L’enclos des Braves Gaillac blanc sec cuvée « Les Gourmands » 2016.

Un sauvignon – len de l’el sans détour.

Dirigeons-nous vers le nord-ouest du département du Tarn. La commune de Gaillac (située à l’ouest d’Albi et à cinquante kilomètres au nord-est de Toulouse) a donné son nom à l’Appellation d’Origine Contrôlée. C’est dans le sud-ouest de cette dernière qu’est implanté l’Enclos des Braves.

 

Le vignoble gaillacois s’avère un des plus anciens de France, antérieur à l’ère chrétienne (entre le II° et le I° siècle).

Allons au plus court : le 21 décembre 1922, un jugement du Tribunal de Gaillac reconnaît le droit à l’appellation d’origine « Vin de Gaillac » aux vins blancs élaborés sur l’ensemble des communes de l’arrondissement.

Un décret du 21 mars 1938 délimite l’aire de production des vins d’appellation « Gaillac » notamment : il y va de différents vins blancs dont les secs.

Actuellement, certains considèrent la situation comme compliquée là où d’autres évoquent une situation riche de possibilités. Atout ou handicap ?  Laissons la question de côté et faisons simple en n’évoquant pas l’Appellation d’Origine Contrôlée « Gaillac premières côtes » (01) pour se cantonner à l’A.O.C. « Gaillac » laquelle peut être complétée par diverses mentions et se décline en :

  • vins tranquilles blancs,
  • vins tranquilles blancs avec la mention « primeur »,
  • vins tranquilles blancs avec la mention « doux »,
  • vins tranquilles blancs avec la mention « vendanges tardives »,
  • vins tranquilles rouges,
  • vins tranquilles rouges avec la mention « primeur »,
  • vins tranquilles rosés,
  • vins mousseux blancs,
  • vins mousseux de type aromatique avec la mention « méthode ancestrale »,
  • « méthode ancestrale » avec la mention « doux ».

 

Qui plus est, limitons-nous ici aux seuls vins blancs tranquilles.

Leur encépagement se détaille comme suit :

  • cépages principaux : len de l’el, mauzac, mauzac rose, muscadelle,
  • cépages accessoires : ondenc, sauvignon.

Ils proviennent obligatoirement d’au moins un cépage principal. Dans les assemblages, la proportion d’un ou des cépages principaux est supérieure ou égale à 50 %.

Les vins blancs tranquilles sont dits « secs » (sans que la précision ne doive être portée sur l’étiquette) car leur teneur en sucres est inférieure ou égale à 4 grammes par litre (02).

 

En 2005, après dix ans d’activité en tant qu’œnologue, notamment dans le Bordelais, Nicolas Lebrun franchit le cap, s’installant sur la rive droite du Tarn, là où des coteaux exposés plein sud, aux sols calcaires riches en argile, accueillent la vigne.

Parmi les cépages deux blancs plantés en 1992 sur la partie basse :

  • loin de l’œil,
  • sauvignon.

 

Dès 2007 se manifeste la volonté d’abandonner les désherbants et les produits phytosanitaires de synthèse. Le vignoble est conduit en agriculture biologique (Bureau Veritas FR-BIO-10) depuis 2009 et biodynamique (Demeter) depuis 2012.

Au chai, le raisin est vinifié et le vin élevé sans produits œnologiques :

  • fermentation par les levures indigènes,
  • très peu de sulfites,
  • pas de stabilisants.

 

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Len de l’el

Le len de l’el (ou len de l’elh, ou loin de l’œil) (03) – un des plus anciens cépages du Gaillacois sans que l’on puisse être précis – est également obscur quant à ses origines car on ne lui connaît aucune parenté directe.

On ne le rencontre dans aucune autre région viticole française et est quasiment inconnu à l’étranger.

 

« Les Gourmands » sec 2016 (13°) intègre sauvignon et loin de l’œil à parts égales.

 

Première interpellation : l’olfaction. Ananas et fruits blancs, exotiques.

La surprise vient des sensations gustatives : doucereuses, tendres, délicatement sucrées, avec une fausse impression de sucre résiduel au premier abord. On perçoit d’abord le l’en de l’el. Suit le sauvignon (04).

On l’appréciera pleinement dés à présent (par exemple sur un filet de poulet au lait de coco, curcuma et tandoori).

 

La Rochefoucauld écrivait dans ses « Maximes » : « La sincérité est une ouverture de cœur ».

Ce que j’apprécie dans ce vin ?  Sa sincérité sans détour.

 

Olivier Mercier.

 

Coordonnées :

L’Enclos des Braves (Chantal et Nicolas Lebrun)
Adresse : R.D. 18, route de Saurs
Vertus
81800 Rabastens
Téléphone : +33 (0) 6 08 30 27 81
Site : http://www.lenclosdesbraves.com/
Courriel : contact@lenclosdesbraves.com
Page FaceBook : https://www.facebook.com/nicolas.lebrun.395

 

N.B. : le vin a été goûté et acheté chez Paul et Patricia Sirvent du ‘Gré du Vin’ à Lille, déjà évoqué par mes soins par ailleurs et en d’autres temps.

 

  1. Mêmes cépages que les Gaillac blancs secs mais une aire de production réduite à onze communes.
  2. A tire comparatif, les vins blancs tranquilles susceptibles de bénéficier de la mention « doux » ont un taux de sucre supérieur ou égal à 45 grammes par litre.
  3. Ce cépage aux nombreuses graphies en dialectes du Sud-Ouest est également dénommé cavalié, cavalier, cavaillès. Son nom vient de ce que la grappe, munie d’un long pédoncule, est éloignée du bourgeon qui lui a donné naissance.
  4. A noter qu’il constitue le cépage majoritaire pour produire des vendanges tardives, ceci pouvant expliquer cela.

 

Le Clos des Mourres (Vaucluse).

Des vins qui ont de la patte, sans chercher l’épate.

Le nom du domaine provient de la plante sauvage (de son nom scientifique : Hypochaeris Radicata ; à ne pas confondre avec le pissenlit) qui a la particularité de se recroqueviller dès qu’on la coupe à sa base, et que l’on mange en salade. D’ailleurs, ses feuilles dentelées illustrent l’ensemble des cuvées.

 

Mais on peut appréhender ce terme différemment.

En 1751, Louis de Jaucourt écrivait dans l’Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers : « Mourre (…) (Jeux anciens.) (…) On joue à ce jeu en montrant une certaine quantité de doigts à son adversaire, qui ait la même chose de son côté. On accuse tous deux un nombre en même tems, & l’on gagne quand on devine le nombre de doigts qui sont présentés. Ainsi on n’a besoin que de ses yeux pour savoir jouer à ce jeu (…) Ciceron (disait) ; il est si homme de bien, que vous pouvez jouer à la mourre avec lui dans les ténebres, sans craindre qu’il vous trompe ; expression qui passa en proverbe pour peindre quelqu’un de la plus exacte probité ».

 

Probité : voilà qui caractérise bien les vins d’Ingrid et Jean-Philippe Bouchet.

 

Tout commence par Jean-Philippe et sa présence auprès de son grand-père, dans les terres, la vigne et sur le tracteur.

Suivent plusieurs expériences professionnelles qui l’ont rapproché petit à petit du milieu de la vigne et du vin, telle la vente de matériel viticole.

La décision de franchir le pas est prise en 2007.

Le temps d’une formation et le rêve se concrétise début 2009 par l’achat de douze parcelles presque attenantes, orientées sur le versant nord-ouest du col du Débat sur les communes de Cairanne (4 hectares) et Saint-Roman-de-Malegarde (1 hectare).  Les parcelles sont situées entre 200 et 280 mètres d’altitude, sur des sols majoritairement argilo-calcaires. Jusqu’en 2011 ne sont produites que deux cuvées, respectivement en Côtes du Rhône Village et Cairanne.

En 2012, Ingrid intègre 10 hectares de vignes familiales autour ou à proximité de la ferme-cave à Vaison-la-Romaine. Ce sont des terres sableuses, légèrement argileuses, limoneuses.

Le 01 juin 2012 le G.A.E.C. clos des Mourres est officiellement constitué.

Viendra s’ajouter un hectare à Vacqueyras.

 

Ils travaillent d’abord en agriculture biologique (FR-BIO-01), puis en biodynamie. Ils sont revenus de cette dernière pratique, sans la renier intégralement : certains préceptes sont encore utilisés.

Ils se définissent comme « (…) artisans vignerons, parce que le terme artisan implique que l’on travaille manuellement, mais surtout paysan, parce que nous avons fait le choix de travailler la Terre pour garder le contact avec elle, et de manière naturelle »

Dans cette optique, vous lirez bien souvent sur leurs étiquettes : « La vigne et le vin sont travaillés dans le respect des sols, de la nature et de ses rythmes. Vendanges manuelles. Levures indigènes. Pas d’intrants ».

 

Après avoir approché exploitants et cuvées à diverses reprises, occasion nous a été donnée de nous rendre au domaine situé à la sortie de Vaison-la-Romaine, en direction de Roaix. Belle opportunité de découvrir sur la terrasse ombragée quelques flacons au cours d’une discussion à bâtons rompus avec le couple de vignerons :

  • ‘Pompette’ vin de France rouge 2017. Cépages : aubun et tempranillo, outre grenache, counoise et cinsault. Pimpant. Fringant. (01)
  • ‘A Table !’ vin de France rouge 2017. Cépage : syrah. Construit autour d’une trame acide de bon aloi qui lui permet de tenir ferme sur ses quatre pieds. (02)
  • ‘NoVice’ Côtes du Rhône rouge 2016. Cépages : 60 % grenache, 20 % mourvèdre, 10 % syrah. La belle structure se manifeste entre autres par la longueur. Une arpète qui sera ans doute au point dans deux à trois ans. (03)
  • ‘Origines’ Cairanne rouge 2015. Cépages : 90 % de vieux grenaches, 3 à 4 % de clairette, le reste en grenache blanc, vaccarèse, muscardin et autres. Les flaveurs témoignent de l’ascendant d’un indéniable savoir-faire. (04)

 

Voilà qui confirme tout le bien que je pensais déjà de ce clos. Mais c’était il est vrai prêcher un convaincu !

 

Deux autres cuvées ont été dégustées en restauration pendant le séjour :

  • ‘Pompette’ vin de France blanc 2017. Cépages grenache blanc, clairette et bourboulenc par tiers. Un vin de picole qui ne demande qu’à vous dessoiffer, et qui y réussit bougrement bien, aidé d’un melon et de jambon fumé (05)
  • ‘Tandem’ Côtes du Rhône Villages rouge 2014. 70 à 85 % grenache, 15 à 30 % syrah. De la structure, certes, mais sans excès. Un beau duo avec un tatin de lapin (06)

 

Revenu dans mes pénates, pourquoi ne pas prolonger les vacances en se faire plaisir ?

  • ‘Pompette’ vin de France rosé 2017. Cépage caladoc. Au palais, de la tendreté avec un peu d’âpreté. Un rosé de haut vol, ‘complet’, évolutif. De repas donc : ad hoc sur un colombo de porc bien relevé et purée de patate douce. (07)

 

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Et donc, le caladoc, quésako ?

Cet hybride rouge a été obtenue en 1958 par l’Institut National de la Recherche Agronomique de Montpellier en croisant le grenache et le côt (ou malbec), et ce dans le cadre de recherches visant à créer un cépage résistant à la coulure. Son succès est tel que des A.O.C. souhaitent l’intégrer à leur cahier des charges en tant que cépage accessoire. C’est le cas des Côtes du Rhône qui a à cette fin déposé un dossier auprès de l’I.N.A.O.

 

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Que retenir de tout cela ? Pas de mouron à se faire : voici des vins qui ont de la patte, sans chercher l’épate.

 

Olivier Mercier.

 

Mais encore :

Le clos des Mourres appartient à un collectif d’une bonne vingtaine de vignerons rhodaniens : ‘la Nouvelle Lune’.

Tous les membres ont une sensibilité et une éthique proches, travaillant en agriculture biologique, biodynamique voire en cosmoculture. Cette même philosophie du respect du vivant se traduit notamment ainsi :

  • proscription des désherbants et pesticides,
  • récolte manuelle privilégiée,
  • peu d’interventionnisme,
  • levures naturelles,
  • vinification sans ajouts chimiques.

Signe de qualité, sont membres notamment :

 

Où manger à Vaison-la-Romaine ?

J’ai déjà évoqué ‘Le Bonheur poursuit son cours’.

Il me reste à vous suggérer le restaurant-bar à vins ‘le Patio’ dans le centre-ville, à un jet de pierre des berges de l’Ouvèze. Un cadre aussi agréable que le service, une cuisine française qui tend à sortir des sentiers battus, une carte des vins attractive. De quoi passer un bon moment.

Adresse : 4, rue du Ventoux à 84110 Vaison-la-Romaine.
Téléphone : +33 (0) 4 90 65 53 82

 

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Coordonnées :

Le Clos des Mourres (Ingrid et Jean-Philippe Bouchet).
730, chemin de Buisson
Le Plan – « La Gerline »
84110 Vaison-la-Romaine
Téléphone : +33 (0) 9 75 46 43 10
Mobile de Jean-Philippe Bouchet : +33 (0) 6 74 65 98 32
Mobile d’Ingrid Bouchet : +33 (0) 6 07 51 06 70
Site : http://www.closdesmourres.fr/
Courriel : closdesmourres@orange.fr
Page FaceBook : https://www.facebook.com/domaine.closdesmourres?fb_dtsg_ag=AdwBJjx-9vlswqMA5HC8oPqoVcqlS-wRkQagZg0YxzAGyw%3AAdwY6reKPQJvtpXAI1ypbUumjPuh1D9TAq4Rcl3qoSl37w

 

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  1. 9, 50 euros. 12,5 %.
  2. Quelques 10 euros. 12,5 %.
  3. 11,50 euros. 13 %.
  4. 18,50 euros. 14 %.
  5. 10 euros. 12,5 %.
  6. 14 euros. 13,5 %.
  7. 9,50 euros. 12, 5 %.

 

Domaine du Trapadis (Rasteau) (seconde partie).

Des petits jésus en culotte de velours à oublier au fond du cellier !

J’écrivais dans la première partie : « Les vins locaux connaissent juridiquement une histoire à deux vitesses. Première volet, le plus tortueux ».

Abordons le second volet, le plus court : en 1944, la spécificité du terroir est dès alors reconnue pour les Rasteau vinifiés en Vins Doux Naturels. C’est d’ailleurs une des plus vieilles appellations contrôlées (01)

 

Celle qui est par ailleurs l’A.O.C. de V.D.N. la plus septentrionale de France se décline suivant diverses mentions complémentaires :

  • ambré,
  • ambré rancio,
  • ambré hors d’âge,
  • ambré hors d’âge rancio,
  • blanc,
  • grenat,
  • rosé,
  • tuilé,
  • tuilé rancio,
  • tuilé hors d’âge,
  • tuilé hors d’âge rancio.

La récolte des raisins leur destinés s’opère sur les communes de Rasteau et – pour quelques hectares – de Cairanne et Sablet.

 

Je me bornerai ici à mentionner les grandes lignes de la seule mention complémentaire grenat :

  • les cépages principaux sont les grenaches noir, gris, blanc (02),
  • le grenache noir intervient en proportion supérieur ou égale à 75 % dans l’assemblage, la proportion des cépages principaux étant supérieure ou égale à 90 %,
  • la spécificité du grenat se retrouve dans son intensité colorante (DO420+DO520) laquelle est supérieure ou égale à quatre (03) !
  • qui dit V.D.N. dit inéluctablement mutage (04),
  • l’élevage intervient en milieu réducteur (05),
  • le grenat est obligatoirement présenté avec l’indication du millésime,
  • notez ici aussi le rendement : 30 hectolitres à l’hectare.

 

La dégustation au caveau se poursuit par le seul V.D.N. Rasteau :

  • Grenat 2016 : fruit, sucre, végétal, subtilité, délicatesse, longueur. Bref : épastrouillé, esbaudi (06).

 

Elle se clôture par une seconde exception : les vins de France Vendanges de Novembre. Ici, pas de mutage, donc pas d’A.O.C.. Les deux cuvées de type vendanges tardives ne sont pas produites tous les ans :

  • Les Ponchonnières rouge 2011 : quelque chose de ‘balsamique’, sucrosité, acidité et équilibre. On joue encore et toujours dans la cour des grands. Je vous renvoie à la note de bas de page (07) pour le ratio rendement/plaisir !
  • Les Ponchonnières blanc 2014 : un ton en dessous à mes yeux – moins de nuances – mais se boit encore et toujours sans déplaisir aucun (08).

 

J »avoue avoir un bec sucré.  Me voilà comblé : du nanan, des petits jésus en culotte de velours à oublier au fond du cellier !

 

Olivier Mercier.

 

Coordonnées :

E.A.R.L. domaine du Trapadis (Helen Durand)
Adresse : route d’Orange, 2302 – D 975
84110 Rasteau
Téléphone : +33 (0) 4 90 46 11 20
Téléfax : +33 (0) 4 90 46 15 96
Site : http://www.domainedutrapadis.com/
Courriel : hd@domainedutrapadis.com ou durand.helen@wanadoo.fr
Page FaceBook : https://www.facebook.com/pg/DomaineduTrapadis/about/?ref=page_internal

 

Mais aussi :

Changement de village (et donc d’appellation) : quittant Rasteau et vous dirigeant vers Vaison-la-Romaine, en vis-à-vis de la mairie, vous laisserez à votre droite un restaurant-bar-pizzeria qui ne paie pas de mine au premier abord : l’As de Cœur. Vous auriez tort de ne pas vous y arrêter. Installez-vous à la terrasse sous les mûriers platanes. Personnel sympa, simple et chaleureux. Un Rasteau doré en apéritif. Une cuisine simple (pieds paquets, souris d’agneau au thym), généreuse, copieuse, pleine de saveurs. Des Côtes du Rhône Villages locaux de bon aloi. Excellent rapport qualité-prix pour couronner le tout. Que demande le peuple ?

L’As de Cœur
Route des Princes d’Orange, 656 à 84110 Roaix
Téléphone : +33 4 90 46 16 89

 

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(01) Les plus vieilles A.C. remontent à 1936 et concernent Cognac, Arbois, Tavel, Monbazillac, Châteauneuf-du-Pape et Cassis.

(02) Les cépages accessoires autorisés sont : bourboulenc B, brun argenté N (localement dénommé camarèse ou vaccarèse), carignan N, cinsaut N, clairette B, clairette rose, counoise N, marsanne B, mourvèdre N, muscardin N, piquepoul blanc, piquepoul noir, roussanne B, syrah N, terret noir, ugni blanc, viognier B.

(03) Pour ceux que la question passionne, je renvoie au Recueil International des Méthodes d’Analyses de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin quant aux caractéristiques chromatiques…

(04) Le V.D.N. est obtenu par mutage du moût en cours de fermentation, c’est-à-dire l’apport d’alcool neutre vinique titrant au minimum 96 %, dans la limite évaluée en alcool pur de 5 % minimum et 10 % maximum du moût mis en œuvre.  L’opération doit être effectuée avant le 31 décembre de l’année de la récolte du moût. Mais des compléments de mutage peuvent être réalisés dans la limite d’un apport total de 10 % en alcool pur, avant la déclaration de revendication.

(05) Et ce au moins jusqu’au premier mai de l’année qui suit celle de la récolte, dont trois mois minimum en bouteille. Autrement dit, à l’issue de la période d’élevage, les vins sont mis en marché à destination du consommateur au plus tôt le premier mai de l’année qui suit celle de la récolte. Ce conditionnement précoce vise à privilégier les caractères de jeunesse. A l’opposé, le conditionnement en bouteille de verre est réalisé au plus tard le 30 juin de la seconde année qui suit celle de la récolte.  Ici, il s’agit de préserver le potentiel aromatique.

(06) Terroir argilo-calcaire, en coteaux, marnes jaunes. 90 % grenache noir, 10 % carignan. Cuvaison de 20 jours, dont 14 de macération sous alcool, à une température n’excédant pas 25°. Mutage sur grain avec de l’alcool neutre de marc à 96° (jusqu’à 10 % du volume), à une densité de 1045 soit quelques cent grammes de sucre résiduel par litre. Elevage en cuve sur lies fines pendant 11 mois ; 10 % en fût d’un vin. Rendements : 20 hl/ha. 15,50°. 50 centilitres. 14,50 euros.

(07) Terroir argilo-calcaire, situé en plaine, marne rouge avec cailloux roulés. 100 % grenache noir. Elevage 50 % en cuve pendant 18 mois ; 50 % en fût d’un vin. Rendements : 4 hl/ha. 14 °. 50 centilitres. 36,00 euros.

(08) Ici, je n’ai malheureusement aucune données techniques. 13°. 50 centilitres. 36,00 euros.

 

 

Domaine du Trapadis (Rasteau) (première partie).

De la belle ouvrage ! 

Au  nord du Vaucluse, le vignoble de Rasteau est adossé au sud du relief collinaire Cairanne-Rasteau- Roaix (dit montagne de Ventabren) bordé par les cours d’eau que sont – au nord – l’Aygues et – au sud – l’Ouvèze.

Il se divise schématiquement ainsi :

  • altitude maximale de 320 mètres, soit les parties les plus hautes des coteaux exposés sud,
  • entre 160 et 290 mètres, soit la zone principale d’implantation du vignoble : prédominance de terrains en pente orientés principalement vers le sud, découpés par des combes,
  • entre 120 et 160 mètres d’altitude : zone de plusieurs niveaux d’anciennes terrasses dont la pente décline vers le sud vers l’Ouvèze.

Bien plus succinctement encore, vu la variété des sols, le vignoble rastellain présente deux formations géologiques distinctes :

  • sol de galets, sables et marne au nord dans un paysage de collines et combes,
  • terrasses caillouteuses à galets roulés au sud.

Mais le mieux n’est-il de s’en rendre compte de visu ? Partez de la place de l’agréable et calme village de Rasteau et grimpez par ruelles et remparts. Rafraîchissez-vous à la fontaine de la Monge. Poursuivez vers l’église Saint-Didier et tout en haut passez outre. Le panorama s’y révèlera bien plus instructif que bien des lectures.

 

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Les vins locaux connaissent juridiquement  une histoire à deux vitesses.

Première volet, le plus tortueux :

  • 1937 : sont définies les conditions de contrôle de l’appellation d’origine Côtes du Rhône. Rasteau figure parmi les communes de l’aire de production,
  • 1965 : est édicté le principe suivant lequel le nom d’une commune pourra être adjoint à celui de Côtes du Rhône,
  • 1966 : Rasteau peut effectivement adjoindre son nom à celui de Côtes du Rhône,
  • 1999 : le nom de la commune de Rasteau est reconnu comme dénomination géographique complémentaire de l’A.O.C. Côtes du Rhône Villages,
  • 2010 : Est décernée une A.O.C. spécifique de vins tranquilles rouges secs.

Sous quelles conditions ? En voici quelques unes :

  • la récolte des raisins s’opère sur la seule commune de Rasteau,
  • le cépage principal est le grenache noir, les cépages complémentaires étant le mourvèdre et la syrah (01),
  • le vin est d’assemblage, composé en majorité du cépage principal et d’au moins un des deux cépages complémentaires,
  • notez le rendement autorisé : 38 hectolitres à l’hectare.

 

Bon an mal an, les vins rouges tranquilles secs représentent 96 à 98 % de l’ensemble des volumes produits, le reste concernant les Vins Doux Naturels.

 

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Passons au domaine du Trapadis (02) dont les bâtiments sont implantés au sud-ouest de l’appellation.

25 hectares sur la commune de Rasteau se décomposent en quatre zones géologiques :

  • calcaire, sable, limon en plaine
  • argile rouge en plaine
  • argile jaune, calcaire en coteaux d’exposition sud
  • argile bleue, calcaire en coteaux d’exposition sud-est et sud-ouest

Le cépage dominant grenache noir est complété de syrah, mourvèdre et carignan.

Le domaine familial existe depuis 1850. Helen Durand représente la quatrième génération.

Jeune, il a appris sur le tas.

1990 : il commercialise ses premières bouteilles à seize ans alors qu’il est toujours aux études. 1996 : il devient exploitant, amenant un changement radical dans l’exploitation, notamment en travaillant dès alors dans le respect de la vigne et du terroir, obtenant la certification en agriculture biologique (Ecocert FR-BIO-01) en 2010 :

  • travail du vignoble sans produit de synthèse ou résiduaire : pas d’herbicide, pesticide, désherbant ou engrais chimiques,
  • utilisation à faible dose du soufre et du cuivre,
  • fertilisation des sols avec du compost animal et végétal.

Parmi les pratiques culturales, citons :

  • binage,
  • taille courte,
  • deux ébourgeonnages,
  • vendange en vert,
  • suppression des grappes sur les jeunes vignes.

Dans cette optique de qualité et de régularité, mentionnons également: :

  • vendanges manuelles,
  • tri,
  • éraflage,
  • léger foulage,
  • levures indigènes,
  • mise en bouteille unique.

Quant aux rendements pratiqués, je vous renvoie aux notes de bas de page.

 

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La dégustation se déroule au caveau et se focalisera – en principe – aux crus locaux.

Première exception, de manière à mettre les papilles en alerte :

  • Côtes du Rhône blanc Les Plans Grenache 2016 (03). Vineux. De par son élevage, il ne déparerait pas lors d’un repas et gagnera sans doute à évoluer pendant quelques années.

Suivent les Rasteau rouges secs :

  • Les Cras 2015 (04). Pas de sophistication, mais il devrait bien vieillir.
  • Les Adrès 2015 (05) . J’avoue avoir été particulièrement séduit par ce vin enjôleur et ce sous tous ses aspects ! Là aussi, le potentiel est présent.
  • Harys 2014 (06). De la fraîcheur. Pourquoi ne pas en profiter dès à présent ?

 

De la belle ouvrage !  Ce sera donc plaisir de poursuivre la découverte des vins d’Helen Durand.  Nous évoquerons alors les Vins Doux Naturels,  et autres…

 

Olivier Mercier.

 

Coordonnées :

E.A.R.L. domaine du Trapadis (Helen Durand)
Route d’Orange, 2302 – D 975
84110 Rasteau
Téléphone : +33 (0) 4 90 46 11 20
Téléfax : +33 (0) 4 90 46 15 96
Site : http://www.domainedutrapadis.com/
Courriel : hd@domainedutrapadis.com ou durand.helen@wanadoo.fr
Page FaceBook : https://www.facebook.com/pg/DomaineduTrapadis/about/?ref=page_internal

 

(01) Les cépages accessoires autorisés sont :  bourboulenc B, brun argenté N (localement dénommé camarèse ou vaccarèse), carignan N, cinsaut N, clairette B, clairette rose, counoise N, grenache blanc, grenache gris, marsanne B, muscardin N, piquepoul blanc, piquepoul noir, roussanne B, terret noir, ugni blanc, viognier B.

(02) Trapadis signifie ‘trou’ en provençal. D’une galerie souterraine ancienne située dans la parcelle de vieux grenaches plantés en 1922 située à côté de la cave naissait la source qui alimentait le hameau.

(03) Grenache blanc et clairette. Elevage en barrique. 13,5°. 16.50 euros.

(04) Terroir argilo-calcaire en plaine, composé d’argile rouge et de cailloux roulés.  70 % grenache noir, 10 % carignan, 10 % mourvèdre, 10 % syrah. Elevage en cuve ciment sur lies fines pendant 18 mois. Rendement : 25 hl/ha pour le grenache, 35 hl/ha pour les carignan, mourvèdre et syrah. 14°. 11.50 euros.

(05) Terroir argilo-calcaire en coteaux, composé de marnes jaunes et bleues pour le grenache et le carignan ; argilo-calcaire en plaine, composé d’argile rouge et de cailloux roulés pour le mourvèdre .  80 % grenache noir, 10 % carignan, 10 % mourvèdre.  Elevage : 90 % en cuve ciment sur lies fines pendant 20 mois, 10 % en fût non neuf. Rendements : 10 à 15 hl/ha pour le grenache, 20 hl/ha pour les carignan et mourvèdre. 14°. 16,50 euros.

(06) Terroir argilo-calcaire en plaine, de petits cailloux roulés. 80 % syrah dont 40 % de seryne), 20 % clairette blanche. Elevage : essentiellement voire exclusivement en cuve ciment sur lies fines pendant 24 mois  (le reste en fût d’un vin). Rendements : 20 hl/ha. 14°. 19,00 euros.

 

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L’A.O.C. Côtes du Rhône Villages Sablet (seconde partie).

Découvrir Sablet verre en main.

 

 

Ce n’est pas le tout d’avoir déjà évoqué cette A.O.C. de manière – disons – théorique. Encore faut-il découvrir sa production.

 

 

L’occasion en est fournie le 06 juillet 2018 : la Maison des Vins et du Tourisme de Sablet (01) organise une soirée dégustation « tout en bio » (02) à laquelle sont présents les vignerons flanqués d’un food truck.

 

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Nous nous sommes focalisés sur les seuls vins revendiquant l’appellation communale, à l’exclusion des appellations Côtes du Rhône et Séguret. Qu’en retenir ?

  • Château Cohola blanc 2017. Cépages : 80 % viognier et 20 % grenache blanc. Passage en barrique d’un vin. Nez beurré. Bouche de bon aloi. 15 euros.
  • Domaine Le Souverain ‘Caractère’ blanc 2017. Cépages marsanne, viognier et clairette essentiellement plantés sur les coteaux sableux mêlés d’éboulis de Chevalong. Vinification et élevage pour 1/3 en barrique de chêne et 2/3 en cuve. Nez emprunt de l’élevage. Bouche bien équilibrée, sèche, fraîche. 8,25 euros.
  • Domaine de Verquière blanc 2017. Cépages : 50 % grenache blanc, 20 %, clairette, 15 %  bourboulenc et 15 % roussanne. Vinification et élevage en cuve. Nez floral. Fluidité et fraîcheur au palais. 11 euros.
  • Château Cohola rosé 2017. Vin de deux oreilles. 10,50 euros.
  • Château Cohola rouge 2014. Cépages : 60 % grenache et 40 % syrah. Fermentation malolactique en demi muids et en barriques de 1 à 3 vins.  Nez : un peu de moka, cuir. De la matière en bouche. 15 euros.
  • Château Cohola rouge 2015. Se démarque du millésime précédent par sa fluidité.
  • Domaine de Crève Coeur rouge 2016. Cépages : 80 % grenache et 20 % mourvèdre. Elevage en fût non neuf pendant douze mois. Un vin qui m’a plu au premier abord et me laisse ensuite circonspect, mais n’est néanmoins pas dénué d’atouts. A revoir.
  • Domaine Fontaine des Fées 2017 : plutôt rond, souple.
  • Domaine Fontaine des Fées ‘Vieilles Vignes 2014’. Belle matière avec du potentiel. Appréciable et apprécié. 15 euros.
  • Domaine Le Souverain ‘Réserve’ rouge 2016. Vieilles vignes de grenache (provenant notamment des coteaux de Chevalong), mourvèdre et syrah. Vinification en cuve béton. Elevage pendant un an en fût de chêne français de 500 litres. Nez très expressif de fruits rouges (cerise) et noir (cassis). Une matière souple, délicate, fine. Assume allégrement ses 15°. 9.30 euros
  • Domaine de Verquière rouge 2014. Cépages : 60 % grenache, 20 % syrah, 15 % mourvèdre et 15 % cinsault. Vieillissement en foudre de chêne. Coulant, glissant. 10,50 euros.

 

De ce rapide survol, j’en retiens globalement le sentiment d’un potentiel certain pour des vins le plus souvent immédiats certes mais dotés de possibilités de vieillissement sur quelques années.

Découverte à poursuivre !

 

Olivier Mercier.

 

Mais aussi : puisque j’évoquais le potentiel de vieillissement et la poursuite de la découverte de cette A.O.C., la possibilité nous fût donnée de goûter les Sablet de Roumanille Paul. Un grand écart j’en conviens puisque le domaine travaille en agriculture dite conventionnelle. Les deux millésimes rouges qui furent ouverts n’avaient pas le chapeau sur l’oreille :  en forme, à pleine maturité, avec encore quelques printemps devant eux !

  • 2003. Nez évoquant le cassis, le moka. La matière s’avère volumineuse (herbes aromatiques). Finale torréfiée, chocolatée.
  • 2005. Nez empyreumatique, cuir. Matière souple, d’une belle évolution. Long.

 

D’autre part :  Sablet est connu à l’international pour sa « journée du livre » qui se tient chaque année fin juillet, réunissant libraires et vignerons.

 

(01) Maison des Vins et du Tourisme  à 84110 Sablet, route de Carpentras 520. Téléphone : +33 (0) 4 90 46 82 46. On y bénéficiera d’un point-info, d’un espace dégustation avec vente des vins locaux. Des expositions sont organisées.

(02) FR-BIO-01 Ecocert : château Cohola, domaine Fontaine des Fées, domaine Le Souverain ; FR-BIO-10 Qualité France : domaine de Verquière ; Demeter : domaine de Crève Coeur.

 

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Picpoul : un cépage, une A.O.C., un livre.

La plus importante A.O.C. en vins blancs tranquilles du Languedoc.

21583097-24572193Penchons-nous dans un premier temps sur le cépage picpoul ou encore piquepoul.

 

Il est mentionné dès 1384 sous le nom de  picapoll.

En 1600, Oliver de Serres, dans son traité  » Le Theatre d’Agriculture et Mesnage des Champs » l’évoque : « Non-plus aujourd’huy ne sont indifferemment recogneus, par toutes les Provinces, les noms des raisins, dont l’on use le plus en divers endroits de ce Royaume, qui sont (…) Pique-Poule… ». Ce qui, par ailleurs, démontre qu’à l’époque existait déjà des difficultés quant à la reconnaissance des variétés via leur nom.

Le philosophe John Locke, dans son ouvrage “Observations upon the Growth and Culture of Vines and Olives; The Production of Silk; the Preservation of Fruits” (1766) relate :  » They have about Montpellier these following sorts of grapes (…)  25. Piquepoul (…) black and very sweet, good for wine and for eating ».

Le picpoul, un cépage noir ?

Henri Marès, dans sa « Description des cépages principaux de la région méditerranéenne de la France » ( 1890) précise l’existence de trois variétés : noire, rose ou grise, blanche (01) : « La variété noire est la moins répandue ; la rose est la plus cultivée ; la blanche tend à se répandre (…) Les communes de Pomerols, Pinet, Mèze (…) Florensac (…) forment, sous le nom de vignobles de la Marine, le centre de la grande culture des Piquepouls ». Quant au « (…) piquepoul blanc : on le cultive plus spécialement dans les communes de Pinet et de Pomerols ».

Les variétés grise et noire ne sont quasi plus cultivées. Voici quelques données pour l’ensemble de la production en France  :

  • picpoul blanc : 1.529 hectares en 2011, 1.600 en 2013,
  • gris : 2 en 2011, moins de 2 en 2013,
  • noir : 60 en 2011, moins de 60 en 2013.

 

Voici pour le cépage. Qu’en est-il de l’actuelle Appellation d’Origine Contrôlée ?

 

DSCN27191923 : création de la cave coopérative de Pinet (02).

1945 : classement de  Piquepoul de Pinet  comme vin blanc du Languedoc.

1954 : Picpoul de Pinet  accède au rang de Vin Délimité de Qualité Supérieure déjà pour les seuls vins blancs, cependant alors élaborés au moyen des cépages suivants : picpoul blanc (70 % minimum), terret blanc (20 % minimum), clairette blanche ou rose (5 % minimum) (03).

1985 : accession à l’ A.O.C. Coteaux du Languedoc laquelle peut être complétée par le nom de Picpoul de Pinet, le vin étant désormais vinifié avec le seul picpoul blanc.

1992 : le syndicat de défense dépose un dossier auprès de l’Institut National des Appellations d’Origine pour une reconnaissance en A.O.C. spécifique.

1994-1995 : mise en place d’une bouteille syndicale exclusive dite « Neptune » : une flûte de type colonne dorique agrémentée de la croix du Languedoc et, en collerette, de vaguelettes (04).

2009 : la désormais A.O.C. Languedoc peut être complétée par la dénomination géographique Picpoul de Pinet en vin blanc tranquille.

2013 : l’ A.O.C. spécifique Picpoul de Pinet voit le jour (05) précisant qu’il y va de vins secs (06) dont les conditions de production sont devenues plus restrictives.

2017 :  L’A.O.C. est enregistrée et protégée au niveau européen.

 

Nous voici pas bien loin des rivages de  la Méditerranée, au fond du Golfe du Lion, au nord de l’Etang de Thau , au cœur du triangle Agde-Pézenas-Sète (07).

Le vignoble se déroule en pente douce vers l’Etang sur six communes du département de l’Hérault :

  • Castelnau-de-Guers,
  • Florensac,
  • Mèze,
  • Montagnac,
  • Pinet et
  • Pomérols,

bénéficiant d’un sol à haute teneur en calcaire et d’un microclimat méditerranéen très sec.

D’aucuns aiment à préciser que la zone géographique est divisée par l’antique et romaine via Domitia. Plus prosaïquement, elle l’est par l’A9. Voilà donc une opportunité d’arrêt et de découverte sur la route du Sud.

 

Picpoul de Pinet dénombre une surface en production de 1.400 hectares pour 2.400 actuellement délimité en A.O.C . Le cépage est donc quasi exclusivement cultivé dans cette seule aire géographique (voir ci-avant).

 

Les volumes commercialisés en A.O.C. ont très sensiblement augmenté :

  • 1975 : 2.800 hectolitres,
  • 1983 : 8.800,
  • 1985 : 13.000,
  • 1992 : 15.000,
  • 2017 : 77.000.

Aussi  est-ce la production la plus importante en vins blancs tranquilles du Languedoc-Roussillon : 61 % (08)

 

Situation aidant, le Picpoul de Pinet – habituellement commercialisé dans sa prime jeunesse – s ‘accorde de par son acidité avec les produits de la mer : coquillages (pensez aux locales huîtres de Bouzigues) , poissons, crustacés… Ou encore une tielle sétoise. Voire des moules en brasucade !

Mais au delà des accords marketé, ne vous désintéressez cependant pas du gras des fromages et charcuteries (ma foi, un saucisson au camembert…), voire une terrine landaise au foie gras de canard de la maison Jacques Barthouil.

 

Picpoul-de-PinetEvoquons enfin le livre : « Picpoul de Pinet, une odyssée viticole en Languedoc » (09). Le présent article est redevable d’un ouvrage réalisé à l’initiative du Syndicat des Vignerons de Picpoul de Pinet et du Conseil Interprofessionnel des Vins du Languedoc. Publication de commande certes mais de qualité, qui traite le sujet sous maints aspects, et avec franchise. Bellement illustrée qui plus est. En voici quelques éléments.

Fin du XVII° siècle, les vins de l’Etang de Sète fournissent la flotte française : l’expression « vignobles de la Marine » ou « la Marine » est née.

Le picpoul est un cépage tardif à pellicule fine sensible au botrytis. Faut-il dès lors s’étonner qu’à partir du XIX° siècle, il a été décliné en vin blanc liquoreux, moelleux ou doux (10) ?

Diversification encore et toujours : la première moitié du XIX° siècle voit apparaître la fabrication d’imitation de vins espagnols et portugais (Malaga, Madère, Jerez, Porto) à échelle industrielle. Le cépage y trouve un débouché important en volume, rapide en mise sur le marché et financièrement profitable.

Dans cette optique, durant la seconde moitié, le picpoul fournit majoritairement la matière première et qualitative des vermouths, apéritifs à base de vin et vins de liqueur confectionnés autour de l’Etang de Thau (Noilly-Prat, Saint-Raphaël…).  En 1953, les vermouthiers de Sète et les grands maisons d’apéritif (Dubonnet, Cinzano) permettent encore et toujours aux vignerons de sauver pécuniairment la mise :  la production de tels produits totalise 24 millions de bouteilles. Mais les années ’60 voient la chute libre de leur consommation. Cependant,  2/3 de la récolte encore vendu sous cette forme. Mais l’apparition du tourisme de masse et la création ex nihilo de la Grande-Motte (1965) et du Cap d’Agde (1970) changeront la donne vers plus de visibilité du cépage et de l’A.O.C.

 

Je me souviens d’un Picpoul de Pinet dégusté voici plus de vingt ans à la table d’un restaurant de Saint-Valéry-sur-Somme (si ma mémoire me sert bien). Une madeleine de Proust aux senteurs d’aubépine et de citron en quelque sorte.

Pourtant, au delà des quelques vignerons indépendants, des incontournables coopératives en accordailles avec  l’omniprésent négoce, c’est désormais hors de l’A.O.C. que j’apprécie la spontanéité du picpoul, certes alors difficile à dénicher. Mais qui cherche trouve…

Tenez !  Opi d’Aqui (Philippe Formentin) Pique Poule 2014 vin de France blanc. Un 100 %  picpoul récolté à… Pinet. Levures indigènes, vinification sans intrant, partiellement en barrique, ni filtration ni collage, pas de SO2 ajouté. Des notes herbacées. Sec. Frais. Que demander de plus ?

 

Buvez curieux !

 

Olivier Mercier.

 

N.B. : Opi d’Aqui (Philippe Formentin) Pique Poule 2014 a été dégusté aux Indigènes à Perpignan.

 

Bouzigue. Etang de Thau. Sète.

 

(01) Piquepoul blanc et gris sont des mutations du piquepoul noir.

(02) Dont Noilly-Prat achète l’intégralité de la première récolte.

(03) Ce passage ne sera pas un succès immédiat : seront déclarés en V.D.Q.S. en 1954 4.000 hectolitres soit 1 % de la production des vins blancs de la région de Pézenas et en 1955… 1.000 hectolitres.

(04) Elle est utilisée pour plus de 80 % des volumes commercialisés.

(05) L’étiquetage des vins peut préciser l’unité géographique plus grande Languedoc. L’émancipation n’est donc pas totale.

(06) La teneur maximale après fermentation en sucres fermentescibles (glucose et fructose) est de 3 grammes par litre.

(07) Autant savoir : l’Etang de Thau et le lido de Sète à Agde sont classés Natura 2000.

(08) Ces chiffres 2017 se ventilent ainsi : France 35 %, export 65 % (soit 57 % au Royaume-Uni, 11 % aux Etats-Unis et 8 % aux Pays-Bas). L’effet vacance ?

(09) Picpoul de Pinet, une odyssée viticole en Languedoc – texte de Marc Médevielle, photos d’Emmanuel Perrin, éditions de la Martinière, 2018, 144 pages, 25,00 euros

(10) Ce type de vinification (en Vin de Table) est toujours évoqué comme d’actualité dans Pierre Casamayor et Hubert Monteilhet, Vignes et vignerons du soleil. Des collines basques à la vallée de l’Hérault, éditions de Fallois, Paris, 1994.

L’A.O.C. Côtes du Rhône Villages Sablet (première partie).

Particularité géologique : Sablet doit son nom à des terrains sableux, des collines de safre.

Commençons par quelques dates clés :

– 1937 : un décret définit l’appellation contrôlée Côtes du Rhône.

– 1965 : le nom d’une commune peut être adjoint à celui de Côtes du Rhône, suivant conditions.

– 1966 : une première liste de communes est retenue.

– 1967 : elles ont le droit de s’adjoindre la dénomination Côtes-du-Rhône-Villages.

– 1974 : ajout de Sablet à la liste (01).

– 1999 : refonte de l’A.O.C. Côtes du Rhône Villages.

– 2009 : homologation du cahier des charges.

– 2011 : homologation du nouveau cahier des charges.

 

La dénomination géographique complémentaire « Sablet » est réservée aux vins tranquilles blancs, rosés ou rouges produits sur la seule commune de Sablet (nord du département du Vaucluse).

Les vins blancs sont issus des cépages suivants :

– cépages principaux : bourboulenc, clairette, grenache blanc, marsanne, roussanne, viognier,

– cépages accessoires : piquepoul blanc, ugni blanc.

Les vins rouges et rosés sont quant à eux élaborés au moyen des cépages ci-après :

– cépages principaux : grenache noir, mourvèdre, syrah,

– cépages accessoires : bourboulenc, brun argenté (02), carignan, cinsaut, clairette, clairette rosé, counoise, grenache blanc, grenache gris,  marsanne, muscardin, piquepoul blanc, piquepoul noir, roussanne, terret noir, ugni blanc, viognier.

Les vins rouges relèvent de l’assemblage d’au moins deux des cépages principaux, dont obligatoirement le cépage grenache, la proportion des cépages principaux devant être supérieure ou égale à 66 % de l’assemblage. Autrement dit : le cépage grenache est présent dans les assemblages en association avec les cépages syrah et/ou mourvèdre, l’ensemble des deux ou trois cépages principaux représentant au minimum 66 %.

Les vins blancs proviennent de l’assemblage de raisins issus majoritairement des cépages principaux.

 

La production ?  92 à 97 % en rouge, 2 à 7 % en blanc, 1% en rosé.

 

Le village de Sablet – au sud de Vaison-la-Romaine – domine la vallée de l’Ouvèze coulant à l’ouest. Au loin, le sommet de la montagne de Cheval Long (culminant à 428 mètres) annonçant les Dentelles de Montmirail dont les arêtes calcaires se dressent à moins de cinq kilomètres à l’est.

Le vignoble est contigu à Gigondas, séparés par le ruisseau Trignon, ainsi qu’à la Côte du Rhône Villages Séguret délimités par le vallat de la Grand Font.

Particularité géologique : Sablet doit son nom à des terrains sableux, des collines de safre (03). Sablet est d’ailleurs implanté sur tel dôme.

Sont par ailleurs considérées comme qualitatives les parcelles suivantes : ‘les Briguières’ et ‘Chevalong’ adossées à la montagne de Cheval Long surplombant le quiet village.

 

A suivre… Car il est temps de parler vignerons et cuvées.

 

Olivier Mercier.

 

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(01) Le nom de l’appellation d’origine contrôlée « Côtes du Rhône Villages » peut être complété par une des dénominations géographiques complémentaires suivantes :

– Chusclan,

– Gadagne,

– Laudun,

– Massif d’Uchaux,

– Plan de Dieu,

– Puyméras,

– Roaix,

– Rochegude,

– Rousset-les-Vignes,

– Sablet,

– Saint-Andéol,

– Saint-Gervais,

– Saint-Maurice,

– Saint-Pantaléon-les-Vignes,

– Sainte-Cécile,

– Séguret,

– Signargues,

– Suze-la-Rousse,

– Vaison-la-Romaine,

– Valréas,

– Visan.

(02) Localement dénommé camarèse ou vaccarèse.

(03) Sable jaune à grésification irrégulière faiblement aggloméré qui peut se désagréger en sable/sable aggloméré en grès fin friable.

 

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