Agrigente (Sicile)

Un plaisir de la table évident, généreux

Evoquer Agrigente (Agrigento) – où est né l’auteur Luigi Pirandello – c’est évoquer la célèbre vallée des Temples (valle dei Templi), colonie grecque construite au VI° siècle avant Jésus-Christ, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Il n’est cependant pas ici question d’un guide touristique quant à cette ville dont le centre historique ramassé sur lui-même est traversé par la via Atenea.

De là la force des jarrets vous amènera jusqu’à la cathédrale (cattedrale) fondée au XI° siècle par les Normands (01).

 

DSCN4663

 

Besoin de souffler ? Au bout de la via Duomo côté via delle Mura vous trouverez le bar-pâtisserie (pasticceria) Don Bosco et pourrez – si la période s’y prête – déguster une spécialité sicilien : un agneau pascal (pecorelle/agnello pasquale). Amande (mandorla) et sucre : roboratif certes mais vous redescendrez en vous perdant quelque peu par les ruelles tortueuses.

 

Capture agneau pascal

 

Pas bien loin de la gare, en retrait de la piazzetta Vadalà : Pititto.

 

DSCN4627

 

Nécessité faisant loi, je me suis exceptionnellement laissé convaincre par un rabatteur. Pas déçu au bout du compte.

Cadre clair. Service agréable, sans être trop maniéré. Une quarantaine de couverts en salle, outre la terrasse.

 

DSCN4610.JPG

 

Qui des spaghetti aux oursins (spaghetti al ricci/riccio di mare) (14 euros), qui un espadon  en croûte de couscous, pistaches et légumes cuits (pesce spada in crosta di couscous con pistacchio e verdure lesse) (15 euros).

 

DSCN4615.JPG

DSCN4614.JPG

 

La carte des vins ne sélectionne que des producteurs siciliens : des classiques surtout, tel Planeta ou Baglio del Cristo di Campobello. Cos – domaine que j’affectionne particulièrement – est représenté.

Autant partir à la découverte : va pour Firriato cuvée ‘Jasmin’ Zibbibo blanc sec (bianco secco) Indicazione Geografica TipicaTerre Siciliane 2017. Le zibibbo – un des cépages blancs phares de la Sicile – nous est plus connu sous le nom de muscat d’Alexandrie. J’ai plutôt l’habitude de le boire avec un sucre résiduel bien présent. Même ici vinifié en sec, il déroule sur la langue un peu de tendreté. Joliet.

Pour en terminer : le dessert sicilien qu’est le canollo (02).

 

DSCN4626.JPG

 

Tout cela étant de belle facture et à prix correct (03), on retourne donc.

Salade de poulpe et seiche (insalata di polpo e seppie) (12 euros).

 

DSCN4864.JPG

 

Timbale de pâtes de type cavatelli (04), sériole (05) à la mode d’Agrigente, artichaut (timballo di cavatelli con ricciola all’Agrigentina, carciofo) (14 euros).

 

DSCN4869.JPG

 

Filet du pêcheur (paranza di pesce) (14 euros).

 

DSCN4868.JPG

 

Pour le vin : Cusumano cuvée ‘Catarratto’ Denominazione di Origine Controllata Sicilia 2017(18 euros). Ce cépage blanc très répandu en Sicile fait montre d’un nez évolutif et d’une bouche évoquant le calcaire. Joliet également.

Dessert sicilien traditionnel encore et toujours, et de circonstance : la cassata (4,50 euros) (06).

 

20190419_173253

 

Confirmation donc.

 

Dirigeons nos pas vers la via Atenea : à droite, visible dans un coude de la via Porcello : àPutia Bottega Siciliana.

 

DSCN4684.JPG

 

Ambiance jeune au son des Black Eyed Peas.

Possibilité de petite restauration, mais on s’est contenté – doux euphémisme – d’une bouteille d’Arianna Occhipinti vigneronne incontournable de l’île pour son travail en agriculture biologique sans produits chimiques : cuvée ‘SP68’ bianco I.G.T. Terre Siciliane 2016. ‘SP68’ est le nom de la route qui longe la parcelle des vignes à l’origine de ce blanc composé à 40 % du peu connu (en ce qui me concerne) albanello et à 60 % de zibibbo. J’ai la chance de pouvoir régulièrement (re)découvrir les diverses cuvées d’Arianna Occhippinti et les ai toujours appréciées. De même ici : de très belle facture, le vin se livre en toute simplicité mais n’est pas exempt de nuances parfois originales tant au nez qu’au palais.

A été gracieusement mise à disposition notamment une plantureuse assiette de charcuterie, olives et fromage grignotée avec plaisir.

 

DSCN4687.JPG

 

En sortant tout droit d’àPutia, la via Vela et le restaurant (ristorante) Naif (07).

En apéritif, une bière sicilienne blonde Semedorato ‘Premium » (3 euros) des plus rafraîchissantes.

Friture de poisson (frittura di pesce) (14 euros).

Légumes grillés (verdure grigliate) (5 euros).

Poulpe à la Luciana (polpo alla Luciana), un plat simple originaire de Campanie (14 euros).

Tout cela est des plus corrects (06).

Sur la table également la coopérative locale Canicatti cuvée ‘Fileno’ D.O.C. Sicilia cépage grillo 2017 (16 euros), un des cépages blancs emblématiques de la Sicile.

J’ai déjà sur ce blog évoqué cette coopérative qui travaille essentiellement en viticulture traditionnelle. Mais perdu de vue avoir déjà goûté cette cuvée sur 2016. Mauvaise pioche pour accompagner les plats. Doucereux, il s’agit plutôt d’un vin d’apéro qui à ce titre fait le job.

 

Il est inconcevable de ne pas flâner le long de la viale della Vittoria, dont le belvédère offre une magnifique vue sur la vallée des Temples et la Méditerranée. Le bar tabac librairie (bar tabacchi edicola) del Viale vous accueille en toute simplicité, avec gentillesse. Et là aussi nombre d’en-cas vous seront proposé gracieusement. Les petits appétits en auront fait leur repas.

 

 

Bouclons doublement la boucle. A côté de Pititto évoqué ci dessus : enoteca ‘Nzolia sur la piazzetta San Calogero.

 

DSCN4854

 

Nous ne nous sommes pas restaurés dans cette établissement cosy proposant une large sélection de vins d’Italie et d’ailleurs.

Le dévolu se porte sur une flûte de pétillant (bollicine) blanc (4 euros) : Firriato cuvée ‘Charme’ bianco frizzante I.G.T. Terre Siciliane 2018. Cet assemblage de cépages autochtones avec prise de mousse en autoclave (08) s’avère plutôt perlant, quelque peu fruité sur le palais. Plaisant.

Et encore et toujours mise gracieusement à disposition une copieuse assiette de charcuterie et fromage.

 

DSCN4848.JPG

 

Telles sont les quelques adresses recueillies au hasard de mes pérégrinations. Mais il doit y en avoir bien d’autres.

Je retiens de ce séjour agrigentin un plaisir de la table évident, généreux. Et des gens souriants.

 

Olivier Mercier.

 

Compte-rendu de visite des 15 et 16 avril 2019.

 

  1. Les Normands régnèrent sur le sud de l’Italie et la Sicile durant les XI° et XII° siècles.
  2. le cannolo siciliano consiste en un rouleau de pâte frite remplie d’une farce sucrée et crémeuse – généralement – à base de ricotta, garni de fruits confits et saupoudré de sucre glace (mais il est des variantes).
  3. 42,50 euros avec les à côtés (apéritifs et bouteille d’eau pétillante), incluant deux euros par personne au titre de couvert (coperto).
  4. Petites pâtes aux bords roulés.
  5. Une variété de poisson pêchée notamment en Méditerranée.
  6. La cassata – gâteau de printemps traditionnellement servi à Pâques – se compose notamment d’un biscuit de type génoise garni de ricotta aux fruits confits. Rien à voir avec le dessert glacé.
  7. L’addition s’alourdit de frais de service (servizio) de 10 %.
  8. Dans la méthode de la cuve close (dite italienne ou Martinotti), la prise de mousse ne se réalise pas en bouteille mais dans une cuve sous pression ou autoclave. Le vin blanc déjà fermenté, additionné de sucre et levures, est placé dans des cuves fermées, étanches à la pression et thermo-régulées pour y connaître une seconde fermentation. Le Piémontais Federico Martinotti inventa cette méthode en Italie en 1895, identique à celle d’Eugène Charmat mise au point en 1907.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s