Restaurant l’Essentiel (Petit Attiches – Lille).

L’établissement a indubitablement pris de l’assurance.

Direction : le sud de l’agglomération lilloise, dans la région dite « la Pévèle ».

Je garde un très bon souvenir de notre première visite le 14 février 2017. Cadre rustique, service un peu gauche sans doute mais plein de bonne volonté, et surtout une déjà très belle cuisine que l’on sentait susceptible d’amélioration . Sans oublier une carte des vins digne des propos élogieux que l’on m’avait alors tenus. Nous nous étions régalés avec dans les verres d’une part Alexandre Bain « Pierre Précieuse » Pouilly-Fumé 2012 et d’autre part Yvon Métras Moulin-à-Vent 2011.

Bref : le genre d’adresse que l’on conserve dans un coin de sa mémoire…

Retour quelque deux années après. Bien des choses ont évoluées. Locaux réaménagés, cadre classieux, plus cosy, service assuré, sommelier attentif.

Pour se détendre, qui une coupe de champagne, qui une « Hoppy Yuzu » de la brasserie Célestin. Une bière blonde – déjà appréciée à diverses reprises – de type India Pale Ale (alcool : 5.8 %. ; amertume : 66 E.B.U.) enrichie de l’agrume dit yuzu.

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Les quatre amuse-bouches sont de bon présage :  tartelette au chou-fleur, welsh croustillant, hareng travaillé à l’encre de seiche outre un moules frites revisité !

A noter le beurre aux noix torréfiées.

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Notre choix se pose sur le « Menu Plaisir » en quatre services (entrée, poisson, viande et dessert) mâtiné de l’un ou l’autre « Produit d’Exception » travaillé avec la truffe noire melanosporum

En entrée, le ris de veau braisé et croustillant, céleri, livèche, crème de cresson sera le seul bémol de la soirée pour cause de panelure trop épaisse et trop cuite, le ris étant par ailleurs en lui même excellemment cuisiné.

Suivent Saint-Jacques, tagliatelles de céleri, truffe, ainsi que pavé de lotte rôti et salé au guanciale, sarrasin, panais aux agrumes, graine de fenouil. Tous deux parfaits.

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Viennent le retour de pêche en habit d’algues, salsifis, crémeux truffé, fumet à la chartreuse, truffe, outre le bœuf d’Aubrac, pressé de pommes de terre, champignons de Paris truffés, foie gras, truffe. Tous deux se caractérisent par une belle persistance en bouche.

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La pomme du Quesnoy Natyra, rôtie, mousse, compote fumée, sorbet, biscuit blé soufflé apportera une touche finale toute en fraîcheur.

La carte des vins présente une belle et large sélection de bouteilles de tous types de production : conventionnelle, biologique ou – surtout de Loire – ‘nature’.

Autant découvrir une cuvée qui m’est inconnue de Sébastien Riffault : « Skeveldra » Sancerre blanc 2014 (agriculture biologique FR-BIO-10). Un vin évolutif. Robe bronze. Une bouche où se mélangent sucres résiduels et minéralité. A mes yeux, très loin des canons de l’A.O.C., en tous cas des Sancerre de type pierre à fusil !

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Je n’aurai su quitter les lieux sans découvrir un domaine que je guignais tout au long de la soirée : les Arpents du Soleil (Gérard Samson) « Pinot gris » I.G.P. vin du pays de Calvados-Gris 2014. Vous avez bien lu : Calvados. Ma foi, mention fort honorable. Vin qui fut l’occasion d’une discussion enrichissante avec le sommelier. Si vous voulez en savoir un tout petit peu plus à sur le sujet, je vous renvoie ci-dessous.

Bref, plus qu’une confirmation : on s’est véritablement régalé d’une cuisine désormais de très belle facture. Quant à la carte des vins, elle ne peut que satisfaire les amateurs.

Et tout cela dans un contexte sans chichi.

Olivier Mercier.

Compte-rendu de visite du 13 février 2019.

 

Coordonnées :

S.A.R.L. l’Essentiel
Adresse : 19 rue de Neuville à 59551 Petit Attiches
Téléphone : +33 (0) 3 20 90 06 97
Site : http://www.essentiel-restaurant.fr/
Courriel : essentiel-restaurant@orange.fr
Page FaceBook : https://www.facebook.com/LEssentiel-Restaurant-203293256436965/

Heures d’ouverture :

Du mardi au samedi : le midi de 12h00 à 13h30 et le soir de 19h30 à 21h00.
Fermé le dimanche et le lundi.

Les prix T.V.A.C. :

  • Bière : 7,50 €
  • Coupe de Champagne : 14 €
  • Menu Plaisir : 56 € hors extra de 25 €
  • Sébastien Riffault : 58 €
  • Arpents du Soleil : 8 €

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Très brève approche du vignoble normand :

Sauf erreur – les historiens me détromperont s’il y a lieu – la première mention d’un vignoble normand se trouve sous la plume de Grégoire de Tours (538-594) lequel signale une vigne autour de Lisieux appartenant à l’évêque Ethérius. Jusqu’au XVI° siècle, la limite nord du vignoble passe près des côtes de la Manche, de la Bretagne (Dol) au Nord (Valenciennes) en passant par la Normandie (Argences). A partir du milieu du XVI° siècle, le vignoble normand décline, ne subsistant plus qu’à l’état de traces.

Les « Arpents du Soleil » sont créés en 1995 par Gérard Samson. Les vins d’abord reconnus en vin de pays du Calvados bénéficient actuellement de l’Indication Géographique Protégée Calvados-Grisy.

L’I.G.P. « Calvados » – réservée aux vins tranquilles rouges, rosés, gris et blancs – peut être complétée par le nom d’un ou de plusieurs cépages (01) ainsi que par le nom de l’unité géographique plus petite « Grisy ».

Elle couvre le département du Calvados, mais l’unité géographique « Grisy » se limite à la commune de Vendeuvre.

Elle se distingue par ses sols et son climat spécifiques à la zone de la moyenne vallée de la Dives, plus précisément la conjonction de facteurs naturels propices au développement de la vigne associant un sol argilo-calcaire très pierreux en situation de pente exposée sud-est et soumis à un microclimat sec à tendance océanique avec des nuances méridionales, exceptionnel en Normandie.

Plus spécifiquement, les vignes des Arpents du Soleil sont implantées uniquement sur le territoire de l’ancienne commune de Grisy (rattachée à celle de Vendeuvre). Un vignoble y existait déjà jusqu’à la fin du XVIII° siècle.

Le législateur joue franc jeu en 2011 dans le cahier des charges de l’I.G.T. sans doute taillé sur mesure : « Les vins répondent à une demande locale forte, et ils contribuent au maintien d’une activité économique, touristique et folklorique dans ce petit coin de Normandie. Tout ceci est donc propice au développement d’un petit vignoble permettant la production de vins à forte typicité recherchés par les consommateurs. »

(01) Les vins sont produits exclusivement à partir des cépages suivants :

– vins rouges, rosés : abouriou N, auxerrois B, cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, cot N, egiodola N, gamaret N, gamay N, gamay de Bouze N, gamay de Chaudenay, N grolleau N, grolleau gris G, merlot N, meunier N, négrette N, pineau d’Aunis N, pinot noir N, pinot gris G, portugais bleu N, poulsard N.

– vins blancs : auxerrois B, chardonnay B, chasselas B, chasselas rose Rs, chenin B, folle blanche B, gewurztraminer Rs, grolleau gris G, melon B, müller-Thurgau B, muscat à petits grains B, muscat à petits grains Rg, muscat à petits grains Rs, muscat cendré B, muscat Ottonel B, orbois B, pinot blanc B, pinot gris G, riesling B, sacy B, sauvignon B, sauvignon gris G, savagnin blanc B, savagnin rose Rs.

– vins gris : abouriou N, auxerrois B, cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, cot N, egiodola N, gamaret N, gamay N, gamay de Bouze N, gamay de Chaudenay, N grolleau N, grolleau gris G, merlot N, meunier N, négrette N, pineau d’Aunis N, pinot noir N, pinot gris G, portugais bleu N, poulsard N.

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Comptoir de poche Archimède (Saint-Aignan sur Cher).

Une cuisine toujours aguichante et délicieuse. Sans oublier les vins !

Saint-Aignan ?  La cité médiévale de Saint-Aignan, classée site patrimonial remarquable ??

Je n’en évoquerai ni la proche A.O.P. fromagère Selles-sur-Cher, ni le très visité ZooParc de Beauval, ni le château Renaissance bâti à l’emplacement d’une ancienne forteresse du IXe siècle. Pas même la collégiale des XIe et XIIe siècles au pied de laquelle s’est installé « Archimède ».

 

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Les cours d’eau – faut-il le rappeler ? – ont joué un rôle important en tant que voies de communication pour le commerce du vin.

Au XVIIIe siècle, la basse vallée du Cher produisait des vins communs dont le débit principal était la capitale. Ils descendaient la rivière jusqu’à Savonnières (Villandry) pour remonter la Loire. Ultérieurement, le canal de jonction du Cher à la Loire (01) a relié à l’est de Tours ces deux cours d’eau, permettant d’éviter le confluent.

Les vins débarqués à Orléans, point le plus septentrional de la Loire proche de Paris, partaient par voie de terre vers le nord, voire empruntaient plus tard le canal d’Orléans (02) et le canal du Loing (03), rejoignant ainsi la Seine.

La Touraine et ses vins connaissent leur apogée au XIXe siècle.

En 1866, Jullien mentionnait (04) : « (…) les vignobles de la côte du Cher sont entièrement peuplés du cépage rouge nommé cahors ». Il évoquait ensuite les « vins rouges » de la « première classe » : « Les communes situées sur le Cher (dont) Saint-Aignan produisent des vins très-colorés, corsés, spiritueux et de bon goût… ». Puis précisait, dans une énonciation dégressive : « Ceux de Saint-Aignan sont encore de bonne qualité… » (05).

En 1910, Proffit et Bureau écrivaient (06) : « Dans les coteaux renommés de la vallée du Cher (dont la commune) de (…) Saint-Aignan… Les vins récoltés sur ces terrains sont produits par le côt… acclimaté depuis longtemps dans le Centre… (Il) donne un vin coloré, ayant de la chair, du moelleux et un bouquet agréable très développé. Mis en bouteille après sa deuxième année, le vin de côt devient parfait».

 

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De nos jours, l’Appellation d’Origine Contrôlée « Touraine » se décline en vins tranquilles blancs, rouges et rosés et vins mousseux blancs et rosés.

L’aire géographique s’étend sur le territoire de communes des départements d’Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher dont Saint-Aignan.

La zone géographique se présente comme un plateau mollement ondulé, au sud-ouest du Bassin Parisien, zone de confluence où Cher, Indre et Vienne viennent rejoindre la Loire. Le vignoble s’organise le long des vallées, à l’exception à l’est de la Sologne dont le plateau repose entre Cher et rive gauche de la Loire.

L’on peut être plus précis sur la condition viticole de Saint-Aignan.

Le nom de l’A.O.C. « Touraine » peut être complété par la dénomination géographique complémentaire «Chenonceaux» quant à des vins tranquilles blancs (issus de sauvignon) et rouges (cabernet franc et cot principalement à 70 % maximum, gamay accessoirement).

La production est assurée sur le territoire d’un nombre plus restreint de communes d’Indre-et-Loire, dont Chenonceaux bien évidemment et du Loir-et-Cher dont Saint-Aignan-sur-Cher, soit les coteaux des deux rives du Cher en son aval.

 

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J’ai déjà évoqué ici ou là, en d’autres temps et en d’autres lieux, Sinem et Max.

Suite à un coup de cœur pour la Loire et la vallée du Cher, le couple quitte Bruxelles fin décembre 2017 dans l’optique d’y mener une vie paisible. Mais… l’idée fait insensiblement son chemin. Il prospecte la région – dont Loches – et pose ses valises dans un anciennement bar-snack-glace fermé depuis plusieurs années, appelé à l’époque… « Le Bergerac ».

Le temps de quelques travaux et « Archimède » ouvre ses portes le 13 août 2018 avec la volonté de mettre en avant le respect du terroir local (vins et fromages mais aussi charcuteries, pain de Sarah Bertin, produits maraîchers…).

Petit restaurant gastronomique d’une vingtaine de couverts disposés en vis-à-vis d’un comptoir en formica des années ’50 – on y débouche des vins « vivants » tous sélectionnés par la maison.

C’est aussi un comptoir de poche, un bistro pour boire un verre et grignoter la cuisine de marché, une assiette de salaisons et fromages.

Ce fut pour nous un réel plaisir de revoir Maxime. De tailler une bavette avec un vigneron auvergnat accoudé au comptoir. D’évoquer, entre autres, pour reprendre les termes même du maître des lieux, la région et son « océan de vignes ».

 

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Pour moi, histoire de se mettre les papilles en alerte, une blonde rafraîchissante « Drunk in Love » de la micro-brasserie Heima installée dans la proche localité de Pouillé (07).

Pour elle : clos du Tue-Bœuf (Jean-Marie et Thierry Puzelat) « Le Petit Buisson» sauvignon de Touraine 2017. Proposition qui ne se refuse pas (4 € le verre) !

La sélection se fera à la carte ou sur base des suggestions mentionnées sur le miroir.

Va pour une terrine maison pistachée, salade et confit d’endive (8 euros). Mais c’aurait pu être un Saint-Marcellin rôti au miel et thym (8 €).  Pour la convive : œuf cotte à la truite fumée et huile d’aneth, croûtons (7 €).

La carte des vins s’avère courte mais efficace. Loire évidemment avant tout, mais pas que. Et l’un ou l’autre flacon hors Hexagone. N’oubliez pas pour le surplus de vous enquérir des bouteilles exposées sur le comptoir.

Restons dans la région : domaine de l’R (Frédéric Sigonneau), Chinon rouge « Valdegrulla – La Familia » 2016 (29 euros).

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Pour suivre : pintade fermière au cidre et aux pommes (6 euros). En ce qui me concerne : gratin d’andouillette au vin de Vouvray (16 euros).

Et pour en terminer : assiette de fromages affinés et miel du pays (7 euros) et pannacotta à la vanille et coulis de mangue, meringue croquante (7 euros).

Un régal !

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L’accueil renseigné des jeunes et vieux du village, enthousiastes à la philosophie des lieux, est de bon augure. Il ne saurait en être autrement, Max concoctant toujours une cuisine aguichante et délicieuse. Et à des prix tous doux.

 

Olivier Mercier.

 

Compte-rendu de visite du 02 février 2019.

 

  1. Ouvert en 1828.
  2. Inauguré en 1692.
  3. Fonctionnel en 1723.
  4. Jullien A., « Topographie de tous les vignobles connus ».
  5. Cot et cahors ici évoqués sont un seul et même cépage.
  6. Proffit A. et Bureau G. , « La Vallée de la Loire et ses vins : Orléanais, Sologne, Touraine, Saumurois et Anjou».
  7. 33 cl. 5 %.

 

Coordonnées :

Comptoir de poche Archimède
S.A.R.L. Sinemax
8, rue Constant Ragot à 41110 Saint-Aignan-sur-Cher
Téléphone : +33 (0) 9.87.55.53.21 ou +33 6 18 47 84 19
Site : http://www.comptoirarchimede.fr/
Email : info@comptoirarchimede.fr
FaceBook : https://www.facebook.com/archimede.saintaignan.1

Heures d’ouverture :

Ouvert du mercredi au samedi soir ainsi que jeudi et vendredi midi.

 

 

 

 

 

Le Bistrot de la Place (Saumur).

Restaurant – Bistrot gourmand – Bar à vins.

Nous voici au cœur de la ville de Saumur. Je ne vais pas vous faire l’article : le château classé en 2000 « »Patrimoine mondial de l’humanité »,  le Cadre Noir ou encore les berges de la Loire.

 

L’établissement – où je me rends quasi à chaque de mes visites dans le Saumurois – borde la jolie place Saint-Pierre entièrement piétonne, ceinte de ses maisons à colombages et de son église.

Il vous propose soit sa terrasse (chauffée l’hiver), soit au rez son zinc ou ses banquettes et tables, ou encore son étage cosy aux poutres apparentes et murs de tuffeau.

Pour les plats : carte ou ardoise.

On annonce des produits issus du marché, des producteurs locaux, une cuisine respectueuse du terroir et des saisons.

 

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En entrée : œuf bio poché sur courges, champignons des bois (7,80 €) de bon aloi.

Ensuite : savoureuse poitrine de cochon confite à la sauge (12,90 €) et – à l’ardoise – tartare de poisson fumé au yuzu (16,00 €) accompagné d’une salade de blé (3,20 €).

 

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Le Bistrot de la Place est lauréat du Concours du Tour des Cartes 2018, figurant ainsi parmi les cent meilleures cartes des vins de France dans la catégorie brasseries, bistrots, restaurants bistronomiques.

Sont proposés des vins traditionnel, bio et naturel. Une très belle sélection de pas moins de 400 références dont quelques 45 au verre.

Beaucoup de vins ligériens bien entendu, complétés d’un beau tour de la France, dans une large gamme de prix, outre quelques propositions hors hexagone.

Toutes les références sont disponibles à la vente à emporter, et ce au prix caviste.

 

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C’est l’occasion de découvrir la Folie Lucé (Loïc Terquem) « L’Ecart » 2012 Saumur blanc (13°).  Ce 100 % chenin (ou pineau de Loire) sur argilo-calcaire, cultivé sans apports chimiques, vendangé manuellement, élevé en barriques se montre évolutif, gourmand, aux notes beurrées, végétales et miellées (39 €).

 

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Pour les desserts : belle déclinaison de chocolat Guanaja à 70 % (9,20 € à et un délicat Armoricain – moelleux et crème pralinée du Pays Nantais (8,40 €)

 

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On ne saurait quitter les lieux sans une eau-de-vie de poires williams (j’avoue : j’en suis un inconditionnel) de la distillerie artisanale Cazottes (9,00 €).

 

l y a indéniablement du savoir-faire. Sans oublier le service sans prise de tête.

Confirmation donc : une belle adresse.

 

Olivier Mercier.

 

Compte-rendu de visite du 01 février 2019.

 

Coordonnées :

Adresse : 16, place Saint-Pierre à 49400 Saumur

Téléphone : +33 (0) 2 41 51 13 27

Site : https://www.bistrotdelaplace-saumur.com/fr/

Courriel : contact@bistrotdelaplace-saumur.com

Page FaceBook : https://www.facebook.com/lebistrotdelaplace.saumur/

 

Horaires :

Du lundi au vendredi et le dimanche : de 10.00 à 15.00 et de 18.00 à 23.30

Le samedi : de 08.30 à 15.00 et de 18.00 à 23.30

 

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Vers un nouveau cahier des charges de l’A.O.P. fromagère Sainte-Maure de Touraine.

Me rendant de Chinon vers Loches, me voilà traversant Sainte-Maure de Touraine.

 

A en croire la tradition, c’est en 732 que commence l’histoire en ce qui nous concerne.

Depuis 711, les soldats sarrasins de l’émir Abd-El- Rhamân envahissent l’Europe occidentale. Ils se heurtent aux guerriers francs de Charles Martel au sud d’Arciacum (l’actuelle Sainte-Maure de Touraine) lors de la bataille dite de Poitiers. Les troupes maures battent en retraite. Mais l’intendance, composée de familles de civils convoyant moutons et chèvres destinés aux « repas de la victoire », tarde à les suivre. Certaines de ces familles resteront et transmettront aux populations locales leur savoir-faire en transformation fromagère.

Ce qui est certain, c’est que la production de fromage de chèvre est présente dans la zone depuis le Moyen-Age.

Au cours des siècles, le savoir-faire propre au plateau de Sainte-Maure de Touraine va progressivement se diffuser et plus particulièrement se développer au milieu du XX° siècle. On y reviendra.

Dans un important raccourci, bornons-nous ici à mentionner le décret de reconnaissance de l’Appellation d’Origine Contrôlée en 1990, le cahier des charges étant modifié en janvier 2019 et d’application à compter de la date d’approbation par la Commission européenne, ce qui ne devrait pas poser de problème.

Comme les modifications s’avèrent essentiellement techniques, allons au vif du sujet.

 

Comment se caractérise le « Sainte-Maure de Touraine » ?

  • élaboré exclusivement avec du lait entier de chèvres cru, issues des races Alpine, Saanen, Poitevine ou issues d’un croisement de ces races.                                             Le désaisonnement est autorisé (modification artificielle de la reproduction d’une femelle de mammifère en dehors de la saison sexuelle normale, par exemple en modifiant l’éclairage des bâtiments d’élevage, en l’occurrence pour améliorer l’adéquation de la production de lait et les besoins du marché).
  • issu de lait trait au maximum 48 heures avant la collecte.
  • un fromage à pâte molle blanche ou ivoire.
  • pâte obtenue par coagulation principalement lactique (caillé).
  • avec une faible adjonction de présure (emprésurage).
  • moulage réalisé manuellement à la louche en plusieurs opérations.
  • forme caractéristique d’une bûche tronconique allongée (les dimensions totales intérieures des moules tronconiques perforés sont strictement réglementées).
  • égouttage de manière spontanée, lentement, naturellement, sans pression exercée sur le caillé, pendant une durée minimale de 18 heures à partir du début du moulage.
  • après le démoulage, croûte cendrée sur toutes les faces (à suivre la tradition, avec de la poudre de charbon de bois), ce qui ne fût pas toujours le cas.
  • alors également salée sur toutes les faces.
  • paille de céréale gravée (on y reviendra) introduite au démoulage ou dans les moules, placée dans la pâte dans le sens de la longueur.
  • affinage et commercialisation : les fromages ne peuvent sortir qu’après dix jours minimum à compter de l’emprésurage et uniquement s’ils présentent sur toute la surface une croûte bien développée, fleurie de moisissures superficielles visibles à l’œil nu, dues à une flore (naturelle ou non) dite d’affinage ou de surface.                 Le rapport surface/volume qui en permet l’implantation amène le fromage à acquérir ses qualités gustatives et aromatiques.
  • contient au moins 45 grammes de matière grasse pour 100 grammes de fromage après complète dessiccation.
  • poids total de matière sèche ne devant pas être inférieur à 100 grammes par fromage.

 

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Toutes les étapes (production de lait, transformation fermière ou laitière, collecte, affinage ou tout autre intervention dans la filière) ont lieu obligatoirement dans l’aire géographique composée de :

  • tout le département de l’Indre-et-Loire,
  • et quelques communes limitrophes des départements de l’Indre, du Loir-et-Cher et de la Vienne.

Quant à l’alimentation du cheptel, les fourrages proviennent exclusivement de l’aire géographique.

Elle se situe dans le sud-ouest du bassin parisien, débordant quelque peu de l’ancienne province historique de la Touraine.

Le climat et les terres y sont propices à la production fourragère et céréalière nécessaires à l’alimentation animale.

La chèvre n’occupait qu’une position très marginale dans l’agriculture. Jusqu’en 1910-1920 voire le milieu du XX° siècle, il n’existait pas d’élevages au sens moderne. Seules une ou quelques chèvres étaient présente(s) dans les foyers ruraux des plus démunis : le Sainte-Maure trouve son origine sur les sols les plus pauvres de la Touraine, ceux à faible valeur agronomique. La chèvre était et est toujours « la vache du pauvre », animal rustique et peu exigeant.

Mais d’une production de dimension restreinte à l’origine, réservée à la consommation familiale, l’on s’est dirigé vers une vente sur les marchés locaux. Après le Seconde Guerre mondiale, la demande tend encore à croître pour approvisionner les grands centres de consommation, la demande urbaine de concert avec un développement des techniques d’élevage et des moyens prophylactiques et vétérinaires contribuant rapidement à une spécification des producteurs.

Dans les vallées humides du plateau de Sainte-Maure pousse l’osier. Tressée, cette fibre est très certainement à l’origine de la forme du moule.

Par ailleurs, le volume d’un moule correspond à la production quotidienne moyenne d’une chèvre, soit 2,5 litres de lait environ pour un fromage.

Quant à l’égouttage lent, il était adapté au rythme d’antan des travaux de la ferme.

 

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Elément de marquage, d’identification auprès des consommateurs, chaque Sainte-Maure de Touraine est obligatoirement (ce ne fut pas toujours le cas) traversé par une paille de céréale gravée au minimum au nom de l’appellation et d’un code d’identification du fabricant.

D’autre part – et surtout fonction première – la forme de bûche allongée et la texture parfois cassante de sa pâte en vieillissant rendant le fromage fragile et difficile à manier, l’introduction d’une paille de céréale en sa longueur avait initialement un intérêt pratique : permettre une manipulation plus aisée tout en rigidifiant.

L’utilisation de seigle – céréale des terres pauvres – renforce l’appartenance géographique.

Pour information, la paille de seigle est coupée manuellement à 16 centimètres très précisément. Ni plus, ni moins.

 

Enfin, les mentions « fabrication fermière » ou « fromage fermier » ou toute autre indication de cet ordre ne seront plus autorisées.

 

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Et pour qu’il n’y ait aucune équivoque, les fromages sont commercialisés munis d’un étiquetage individuel comportant le nom de l’appellation d’origine « Sainte-Maure de Touraine» et le symbole A.O.P. de l’Union européenne dans le même champ visuel.

 

Olivier Mercier.

 

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P.S.

J’ai eu le plaisir de découvrir à l’improviste à Sainte-Maure de Touraine, une auberge-restaurant comme la France en comporte beaucoup. De moins en moins rétorquent certains. Pour ce qui est du repas, excellent rapport qualité-prix dans un cadre soigné.

Hôtellerie du Cheval Blanc
55, avenue Général de Gaulle (D910)
37800 Sainte-Maure-de-Touraine
Téléphone : +33 (0) 2 47 65 40 27 ou +33 (0) 2 47 65 58 90
Courriel : contact@hotellerieduchevalblanc.fr

Voilà qui appelle une ballade digestive dans ce calme village typique de la Touraine, aux constructions de tuffeau. La visite vaut la peine, pour découvrir en flânant notamment les vestiges du château de la famille de Rohan construit dans son premier état par Foulques Nerra en 990, la maison d’Estouteville, datant du XVI° siècle, les halles construites en 1672 ou encore l’auberge de la Belle Image.

 

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Pour terminer ce tour d’horizon, je ne résiste pas à placer ce dicton d’autant plus hors contexte que l’église locale s’appelle Saint-Blaise (même s’il y a matière à discussion) : « S’il gèle à la Saint-Maur, la moitié de l’hiver est dehors ».