Mas Foulaquier cuvée « le Petit Duc » I.G.P. Saint-Guilhem-le-Désert rouge 2014.

Dans un paysage de collines méditerranéennes.

L’Indication Géographique Protégée Saint-Guilhem-le-Désert, située dans le nord du département de l’Hérault, au pied du plateau du Larzac et des montagnes cévenoles, est grosso modo délimitée par le lac du Salagou, le département du Gard et l’agglomération montpelliéraine.

Au cœur de la zone géographique de production, le village de Saint-Guilhem-le-Désert, dont l’abbaye romane de Gellone – étape du chemin de Saint-Jacques de Compostelle – est classée à ce titre au patrimoine mondial de l’Unesco, a donné son nom à l’I.G.P.

Ce territoire, couvert en majorité par la garrigue méditerranéenne (chênes verts et pins), accueille une agriculture diversifiée (céréales, oliviers) et le pastoralisme.

 

 

 

 

La vigne connaît un essor significatif à la fin du XIX° siècle, dû au progrès des échanges commerciaux.

Ainsi lisait-on en 1857 : « Les vins de l’Hérault forment deux grandes catégories : les vins de chaudière et les vins de commerce (…) Les vins de commerce comprennent à peu près les deux cinquièmes de la production viticole annuelle… Les cépages cultivés dans le but d’obtenir des vins de commerce sont principalement : (…) le Grenache… Pour les vins de chaudière, on cultive presque exclusivement (suivent deux autres cépages, lesquels) couvrent surtout les plaines d’où l’on tire la plus grande partie des vins de chaudière : (telle…) la plaine de l’Hérault, de Saint-Guilhem à la mer… » (02).

 

 

1974 voit la création des vins de pays des Gorges de l’Hérault pour six communes du département de l’Hérault.

En 1982 sont définies les conditions de production des vins blanc, rosé et rouge ne concernant plus que trois communes du département de l’Hérault.

2002 : le nom est modifié au profit de vin de pays de Saint-Guilhem-le-Désert.

 

 

L’I.G.P. Saint-Guilhem-le-Désert réservée aux vins tranquilles et vins de raisins surmûris rouges, rosés et blancs peut être complétée :

– par le nom d’un ou de plusieurs cépages, faculté réservée aux vins tranquilles.

– par les mentions ‘primeur’ ou ‘nouveau’, faculté à nouveau réservée aux vins tranquilles.

– par les unités géographiques plus petites ‘Cité d’Aniane’ et ‘Val de Montferrand’ : par souci de simplicité, nous n’entrerons pas ici dans le détail.

La zone géographique de production correspond désormais au territoire de 69 communes du département de l’Hérault outre deux communes du département du Gard.

Les vins sont produits à partir d’une large gamme de cépages (01).

Le rendement maximum à l’hectare est généreux : 90 hectolitres.

Actuellement, la production s’élève à quelques 10.000 hectolitres, vins rouges, rosés et blancs confondus.

 

 

Au nord de l’Appellation d’Origine Contrôlée Pic Saint-Loup, Foulaquier est un lieu-dit, où se dresse un mas très ancien.

L’actuel domaine est fondé en 1998 par Pierre Jéquier, architecte suisse, et trois associés. Blandine Chauchat, fonctionnaire parlementaire à Paris, arrive en 2003.

 

 

 

 

La cuvée ‘Petit Duc’ est composée à 100 % de grenache noir, cépage d’origine espagnole quasi certainement (appelé là-bas garnacha tinta) (03), introduit au Moyen-Age.

Le moine dominicain Jofroi de Waterford et  le Wallon Servais Copale traduisent en langage vernaculaire et adaptent aux alentours de 1300 le ‘Secretum Secretorum’, œuvre faussement attribuée à Aristote, très répandue dans toute l’Europe du XIII° au XVI° siècle. Le ‘Segré de Segrez’ comporte huit chapitres consacrés à l’étude du vin dont le LXIV ‘De la diversetez de vin solonc les terrages et la region ou les vingnes croissent’consacré au terroir d’origine. On y lit le plus ancien texte français mentionnant le cépage, comparé au ‘vin grek’ et au ‘vin de Cypre’.

 

 

 

Ce cépage méditerranéen, rhodanien jouit depuis longtemps d’une belle réputation : « Les grandes qualités qui font du Grenache un des cépages les plus remarquables de la région méridionale… Les vins qui proviennent du Grenache ont généralement un excellent goût, une spirituosité, un corps et, en même temps, une finesse très appréciée. Ils sont susceptibles de faire des vins fins de haute valeur et améliorent ceux des cépages avec lesquels ils sont mélangés (…) Le Grenache est un cépage précieux au point de vue de la qualité des vins qu’il produit ; il est l’honneur des vignobles dans lesquels il est cultivé » (04).

 

 

Une cuvée mono-cépage de grenache est plutôt rare car ce raisin est le plus souvent assemblé, apportant de l’alcool.

 

 

Dès le départ, les vignes ont été travaillées hors tout produit chimique, et les vins vinifiés sans produits œnologiques. En 2005, le mas Foulaquier obtient  la certification en agriculture biologique (Ecocert – FR-BIO-01).

Depuis 2006, on y travaille en agriculture biodynamique, certifiée depuis 2007 (Demeter) :

  • respect du rythme du calendrier des semis biodynamiques,
  • préparations de bouse de cornes, bouse de vache compostée, silice et décoctions de plantes et de fleurs.

 

 

Le sol de cette partie caillouteuse de la parcelle de Foulaquier dédiée est composé de profondes argiles rouges et d’éclats calcaires (anciens de 130 millions d’années), considéré comme parfaitement adapté au grenache.

 

 

Les pieds sont issus de sélections clonales plantés en 1990 et conduits en cordon de Royat.

 

 

Les travaux à la vigne sont manuels, tout comme les vendanges en caissette de 20 kilos.

Les vendanges sont traitées manuellement à l’arrivée en cave (sans pompage).

 

 

Suit l’encuvage par gravité (sans pompage), sans produits œnologiques.
Les vinifications s’effectuent sans apport de produits œnologiques (ni soufre, ni levure…). Seule une dose faible de sulfite est ajoutée à la mise en bouteille.

Les macérations douces et très longues, sans intervention, correspondant à une forme d’infusion.

Le décuvage est lui aussi entièrement manuel (sans pompage).

L’élevage de 18 mois en cuve bois (foudre) poursuit son cours suivant les principes de la biodynamie

Le vin est ensuite mis en bouteille par gravité avec une tireuse sous vide d’air.

 

 

Les vignerons renseignent rechercher plutôt la finesse et le fruit. C’est bel et bien le cas.

Le millésime 2014 (14°) se montre jubilatoire et immédiat. Superbe nez très expressif d’orange sanguine, de figue. Bouche un peu ‘compotée, aux fruits rouges très mûrs mais avec un peu d’acidité apportant de la structure. Robe légère.

A boire sans attendre. Et pourquoi pas avec un curry de bœuf ?

 

 

Olivier Mercier.

 

 

Coordonnées :

 

N.B. : le vin a été goûté et acheté chez Paul et Patricia Sirvent du ‘Gré du Vin’ à Lille, déjà évoqué par mes soins par ailleurs et en d’autres temps.

 

  1. Abouriou N, Alicante Henri Bouschet N, Aligoté B, Altesse B, Arinarnoa N, Aubun N, Auxerrois B, Baroque B, Bourboulenc B, Cabernet franc N, Cabernet Sauvignon N, Caladoc N, Carignan blanc, Carignan N, Carménère N, Chardonnay B, Chasan B, Chatus N, Chenanson N, Chenin B, Cinsault N, Clairette B, Clairette rose, Colombard B, Cot N, Counoise N, Duras N, Egiodola N, Fer N, Folle Blanche, Furmint B, Gamay N, Gamaret N, Gerwurztraminer Rs, Grenache blanc, Grenache Gris, Grenache N, Grolleau N, Gros Manseng B, Jacquère B, Jurançon Noir, Lledonner Pelut N, Macabeu B, Marsanne B, Marselan N, Mauzac B, Melon B, Merlot N, Meunier N, Mondeuse N, Morrastel N, Mourvèdre N, Muscat à petits grains blancs, Muscat à petits grains roses, Muscat d’Alexandrie B, Muscat de Hambourg N, Négrette N, Niellucio N, Petit Courbu B, Petit Manseng B, Petit Verdot N, Pineau d’Aunis N , Pinot blanc, Pinot gris, Pinot noir, Piquepoul blanc, Piquepoul gris, Piquepoul noir, Portan N, Poulsard N, Rosé du Var, Riesling B, Rivairenc N, Roussane B, Sauvignon B, Sauvignon gris, Savagnin blanc, Sciaccarello N, Sémillon B, Servant B, Sylvaner B, Syrah N, Tannat N, Tempranillo N, Terret blanc, Terret gris, Terret noir, Tibouren N, Trousseau N, Ugni blanc, Vermentino B, Viognier B
  2. Appelé cannonau en Italie.
  3. Rendu Victor, Ampélographie Française, Paris, librairie de Victor Masson, 1857, 2° éd., pp. 29 et 30.
  4. Marès Henri, Description des cépages principaux de la région méditerranéenne de la France, Paris, libraire-éditeur Georges Masson, 1890, pp. 55 à 57.

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