Domaine Guilhem et Jean-Hugues Goisot « Les Mazelots » Irancy 2014.

Dirigeons-nous vers le vignoble du Grand Auxerrois (Basse-Bourgogne).

Nous voilà sur la rive droite de la vallée de l’Yonne, à quinze kilomètres en amont de la ville d’Auxerre, au sud-ouest de Chablis, dans le département de l’Yonne.

 

Le poète français Eustache Deschamps (1340 – circa 1404-1405) décrivait par le détail dans « le Miroir de Mariage » un cellier garni de tous les vins alors renommés, mentionnant les vins d’Irancy.

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Mais ce vignoble va peu à peu perdre son rang pour, au XX° siècle, remonter la pente.

 

En 1930, un jugement du tribunal civil d’Auxerre reconnaît l’appellation d’origine Bourgogne Irancy.

Mais le vignoble demeurera encore longtemps dans l’anonymat du vignoble bourguignon.

En 1977, Irancy peut adjoindre son nom à l’appellation Bourgogne (01).

Le millésime 1998 voit accéder Irancy au rang d’appellation communale.

 

Capture vignoble Basse-Bourgogne

 

L’actuelle Appellation d’Origine Contrôlée Irancy est réservée aux vins tranquilles rouges produits dans trois communes : Cravant, Irancy et Vincelottes.

Le cépage pinot noir, autochtone bourguignon, domine, mais il côtoie le proche pinot gris (nommé localement « beurot ») et le cépage rouge césar (dit aussi « romain ») (02).

Les vins sont en effet issus des cépages suivants :
– principal : pinot noir,
– accessoires : césar, pinot gris.

La proportion des cépages accessoires, ensemble ou séparément, est inférieure ou égale à 10 % dans l’assemblage. Notez que les cépages accessoires sont également autorisés en mélange de plants dans les vignes, leur proportion totale étant limitée à 10 % au sein de chaque parcelle et les vins produits à partir de parcelles complantées en mélange de plants vinifiés par assemblage de raisins (03).

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser le nom d’une unité géographique plus petite, sous réserve qu’il s’agisse du nom d’un lieu-dit cadastré (ou « climat »).

Quelques chiffres ?

  • 2009 : superficie en production de 170 hectares pour une récolte moyenne annuelle de 8.000 hectolitres,
  • 2010 : superficie en production de 164 hectares pour récolte moyenne annuelle de 7.600 hectolitres.

 

Le très ancien cépage césar fait partie du patrimoine historique irancyçois qu’il singularise, mais on ne connaît pas toutefois sa véritable région d’origine. Il est issu d’un croisement naturel entre le pinot noir et l’argant du Jura. Confiné à l’Yonne, il y représente actuellement une dizaine d’hectares dont quatre ou cinq en Irancy.

Sa présence apporte notablement au vin une intensité de robe, un caractère plus massif, une structure tannique.

 

Le domaine familial Goisot est certifié depuis 2001 en agriculture biologique (Ecocert – Fr-BIO-01) et depuis 2005 en biodynamie (Demeter).

 

Il cultive au lieu-dit « Mazelots » 0,5 hectare planté intégralement en vignes centenaires de pinot noir.

Ce climat réputé, situé sur le flanc nord de l’appellation, bénéficie d’une exposition sud permettant une meilleure maturité des raisins.

 

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Le millésime 2014 (13°) a connu un élevage en fûts de chêne, élevage bien présent au nez au moment de l’ouverture, pour ensuite quelque peu s’estomper.

La robe – peu soutenue – est un peu évoluée et laisse présager un vin à maturité. Le palais distingué se prolonge d’une finale délicate.

Un flacon qui s’est parfaitement exprimé sur des tagliatelles au saumon fumé, sauce au bleu et morilles.

 

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Les Mazelots ?  Mazette !

 

Olivier Mercier.

 

N.B. : bouteille acquise chez le caviste Delaby.

 

Coordonnées :

Société Civile d’Exploitation Agricole Goisot Guilhem et Jean-Hugues.
Adresse : 30, rue Bienvenu Martin à 89530 Saint-Bris-le-Vineux.
Téléphone : 00 33 (0) 3 86 53 35 15
Fax : 00 33 (0) 3 86 53 62 03
Site : http://www.goisot.fr/
Courriel : domaine.jhg@goisot.com
Page FaceBook : https://www.facebook.com/guilhem.goisot

 

(01) Bourgogne Irancy ne concernait que les vins rouge et rosé produits dans la seule commune d’Irancy. En 1991 seront ajoutées les communes de Cravant et Vincelottes pour les seuls rouges.

(02) Il est en réalité bien d’autres synonymes : célar, gros monsieur, lombard, saint romain, picar(g)niot ou picargniol ou picar(g)neau ou picarniau, gros noir, ronçain, hureau.

(03) La complantation – pratique ancienne et que l’on ne retrouve guère plus – est la conduite en même temps de différents cépages mêlés dans une parcelle de vigne jusqu’à pouvoir les récolter et vinifier ensemble.

Galopinade : déambulation zytologique les 22, 23 et 24 mars 2019 (Tournai – Belgique).

Plus de quatorze bières de Flandre Occidentale vous seront proposées.

Huit établissements vous permettront de déguster des bières uniquement de Flandre Occidentale lors d’une promenade de 700 mètres dans le quartier de la cathédrale Notre-Dame (patrimoine mondial de l’Unesco), centre historique de Tournai.

Cité royale mérovingienne sous Childéric Ie (circa 436 – 481), Tournai sera sous Clovis (circa 466 – 511) la première capitale du royaume franc, et donc de la future France.

Mais, revenons à nos houblons.

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Cet événement brassicole se tiendra du 22 à partir de 17.30’ au 24 mars 2019 inclus.
La Galopinade sera accessible au départ de chacun des établissements détaillés ci dessous. Vous pourrez vous y procurer – même en prévente – un Pass (15 €) valable pendant les trois jours, le temps d’une dégustation intégrale composée de huits bières, ou passer commande à l’unité (2 €). Il vous sera servi – à une exception près – un galopin de 15 centilitres (à ne pas emporter lors de vos pérégrinations car chaque établissement vous servira dans un nouveau verre).

  • Bar au Vieux Tournay : deux brassins de brouwerij D’Oude Maalderij seront servis tout le week-end en l’occurrence ’Decem Dicipel projet Homo Beerectus’ (10°) et/ou ‘Charybdys’ (14°). La ‘Decem Dicipel projet Homo Beerectus’ est une brune proche d’une stout alors que ‘Charybdys’ est un barley wine vieilli 14 mois en barrique de cognac. A noter que la ‘Charybdys’ sera exceptionnellement servie en galopin de 7 centilitres vu son taux d’alcool. Toujours en provenance d’Oude Maalderij seront proposés au long du week-end d’autres brassins : la ‘Qantelaar‘ brune (8°), la ‘Redenaar’ blonde (8°) et la ‘Stoffoasje’ triple blonde (9°). Ve : 17-23. Sa : 12-23. Di : 12-22.
  • The Hopster : cet établissement spécialisé dans la dégustation de bières artisanales mettra en avant – au fût – la toute récente ‘Franc Belge’ (5,5°) de la brasserie De Ranke: une bière ambrée à la délicate et désaltérante amertume. Mais toutes les autres bières de la brasserie seront disponibles. Ve : 17-22. Sa : 14-22. Di : 14-22.
  • Le Dé Botté : coffee shop spécialisé dans les jeux d’adresse, les jeux en bois et de société, il proposera de la brouwerij ‘t Verzet la ‘Moose Blues’ (7,5°). Une bière brune aux notes de fruits secs, chocolat, malt fumé et caramel. Sans oublier le sirop d’érable qui entre dans sa composition. eV : 17-20. Sa : 14-02. Di : 14-20.
  • Decallonne Concept Store. Ce distributeur de livres et magazines sortira de son créneau et vous suggérera de la brouwerij de Halve Maan la ‘Straffe Hendrick Wild’ (9°) laquelle se caractérise par ses levures brettanomyces. En sus, vous pourrez bénéficier de 5 % de réduction sur les livres dédiés à la cuisine et aux alcools. Ve : 17-20. Sa : 15-20. Di : 14-18.
  • Vitrine Fraîche : un projet d’artiste (expo et spectacle vous seront proposés durant les trois jours) visant à redynamiser les vitrines commerciales orphelines du piétonnier ne pouvait qu’être présent en l’espèce via la brasserie Omer Vander Ghinste en mettant en exergue pas moins de trois brassins. ‘Roodbruin’ (5,5°). Classique : une bière rouge à base de cerises mûrie deux ans en foudres de chêne. ‘LeFort’ : brune foncée (9°). Ou encore la ‘Tripel LeFort’ à la robe blonde dorée (8,8°). Ve : 17-20. Sa : 15-20. Di : 15-19.
  • Le bar le Quai des Brumes lèvera le voile sur la brouwerij Alvinne avec une blonde ‘Sofie’ (8°) et une brune ‘Freddy’ (8°) qui, toutes deux, ont maturé en fût de Bordeaux rouge. Ve : 17-02. Sa : 11-02. Di : 17-02.
  • Le restaurant Tatie Danielle by Emma accueillera la brasserie De Leite avec sa récente ‘Fils à Papa 8’ second batch 2019/1 (8,2°), une blonde maturée en fût de vin jaune du Jura. Vous seront en outre proposés en parallèle deux plats mijotés à la bière brune de la brasserie locale Brunehaut, accompagnés de pommes de terre : joues de porc et carbonnades flamandes. Ve : 17-… Sa : 11-22. Di : 11-16.
  • Last but not least, le bar le Bouchon mettra à votre disposition la Rodenbach ‘Alexander’ (6°). Typique par son acidité : une bière de foudre (un mélange de bières qui mûrit jusqu’à deux ans dans des foudres de chêne), macérée au moyen de cerises acides. Ve : 17-22. Sa : 16-22. Di : 16-22.

Buvez curieux !

Olivier Mercier.

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Didier Michel et Olivier Jullien  cuvée « le Trescol » I.G.P. Aveyron rouge 2016.

Un vin immédiat.

Vigneron depuis 1985 à Jonquières, Olivier Jullien (Mas Jullien) est une figure bien connue du Languedoc et plus particulièrement de l’Appellation d’Origine Contrôlée Terrasses du Larzac.

Mais je vous emmène ailleurs :  sur la bordure sud-ouest du Massif Central.

 

L’Indication Géographique Protégée « Aveyron » – qui couvre tout le dit département – est réservée aux vins tranquilles rouges, rosés et blancs.

L’encépagement est très diversifié : l’ensemble des cépages classés en tant que variétés de vigne de raisins de cuve en conformité avec la réglementation européenne et française. Pas moins, pas plus !

Dans les faits, les principaux cépages sont :

  • pour les vins rouges et rosés : cabernet sauvignon, duras, le régional de l’étape qu’est le fer servadou (appelé localement mansois), merlot et syrah,
  • pour les vins blancs : chardonnay et chenin .

Quelle que soit la couleur, le rendement maximum de production à l’hectare est généreux : 120 hectolitres !

 

Une des spécificités du département de l’Aveyron ?  Se retrouver au carrefour de trois climats :

  • à l’ouest, influence océanique douce,
  • au sud, influence plus méditerranéenne ensoleillée,
  • au nord et à l’est, influence plus continentale.

Les variations de topographie, d’altitude et d’orientation – auxquelles répond la multitude de cépages autorisés – sont à l’origine d’une grande variété de climats locaux, dont certains favorables à la vigne.

Le vignoble se retrouve ainsi dispersé sur les terrasses des adrets escarpés – bien exposés favorisant ainsi le réchauffement printanier et bien abrités des froids hivernaux – des vallées du Lot, du Tarn, de l’Aveyron et des vallons de leurs affluents. Le raisin s’avère quasi la seule culture permettant de valoriser ces coteaux. Aussi, le vigneron veille à ce que les conditions d’altitude et d’ensoleillement soient favorables à une maturité optimale.

L’implantation des ceps se situe généralement à mi-coteau, l’altitude moyenne du vignoble étant environ de 350  mètres (de 250 à 550  mètres).

 

L’Aveyron et le vin : une vieille histoire. Des amphores vinaires ont été retrouvées à Rodez (Segodunum) et Marcillac (Condatomagus), cités rutènes, datant du I° siècle avant J.-C. et provenant d’Italie.

La vigne fut implantée en Aveyron au Moyen-Age par les communautés religieuses comme par exemple l’abbatiale Sainte-Foy de Conques (bâtie à partir de 732).

 

La surface recensée en vigne en 1816 s’élève à quelques 20.000 hectares sur l’ensemble du département, l’apogée se situant à la fin du XIX° siècle : soit 25.000 hectares vers 1870.

Les vins sont à l’époque décriés, qualifiés de « communs et, pour la plupart, de basse qualité (…) consommés par les habitants : ces vins (…) ont presque tous un goût de terroir désagréable pour les personnes qui n’y sont pas habituées (…) On tire du département de l’Hérault des vins de bonne qualité pour améliorer ceux du pays et leur donner le spiritueux dont ils manquent ».

La surface avoisine les 14.000 hectares à la veille de la guerre 1914-1918. Au tournant du XX° siècle, le vignoble aveyronnais connaît un long déclin (crises sanitaires, conflits armés, exode rural…) : le vignoble est réduit à 7.000 ha en 1960. En 1980-1987 : 2.364 hectares. Il est alors au bord de la disparition.

En 2009, une quinzaine de producteurs ont récolté sur une vingtaine d’hectares 600 hectolitres d’I.G.P. « Aveyron », répartis entre 80  % de vin rouge, 10  % de vin rosé et 10 % de vin blanc. Sur 2014-2015, 25 hectares en I.G.P. départementale ont produit 1.330 hectolitres répartis entres 19 caves particulières et 3 coopératives.

 

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Olivier Jullien et Didier Michel se sont associés pour la cuvée « Le Trescol » récoltée sur quatre hectares du côté de Millau (Saint- Georges de Luzencon plus précisément) au bord du Tarn. Les raisins sont travaillés dans une optique similaire à l’agriculture biologique.

 

Le millésime 2016 (13°) se décompose en 60 % gamay, outre du cabernet sauvignon, voire même de la syrah me dit-on.

 

Ne demandez pas à ce vin ce qu’il ne vous donnera pas. Voila un vin de soif, gourmand, friand, rond, fruité, charnu, souple…

Vous l’avez compris : à maturité parfaite, il ne gagnera rien à vieillir.

 

L’Aveyron : une région viticole méconnue, ignorée, qui mérite que l’on s’y attarde.

 

Olivier Mercier.

 

N.B.

 

Coordonnées :

Olivier Jullien et Didier Michel
S.A.R.L. le Pressoir Ambulant
3, chemin du mas Jullien
34.725 Jonquières

Vous êtes amateur de chiffres ?

Voici l’évolution de la surface en hectares, dont la lecture doit être relativisée en fonction de maints paramètres (mais c’est une autre et longue histoire…) :

Pour le département :

1788                       12.000
1808                        20.000
1816                        20.000
1824                         13.714
1829                         15.000
1835                         34.410
1840                        19.138
1852                         18.815-19.387
1862                        18.815
1868                        20.000
1870                        25.000
1870-1879                20.957
1880-1889                20.669
1890-1899                13.531
1890-1900                12.956
1900-1909                12.956
1910-1919                12.365
1920-1929                10.733
1930-1939                11.114
1940-1949                  9.917
1950-1959                  8.237
1960-1969                  6.379
1970-1979                  4.076
1980-1987                  2.364

Pour la seule I.G.P., reconnue en 1968 :

2009                                20
2014-2015                      25