Bar à vins-restaurant AOC (Avignon).

Jolie découverte dans le coeur historique d’Avignon.

Depuis 2006, intra muros, pas bien loin de la place Pie, un peu en retrait d’une placette où se déploie la terrasse, l’établissement offre un large éventail de services :

  • bar,
  • caviste,
  • restaurant,
  • formule déjeuner,
  • plat du jour,
  • tapas, grignotage…

 

L’accueil est éminemment sympathique.

 

DSCN3614.JPG

 

Pour la partie solide, le choix est effectué à partir de l’ardoise. Cabillaud en croûte de parmesan, risotto crémeux et champignon en fricassée. Burger de bœuf,  pommes de terre frites, Saint-Nectaire, jambon cru, oignons confits, confiture de cerise noire. Rien à redire.

Pour la partie liquide, coup d’oeil sur les bouteilles exposées.Va pour un Côtes du Rhône Villages (01) Cairanne 2015 du domaine Wilfried (agriculture biologique FR-BIO-01 – cépages grenache, mourvèdre, syrah).

 

 

DSCN3612.JPG

 

Du pur plaisir immédiat ! Nez très soutenu. Charnu, tanins soyeux, élégants.

 

La carte des vins consultée ultérieurement s’affiche clairement orientée bio.

 

Pour terminer : un généreux baba au rhum.

 

DSCN3616.JPG

 

Nous serions bien revenus mais les horaires inhérents à la trêve des confiseurs en ont décidé autrement. Ce ne devrait être que partie remise.

 

Olivier Mercier.

 

Compte-rendu de visite du 22 décembre 2018.

 

Les prix :

Cabillaud : 16 euros
Burger : 15 euros
Cairanne : 34 euros
Baba : 6 euros

 

Coordonnées :

Adresse : 5, place Jérusalem (plaço Jerusalèn) à 84.000 Avignon
Téléphone : +33 4 90 25 21 04
Site : http://www.aoc-restaurant-avignon.com
Courriel : aocavignon@gmail.com
Page FaceBook :
https://www.facebook.com/aoc.avignon/
https://www.facebook.com/AOC-486040268184434/

Ouvert :

  • le mardi et le dimanche de 18h00 à 23h00,
  • du mercredi au samedi de 12h00 à 14h00 et de 18h00 à 23h00.

Fermé le lundi.

 

Capture AOC Avignon.JPG

 

(01) Cairanne a quitté le giron des Côtes du Rhône villages complétés par une dénomination géographique complémentaire pour devenir – après quelques péripéties judiciaires – une Appellation d’Origine Contrôlée ‘autonome’ en 2018.

 

Domaine la Bohème (Patrick Bouju) cuvée « Sein Pour Sein » vin de France blanc 2016.

Quand le tressallier fait tressaillir.

L’Appellation d’Origine Contrôlée « Saint-Pourçain » est réservée aux vins tranquilles secs blancs, rouges et rosés.

Le vignoble – implanté sur le territoire de 19 communes du département de l’Allier (01) – forme une bande orientée nord-sud d’une vingtaine de kilomètres de long sur environ quatre de large, sur le flanc ouest du val de l’Allier et de la Sioule, au centre du département de l’Allier, dans la Limagne bourbonnaise (Auvergne).

Les vins blancs proviennent de l’assemblage des cépages blancs que sont :

– cépage principal : chardonnay entre 50 % et 80 %,

– cépage complémentaire : sacy (02) – appelé dans l’Allier tressallier – entre 20 % et 40 %,

– cépage accessoire : sauvignon inférieure ou égal à 10 %.

D’après des analyses génétiques, le tressallier est issu d’un croisement entre le pinot blanc et le gouais blanc.

Tressallier Grapes

 

Mais il ne sera ici question que d’un ‘simple’ vin de France.

Abordons d’abord le domaine « la Bohème » implanté dans le département limitrophe du Puy-de-Dôme.

Dans les vignes, la culture se montre respectueuse de la nature :

  • enherbement,
  • traitements au moyen de produits à base de cuivre et de soufre ainsi que d’extraits fermentés de plantes ou des tisanes (ortie, prèle, consoude…),
  • pas de désherbant ni de produits chimiques de synthèse,
  • majorité des travaux effectuée manuellement.

Pour ce qui est des vins, l’optique demeure identique :

  • levures indigènes,
  • peu d’interventionnisme dans la vinification,
  • pas de sulfite lors de la vinification et à la mise en bouteille.

 

L’encépagement du « Sein pour Sein » 2016 (12,5%) se compose de tressallier et de chardonnay (avec semble-t-il en outre de l’aligoté).

Dès l’ouverture, le vin est déroutant.

Nez qui à l’ouverture évoque… l’oxo (oui oui) !
En bouche, c’est frais, gouleyant, floral.
La finale s’avère quelque peu citronnée.

C’est globalement surprenant mais diantrement bon !

 

Buvez curieux.

 

Olivier Mercier.

 

Bouteille (61 euros) dégustée aux Petits Bouchons, en bel accord sur des Saint-Jacques, purée de céleri et girolles.

 

N.B. :

Si vous voulez approfondir votre connaissance des vins de Saint-Pourçain, je vous conseille la lecture de l’ouvrage d’Antoine Paillet et Pierre Citerne, Patrimoine du vin – le Saint-Pourçain, éd. Loubatières, 2013, 93 pages, 17,50 euros.

 

Coordonnées :

Domaine la Bohème – Patrick Bouju
S.A.R.L. Patrick Bouju la Bohème
63800 Saint-Georges-sur-Allier
Site : http://www.domainelaboheme.fr/
Courriel : contact@domainelaboheme.fr

 

Bières Wapi (N°2). Les brasseries artisanales en Wallonie picarde.

Ce second livre permet de poursuivre la découverte des bières de Wallonie picarde (Belgique).

Ce second livre se circonscrit à nouveau à la Wallonie picarde enserrée entre Courtrai et Mons, Lille et Bruxelles (01).

 

Rappelons que le premier volume – évoqué ici – ne concernait que les seuls brasseurs produisant moins de 12.500 hectolitres en leurs propres installations (exit donc les bières à façon).

 

Le présent volume s’intéresse à quatre brasseries exportant dans le monde entier.

 

DSCN3562.JPG

 

L’essentiel des pages met en évidence dans le détail la vie, l’évolution et la production de celles-ci, deux bières plus particulièrement en ses données techniques avec avis de dégustateurs (la gamme complète étant succinctement détaillée pour quelques cinquante produits) et une recette y relative :

 

Le tout est étoffé du portrait des dégustateurs, d’un circuit brassicole ainsi que d’une brève évocation de la région, outre quelques trois cents photos.

 

DSCN3567

 

 

Pour en terminer, l’auteur de la préface a mille fois raison lorsqu’il écrit : « Quant au lecteur, on ne pourra que lui conseiller de joindre la lecture à l’agréable et de découvrir (…) toute la variété des bières made in Wallonie picarde… ».

 

Ayez large soif.

 

Olivier Mercier.

 

Bières Wapi (N°2). Les brasseries artisanales en Wallonie picarde.
Photographies de Bruno Bosilo. Textes de Jean-Louis Godet.
B2 Productions. 11/2018.
112 pages.
25 euros.

L’ouvrage peut être commandé en ligne.

 

Pour rappel. :

La page de garde de l’ouvrage mentionne que les bières belges relèvent du patrimoine mondial de l’Unesco.

Effectivement, le 30 novembre 2016, le Comité de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’humanité a consacré comme telle la culture de la bière en Belgique. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture a motivé sa décision par le fait que : « Cette culture joue un rôle dans (la) vie quotidienne et lors des événements festifs (de plusieurs communautés réparties dans l’ensemble)» du pays.

 

DSCN3565.JPG

 

(01) Partie de la Région wallonne (province du Hainaut).

 

La revue Vin.s – la passion des terroirs N° 01.

A potasser avec gourmandise.

Ce nouveau  semestriel annonce être orienté vers les vins dits « naturels », ce que sa lecture confirme amplement.

Il annonce également mettre en évidence l’Alsace (article relatif au domaine Weinbach de Catherine Faller et ses fils) et la Bourgogne (et plus particulièrement Volnay).  Mais aussi le  Beaujolais (Marie, Mathieu et Camille Lapierre), la Savoie (domaine Prieuré Saint-Christophe), le Jura (Pierre Overnoy et Emmanuel Houillon) ou encore le Rhône (domaine Gramenon – Michèle Aubéry-Laurent et Maxime-François Laurent ; maison Michel Chapoutier).

 

DSCN3555.JPG

 

Sont également évoqués les champagnes Boulard et fille ainsi que le château de Vaux (Moselle).

On y lira des portraits de cavistes notamment et leurs sélections de vingt vins.

Détour bien évidemment par la gastronomie avec des portraits de chefs (dont Anne-Sophie Pic), quelques recettes et l’accord vin. Mais aussi par  Lyon, sa bistronomie et ses cavistes  (je vous conseille le Vin des Vivants).

 

DSCN3557.JPG

 

Une revue richement illustrée, donnant un large aperçu du monde de la vigne et du vin, s’adressant aussi bien au néophyte qu’à l’amateur avisé.

Dommage qu’elle ne prospecte pas au-delà des frontières de l’Hexagone.

 

A potasser avec gourmandise.

 

Olivier Mercier.

 

Vin.s – la passion des terroirs N° 01.
Novembre 2018.
Hors-série le Dauphiné Libéré.
226 pages.
8,50 euros.
Prochain numéro : avril 2019.

Cave à manger le Présentoir (Lille).

« Caviste nature Comptoir vivant » : telle est l’accroche.

Ouvert depuis le 01 septembre 2017, l’on me dit régulièrement du bien de la cuisine traditionnelle du Présentoir et de sa sélection de vins « propres » (pas bar à vins, l’établissement est également caviste).

On ne peut pas le rater : menu écrit à la main sur une vitre et bouteilles en devanture attirent le regard.

Implanté dans une rue animée du centre-ville, je suis passé devant maintes fois sans jamais avoir l’occasion d’en franchir le seuil. Voilà désormais chose faite.

Pour vous installer, vous avez le choix : terrasse si le temps s’y prête, salle au rez et ses quatre tables, comptoir prolongé de la cuisine ouverte, salle à l’étage.

Commençons par nous rincer les papilles : « Wal » bière triple de la micro-brasserie du Vieux-Lille Célestin. Une bière artisanale brassée avec du houblon de la variété strisselpalt cultivée dans un village du Nord – et plus précisément Berthen – et de la variété saaz. Non filtrée, non pasteurisée. Aromatisée avec des graines de coriandre et du poivron long d’Afrique du Sud, elle ravira les amateurs du genre.

DSCN3534

La carte des mets est concise. Idem en ce qui concerne les boissons (et pour les vins dont la sélection est pointue, n’hésitez pas à regarder autour de vous ou à vous renseigner).

« Tous nos produits sont non traités. Ils proviennent de producteurs locaux soucieux de leurs enfants d’abord et de nous ensuite. » annonce-t-on.

DSCN3535

Va pour une douzaine d’huîtres naturelles de Benoît le Joubiou, ostréiculteur installé dans le village de Pénerf à l’embouchure de la rivière du même nom où l’on produit un des douze grands crus de Bretagne (01).

Ma convive se délecte et en profite largement.

DSCN3546
Raviolis de boeuf maison au bouillon.

Suivent pour qui un œuf sur le nid, crème et duxelle de champignon, pour qui des raviolis de boeuf maison au bouillon. Ici aussi, de bons produits frais, joliment travaillés, présentés sans esbroufe.

DSCN3543
Oeuf sur le nid, crème et duxelle de champignon,

Le tout est parfaitement accompagné par la simplicité rafraîchissante d’un Bourgogne aligoté 2015 de Fanny Sabre.

Je lorgne en direction du comptoir sur le Comté 12 mois. Fruité au palais, il a été classiquement mais bellement accordé avec les flaveurs de sous-bois humide, de mousse d’un chardonnay du Jura « Autrement » de Jérôme Arnoux.

Au moment de mettre la grand-voile, un flacon attire mon attention parmi d’autres bouteilles en exposition : « Ah ! Ramon » des frères Tortul (la Sorga) 2015. Bien !  On va se rasseoir car j’avoue un faible pour ce cépage, cette cuvée, ces négociants-éleveurs !  Un vin avec une coquetterie dans l’œil, comme je les aime.

Petit plus : le cadre et le service sont décontractés. A la bonne franquette. Rien de guindé.

Bref : une belle adresse dans un Lille culinaire qui s’étoffe en qualité depuis quelques années.

Promis : je tarderai moins à franchir à nouveau le seuil de ce qui tient plus de la cave à manger gourmande – oscillant entre tapas et assiettes – que du restaurant, et ce d’autant plus que la carte est très régulièrement renouvelée qu’il s’agisse des plats ou des vins.

 

Olivier Mercier.

 

Compte-rendu de visite du 01 décembre 2018.

 

(01) L’huître de Pénerf constitue l’un des douze crus de la Bretagne avec l’ « Aven Belon », la « Ria d’Etel », la « Quiberon », la « Golfe du Morbihan » et la « Croisicaise ». Pour le reste de la Bretagne, il en est six autres : la « Cancale », la « Paimpol », la « Rivière de Tréguier », la « Morlaix-Penzé », la « Nacre des Abers » et la « Rade de Brest ».

Les huîtres de Pénerf sont disponibles au Présentoir jusqu’à la fin de la saison, c’est à dire mars/avril.

 

Coordonnées :

24, rue Pierre Mauroy à 59800 Lille.
Téléphone : +33 (0) 6 44 64 43 29
Courriel : lepresentoirlille@gmail.com
Site : http://www.lepresentoirlille.fr
Possibilité de réservation via le site ou par sms via le +33 (0) 6 44 64 43 29

 

Fermeture :

  • lundi soir
  • mardi soir

Ouverture :

  • lundi et mardi de 00’ à 14.30’
  • mardi, mercredi et jeudi de 00’ à 14.30’ et de 19.00’ à 22.30’
  • vendredi de 00’ à 14.30’ et de 19.00’ à 23.00’
  • dimanche de 00’ à 15.00’ (brunch)

19875529_675218686006047_8808166824770050872_n

Tynt Meadow English Trappist Ale : la première trappiste anglaise.

Tynt Meadow fait montre d’un indéniable savoir-faire.

J’ai déjà longuement dans un article évoqué les bières trappistes en d’autres temps et en d’autres lieux : j’’y renvoie.

En résumé, l’Association Internationale Trappiste (A.I.T.) créée en 1998 protéger la marque Trappiste. Notamment, cette association octroie pour une durée de cinq ans le label Authentic Trappist Product (A.T.P.) lequel garantit l’origine monastique et le respect du cahier des charges du produit (lequel ne se résume pas à la seule bière).

authentic.gif

Les moines trappistes relèvent de l’Ordre Cistercien de la Stricte Observance et de la règle de Saint-Benoît dont le précepte « Ora et labora ». Leur idéal met donc en exergue la prière et le travail. Aussi élaborent-ils et commercialisent-ils divers produits.

Mount Saint Bernard Abbey est fondée en 1835 dans la campagne du centre de l’Angleterre, dans le comté de Leicester (région des Midlands).

Comme indiqué ci-dessus, les moines doivent subvenir à leurs besoins par le labeur. En l’espèce, leur principale activité économique consistait dans la culture des terres et le travail journalier à la ferme. Début du XXI° siècle, force leur est de constater une rentabilité s’amenuisant. 2013, ils atteignent le point de non-retour : la ferme (laitière) est fermée.

Il leur faut donc une nouvelle source de revenus.

Après réflexion, les moines décident de faire revivre la tradition brassicole de la communauté existant fin du XIX° siècle, quand bien même la recette en était perdue.

Ils commencent par une phase de tests de type micro-brasserie et bénéficient de l’expérience brassicole des moines de Norcia, Saint-Wandrille et Zundert ainsi que de maintes autres brasseurs trappistes, sans oublier d’autres sites hors ordre religieux en Europe et au Royaume-Unis.

Aménagements des locaux et acquisition du matériel interviennent en 2017-2018.

Depuis 2018, la brasserie est désormais le principal domaine d’activité économique, le premier brassin intervenant le 17 mars 2018.

Tout le travail, du brassage à la mise en bouteille et au conditionnement, est effectué par les moines.

Tynt Meadow (d’après le nom de l’endroit où elle est brassée, meadow se traduisant par prairie) est brassé avec de l’orge et du houblon anglais, à l’aide d’une souche de levure anglaise. Il est fermenté deux fois (la première ayant lieu dans la cuve et la seconde en bouteille). La production s’élève à 20 hectolitres par brassin.

Tynt Meadow est reconnue par l’A.I.T. comme A.T.P.  le 19 septembre 2018 (01).

Bottle-and-glass-640x640

Robe noire.
Effectivement de la figue au nez.
Cacao. Café. Torréfaction. Grillé.
Long, sur la délicatesse.
Harmonieux. Equilibré.

Pas vraiment original, Tynt Meadow fait montre d’un indéniable savoir-faire.

Olivier Mercier.

Caractéristiques :

33 cl.
7,4°

Bière dégustée au Vieux Tournay.

Coordonnées :

Mount Saint Bernard Abbey
Adresse :
Charnwood Forest
Oaks Road
Coalville
Leicestershire
LE67 5UL
Téléphone : (+44) 01530 832298 ou 832022
Site : http://www.mountsaintbernard.org/
Courriel : monks@mountsaintbernard.org ou  brewery@mountsaintbernard.org

(01) Ainsi que concomitamment deux autres bières : Zundert 10 (Abdij Maria Toevlucht) et Scala Coeli (Monastero Tre Fontane).

En résumé :

On pointe actuellement quatorze brasseries trappistes au monde. Mais il convient de distinguer entre :

* les abbayes trappistes dont les bières peuvent utiliser le label A.I.T. :

  • der Trappistenabdij de Achelse Kluis
    Achel (Belgique)
  • Abdij Onze-Lieve-Vrouw van de Koningshoeven
    La Trappe (Hollande)
  • Abbaye d’Orval
    Orval (Belgique)
  • Sint-Sixtusabdij
    Westvleteren (Belgique)
  • Abbaye Notre-Dame de Scourmont
    Chimay (Belgique) –
  • Abdij der Trappisten van Westmalle
    Westmalle (Belgique)
  • Abbaye Notre-Dame de Saint-Rémy
    Rochefort (Belgique)
  • Saint Joseph’s Abbey
    Spencer (U.S.A.)
  • Stift Engelszell
    Gregorius, Nivard, Benno (Autriche)
  • Abdij Maria Toevlucht
    Zundert (Hollande)
  • Mount Saint Bernard Abbey
    Tynt Meadow (Angleterre)
  • Monastero dei SS. Vincenzo e Anastasio alle Tre Fontane
    Triple, Scala Coeli (Italie)

* d’avec deux abbayes qui produisent de la bière trappiste sans pouvoir utiliser le label A.I.T. car non-brassées sur place :

  • Abbaye Sainte-Marie du Mont des Cats
    Mont des Cats (France)
  • Monasterio de San Pedro de Cardeña
    Cardeña (Espagne)

Capture Tynt Meadow

Lambic, faro, gueuze, kriek et… droit.

Système de qualité. Identification. Protection.

Bon… Autant vous prévenir : cet article ne sera pas très « caliente » !

 

Quel point commun entre la pizza napoletana évoquée ici et une gueuze à l’ancienne de la brasserie Boon évoquée là ? Toutes deux sont des S.T.G. Des spécialités traditionnelles garanties.

 

logo_stg_reference

 

Bénéficient depuis 1997 de cette protection :

  • Faro,
  • Vieille Gueuze/Oude Geuze,
  • Vieille Gueuze-Lambic/Oude Geuze-Lambiek,
  • Vieux Lambic/Oude Lambiek,
  • Vieille Kriek/Oude Kriek,
  • Vieille Kriek-Lambic/Oude Kriekenlambiek,
  • Vieille Framboise-Lambic/Oude Frambozenlambiek,
  • Vieux Fruit-Lambic/Oude Fruit-Lambiek.

Et depuis 1998 :

  • Lambic/Lambiek,
  • Gueuze-Lambic/Geuze-Lambiek,
  • Gueuze/Geuze,
  • Kriek/Kriek,
  • Kriek-Lambic/Kriekenlambiek,
  • Framboise-Lambic/Frambozenlambiek,
  • Fruit-Lambic/Vruchtenlambiek.

 

En 1992, la Communauté Economique Européenne crée l’attestation communautaire de spécificité communément alors appelée spécialité traditionnelle garantie, cette dernière dénomination étant officielle à partir de 2006.

Le système instauré rencontre peu de succès. Aussi est-il modifié en 2012.

Pour l’exposer, je vais tâcher de faire simple.

 

 

DSCN3524

 

Nombre de paramètres sous-tendent la volonté du législateur européen :

  • la qualité et la diversité de la production agricole de l’Union Européenne s’avèrent de grands atouts conférant un avantage concurrentiel aux producteurs,
  • haute qualité et diversité apportent une contribution majeure au patrimoine culturel et gastronomique vivant de l’Union,
  • les consommateurs de l’Union exigent de plus en plus des produits de qualité et traditionnels. Ils souhaitent également préserver la diversité de la production agricole, ce qui amène une demande de produits agricoles et de denrées alimentaires aux caractéristiques spécifiques identifiables,
  • dans une optique de développement, il est profitable à l’économie rurale de mettre en place un système de qualité en faveur des producteurs consentant des efforts pour produire une gamme variée de produits de qualité, lesquels sont équitablement récompensés de leurs efforts ainsi promotionné. D’où la nécessité d’identifier les caractéristiques des produits et les propriétés de production, et d’informer correctement acheteurs et consommateurs au sujet de leurs caractéristiques spécifiques,
  • protéger ces producteurs dans un contexte de concurrence loyale, quant aux caractéristiques et propriétés conférant à leurs produits une valeur ajoutée reposant sur la confiance du consommateur,
  • la valeur ajoutée réside dans les caractéristiques ou les propriétés, en raison des méthodes de production ou de transformation utilisées lors de la production ou en raison du lieu de production ou de commercialisation,
  • afin de protéger les dénominations enregistrées comme S.T.G. contre toute usurpation, imitation ou autre pratique susceptible d’induire le consommateur en erreur, leur utilisation est réservée.

 

Plus précisément, il s’agit de sauvegarder

  • les méthodes de production et
  • recettes traditionnelles

en aidant les producteurs

  • à commercialiser leur production et
  • à communiquer aux consommateurs les propriétés conférant une valeur ajoutée.

La dénomination dont la protection est sollicitée décrit

  • un produit ou
  • une denrée alimentaire

spécifique 

  • qui résulte d’un mode de production, d’une transformation ou d’une composition correspondant à une pratique traditionnelle ou
  • qui est produit à partir de matières premières ou d’ingrédients qui sont ceux traditionnellement utilisés.

Cette dénomination soit

  • a été traditionnellement utilisée ou
  • identifie le caractère traditionnel du produit ou de ses spécificités.

En bref, deux maîtres-mots suffisent :

  • spécificité et
  • aspect traditionnel.

En d’autres termes, pour être reconnu comme S.T.G., il n’est pas nécessaire que l’élaboration du produit ou de la denrée alimentaire soit rattachée à une zone géographique (01).

 

DSCN3522

 

Deux termes doivent être définis :

  • traditionnel: dont l’utilisation sur le marché intérieur pendant une période permettant une transmission entre générations a été prouvée. A été retenue une période de temps significative fixée à au moins 30 ans,
  • spécificité: concerne les propriétés de production caractéristiques qui permettent de distinguer clairement un produit d’autres produits similaires de la même catégorie.

 

A la demande de reconnaissance comme S.T.G. est joint un cahier des charges du produit comprenant :

  • la dénomination proposée à l’enregistrement,
  • la description du produit comprenant ses principales caractéristiques physiques, chimiques, microbiologiques ou organoleptiques démontrant ses spécificités,
  • la description de la méthode de production à suivre comprenant le cas échéant la nature et les caractéristiques des matières premières ou des ingrédients utilisés, et de la méthode d’élaboration du produit,
  • les éléments essentiels prouvant le caractère traditionnel du produit.

L’enregistrement de la S.T.G. obtenu et publié (02), tout opérateur respectant le cahier des charges peut en bénéficier et être protégé, et ce quelle que soit sa localisation (donc, même hors Union Européenne).

 

DSCN3519

 

Qu’en est-il plus particulièrement – et brièvement – des cahiers des charges quant aux bières détaillées ci-dessus ?

  • Pour ce qui est de la méthode de production ou d’élaboration spécifique, elle concerne une bière acide dont la fermentation spontanée intervient dans le processus de fabrication. Une bière de fermentation spontanée est obtenue par la fermentation du moût cuit après inoculation naturelle à partir de l’air ambiant durant le refroidissement.
  • Le caractère traditionnel est succinctement évoqué : gueuze, lambic, gueuze-lambic, faro et bières aux fruits à base de lambic remontent au minimum au début du XIX° siècle, voire XVIII° pour le Faro.
  • La description du produit évoque une bière acide dont le profil aromatique est caractéristique d’une maturation où le genre brettanomyces bruxellensis et/ou lambicus intervient comme composante microbienne déterminante. En plus, le Faro est édulcoré au sucre candi.

Quelques types de bière y ont une définition juridique plus précise :

  • Le Faro résulte d’un coupage de bière de mars (03) et de lambics dont la composante la plus âgée a subi une maturation de trois ans minimum en tonneaux de bois.
  • La Vieille Kriek ou Vieille Kriek-Lambic résulte d’un coupage de lambics dont l’âge moyen pondéré est supérieur ou égal à un an, dont la composante la plus âgée présente au moins un an de maturation en tonneaux de bois. En outre, ce coupage a subi une refermentation et est conditionné sur lie. Six mois de maturation en bouteille sont nécessaires.
  • La Vieille Kriek est obtenue par adjonction de cerises, jus de cerises ou jus de cerises concentrés lesquels doivent représenter au minimum 10 % et au maximum 25 % en poids du produit fini. Idem pour les autres bières fruitées à l’exception de la pêche ou le pourcentage maximal peut s’élever à 30 %.
  • La Kriek résulte d’un coupage de lambics dont l’âge moyen pondéré est supérieur ou égal à un an, dont la composante la plus âgée présente au moins trois ans de maturation en tonneaux de bois. La Kriek est obtenue par adjonction de cerises, jus de cerises, ou jus de cerises concentrés lesquels doivent représenter au minimum 10 % et au maximum 25 % en poids du produit fini. Idem pour les autres bières fruitées à l’exception de la pèche ou le pourcentage maximal peut s’élever à 30 %.
  • La Vieille Gueuze ou Vieille Gueuze-Lambic résulte d’un coupage de lambics dont l’âge moyen pondéré est supérieur ou égal à un an, dont la composante la plus âgée présente au moins trois ans de maturation en tonneaux de bois. En outre, ce coupage a subi une refermentation et est conditionné sur lie. Six mois de maturation en bouteille sont nécessaires.
  • La Gueuze ou Gueuze-Lambic résulte d’un coupage de lambics dont la composante la plus âgée a subi une maturation de trois ans au minimum en tonneaux de bois.

Confirmons qu’aucune référence à la vallée de la Senne ou au Pajottenland n’est mentionnée.

 

Ces définitions – certes ici condensées – laisseront les amateurs de bière sur leur faim. Ou sur leur soif.

 

Aride était la lecture de cet article. En décapsuler une est donc l’occasion !

 

Olivier Mercier.

 

(01) Alors qu’Appellations d’Origine Contrôlée et Indications Géographiques Protégées concernent des produits nécessairement liés à une zone géographique.

(02) Publication des dénominations et des cahiers des charges respectifs au Journal Officiel de la. Communauté Européenne d’une part et au registre des spécialités traditionnelles garanties reconnues (ouvert au public) dit Door d’autre part.

(03) Bière proche d’un lambic. Dite « petite bière », elle est obtenue à partir des troisième et quatrième passages de l’eau sur le moût en cuve.

 

Source législative : règlement (UE) n ° 1151/2012 du Parlement européen et du Conseil du 21 novembre 2012 relatif aux systèmes de qualité applicables aux produits agricoles et aux denrées alimentaires, J.O.C.E., L 343/1, 14.décembre 2012, pp. 01 à 29 (2016/C 174/10).