems, & l’on gagne quand on devine le nombre de doigts qui sont présentés. Ainsi on n’a besoin que de ses yeux pour savoir jouer à ce jeu (…) Ciceron (disait) ; il est si homme de bien, que vous pouvez jouer à la mourre avec lui dans les ténebres, sans craindre qu’il vous trompe ; expression qui passa en proverbe pour peindre quelqu’un de la plus exacte probité ».

 

Probité : voilà qui caractérise bien les vins d’Ingrid et Jean-Philippe Bouchet.

 

Tout commence par Jean-Philippe et sa présence auprès de son grand-père, dans les terres, la vigne et sur le tracteur.

Suivent plusieurs expériences professionnelles qui l’ont rapproché petit à petit du milieu de la vigne et du vin, telle la vente de matériel viticole.

La décision de franchir le pas est prise en 2007.

Le temps d’une formation et le rêve se concrétise début 2009 par l’achat de douze parcelles presque attenantes, orientées sur le versant nord-ouest du col du Débat sur les communes de Cairanne (4 hectares) et Saint-Roman-de-Malegarde (1 hectare).  Les parcelles sont situées entre 200 et 280 mètres d’altitude, sur des sols majoritairement argilo-calcaires. Jusqu’en 2011 ne sont produites que deux cuvées, respectivement en Côtes du Rhône Village et Cairanne.

En 2012, Ingrid intègre 10 hectares de vignes familiales autour ou à proximité de la ferme-cave à Vaison-la-Romaine. Ce sont des terres sableuses, légèrement argileuses, limoneuses.

Le 01 juin 2012 le G.A.E.C. clos des Mourres est officiellement constitué.

Viendra s’ajouter un hectare à Vacqueyras.

 

Ils travaillent d’abord en agriculture biologique (FR-BIO-01), puis en biodynamie. Ils sont revenus de cette dernière pratique, sans la renier intégralement : certains préceptes sont encore utilisés.

Ils se définissent comme « (…) artisans vignerons, parce que le terme artisan implique que l’on travaille manuellement, mais surtout paysan, parce que nous avons fait le choix de travailler la Terre pour garder le contact avec elle, et de manière naturelle »

Dans cette optique, vous lirez bien souvent sur leurs étiquettes : « La vigne et le vin sont travaillés dans le respect des sols, de la nature et de ses rythmes. Vendanges manuelles. Levures indigènes. Pas d’intrants ».

 

Après avoir approché exploitants et cuvées à diverses reprises, occasion nous a été donnée de nous rendre au domaine situé à la sortie de Vaison-la-Romaine, en direction de Roaix. Belle opportunité de découvrir sur la terrasse ombragée quelques flacons au cours d’une discussion à bâtons rompus avec le couple de vignerons :

  • ‘Pompette’ vin de France rouge 2017. Cépages : aubun et tempranillo, outre grenache, counoise et cinsault. Pimpant. Fringant. (01)
  • ‘A Table !’ vin de France rouge 2017. Cépage : syrah. Construit autour d’une trame acide de bon aloi qui lui permet de tenir ferme sur ses quatre pieds. (02)
  • ‘NoVice’ Côtes du Rhône rouge 2016. Cépages : 60 % grenache, 20 % mourvèdre, 10 % syrah. La belle structure se manifeste entre autres par la longueur. Une arpète qui sera ans doute au point dans deux à trois ans. (03)
  • ‘Origines’ Cairanne rouge 2015. Cépages : 90 % de vieux grenaches, 3 à 4 % de clairette, le reste en grenache blanc, vaccarèse, muscardin et autres. Les flaveurs témoignent de l’ascendant d’un indéniable savoir-faire. (04)

 

Voilà qui confirme tout le bien que je pensais déjà de ce clos. Mais c’était il est vrai prêcher un convaincu !

 

Deux autres cuvées ont été dégustées en restauration pendant le séjour :

  • ‘Pompette’ vin de France blanc 2017. Cépages grenache blanc, clairette et bourboulenc par tiers. Un vin de picole qui ne demande qu’à vous dessoiffer, et qui y réussit bougrement bien, aidé d’un melon et de jambon fumé (05)
  • ‘Tandem’ Côtes du Rhône Villages rouge 2014. 70 à 85 % grenache, 15 à 30 % syrah. De la structure, certes, mais sans excès. Un beau duo avec un tatin de lapin (06)

 

Revenu dans mes pénates, pourquoi ne pas prolonger les vacances en se faire plaisir ?

  • ‘Pompette’ vin de France rosé 2017. Cépage caladoc. Au palais, de la tendreté avec un peu d’âpreté. Un rosé de haut vol, ‘complet’, évolutif. De repas donc : ad hoc sur un colombo de porc bien relevé et purée de patate douce. (07)

 

DSCN2740

 

Et donc, le caladoc, quésako ?

Cet hybride rouge a été obtenue en 1958 par l’Institut National de la Recherche Agronomique de Montpellier en croisant le grenache et le côt (ou malbec), et ce dans le cadre de recherches visant à créer un cépage résistant à la coulure. Son succès est tel que des A.O.C. souhaitent l’intégrer à leur cahier des charges en tant que cépage accessoire. C’est le cas des Côtes du Rhône qui a à cette fin déposé un dossier auprès de l’I.N.A.O.

 

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Que retenir de tout cela ? Pas de mouron à se faire : voici des vins qui ont de la patte, sans chercher l’épate.

 

Olivier Mercier.

 

Mais encore :

Le clos des Mourres appartient à un collectif d’une bonne vingtaine de vignerons rhodaniens : ‘la Nouvelle Lune’.

Tous les membres ont une sensibilité et une éthique proches, travaillant en agriculture biologique, biodynamique voire en cosmoculture. Cette même philosophie du respect du vivant se traduit notamment ainsi :

  • proscription des désherbants et pesticides,
  • récolte manuelle privilégiée,
  • peu d’interventionnisme,
  • levures naturelles,
  • vinification sans ajouts chimiques.

Signe de qualité, sont membres notamment :

 

Où manger à Vaison-la-Romaine ?

J’ai déjà évoqué ‘Le Bonheur poursuit son cours’.

Il me reste à vous suggérer le restaurant-bar à vins ‘le Patio’ dans le centre-ville, à un jet de pierre des berges de l’Ouvèze. Un cadre aussi agréable que le service, une cuisine française qui tend à sortir des sentiers battus, une carte des vins attractive. De quoi passer un bon moment.

Adresse : 4, rue du Ventoux à 84110 Vaison-la-Romaine.
Téléphone : +33 (0) 4 90 65 53 82

 

DSCN2517.JPG

 

Coordonnées :

Le Clos des Mourres (Ingrid et Jean-Philippe Bouchet).
730, chemin de Buisson
Le Plan – « La Gerline »
84110 Vaison-la-Romaine
Téléphone : +33 (0) 9 75 46 43 10
Mobile de Jean-Philippe Bouchet : +33 (0) 6 74 65 98 32
Mobile d’Ingrid Bouchet : +33 (0) 6 07 51 06 70
Site : http://www.closdesmourres.fr/
Courriel : closdesmourres@orange.fr
Page FaceBook : https://www.facebook.com/domaine.closdesmourres?fb_dtsg_ag=AdwBJjx-9vlswqMA5HC8oPqoVcqlS-wRkQagZg0YxzAGyw%3AAdwY6reKPQJvtpXAI1ypbUumjPuh1D9TAq4Rcl3qoSl37w

 

DSCN2742

 

  1. 9, 50 euros. 12,5 %.
  2. Quelques 10 euros. 12,5 %.
  3. 11,50 euros. 13 %.
  4. 18,50 euros. 14 %.
  5. 10 euros. 12,5 %.
  6. 14 euros. 13,5 %.
  7. 9,50 euros. 12, 5 %.

 

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