Thierry Navarre cuvée « Ribeyrenc » vin de France rouge 2017.

Je vous invite à y goûter !

Thierry Navarre exerce le métier de vigneron à Roquebrun, village qui peut accoler sa dénomination géographique complémentaire à l’A.O.C. Saint-Chinian mais uniquement pour les vins rouges tranquilles.

C’est du cépage ribeyrenc (01) dans sa variété noire (02) dont je vais vous entretenir.

Il était autrefois consommé également – voire surtout – comme raisin de table, recherché pour ses fruits savoureux.

Vous vous doutez bien que c’est le raisin de cuve qui va retenir mon attention.

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Thierry Navarre a connu quelques pieds dans la propriété familiale de ses grands-parents.

Fin 1988, il reprend l’exploitation de son père.

Le ribeyrenc, il rêve d’être le premier et à en replanter en parcelle isolée et à la vinifié seul, séparément, état de faits qui n’existaient plus depuis belle lurette.

Entre 1992 et 1994, il prépare le sol et complète les plants familiaux en recueillant quelques dizaines de pieds renseignés par les anciens dans les parcelles mélangées des communes de Berlou, Roquebrun et Vieussan. Voici désormais quelques centaines de ceps multipliés par sélection massale (03), plantés sur 30 ares de parcelles schisteuses du terroir de Saint-Chinian, exposées sud-est dans la vallée de l’Orb. Tel est le début de cette histoire qui comptabilise actuellement six plantations.

Le ribeyrenc – cépage oublié – est un des plus vieux du Languedoc, mentionné dès 1554 : Bonaventure Des Périers évoque alors les ‘bruns espirans’ dans son poème ‘Chant de Vendanges’.

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Il était considéré aux XVIII° et XIX° siècles comme un cépage fin de côte, de tout premier ordre, apte à produire des vins dits ‘de commerce’ (04).

Il n’a certes jamais été cultivé sur de grandes étendues bien que disséminé dans toute la région méditerranéenne. Peu répandu dans la Provence et le Roussillon, il n’est jamais remonté vers le Centre. Cépage local, il est resté confiné sur diverses communes de l’Hérault et du Gard, sans oublier l’Aude, tout en occupant 1/5 à 1/4 du vignoble gardois ou héraultais.

Très répandu donc avant le phylloxera (dont les premiers ravages ont été mentionnés en 1863 dans le Gard), il fut ensuite très peu replanté, devenant rare. Les causes sont diverses :

  • des rendements bas (30-35 hl/ha) alors que le vignoble était reconstruit avec des cépages fertiles tels l’aramon (replanté en priorité dans les plaines, son rendement « était de l’ordre de 150 hectolitres à l’hectare, voire certaines années 300 à 350) ou le carignan, ou encore en hybrides producteurs directs (05), dans une volonté productiviste,
  • trop de sensibilité aux maladies et autres,
  • des vins faibles en alcool (pas plus de 10°-11°) ne correspondant plus à l’air du temps,
  • des vins peu colorés alors que le consommateur recherche des vins de couleur produits par des cépages dits ‘teinturiers’.

Il est aujourd’hui quasi disparu :

1958 : 99 ha

1968 : 23 ha

1988 : 7 ha

2016 : 6,6 ha

On le retrouve comme cépage accessoire dans le cahier des charges des A.O.C. Minervois et Minervois la Livinière mais ne fut jamais repris pour Saint- Chinian soit lors de l’accession en Vin Délimité de Qualité Supérieure en 1951 soit lors du passage en A.O.C. en 1982. La question de son introduction officielle dans la liste des cépages autorisés en A.O.C. Saint-Chinian est néanmoins actuellement à l’ordre du jour. Qui vivra verra.

Le travail à la vigne et au chai du domaine Navarre ?

Culture respectueuse de la vigne. Pas de produits chimiques, pas d’herbicides. Fertilisation organique à base de compost. Taille courte en gobelet.

La baie se caractérisant par une peau fine et donc fragile, trois conséquences en découlent :

  • vendange manuelle,
  • pas d’égrappage,
  • pas de foulage (vinification en raisin entier).

Et donc une cuvée 100 % ribeyrenc (12°) déclinée en vin de France 2017.

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Robe peu colorée.
Nez salin, fumé.
Bouche souple, gouleyante, tendre, mais pas dénuée d’une structure délicate.
Gagne quelque peu à êtré aéré, mais pas à vieillir.

L’association avec un parmentier de boeuf et morilles n’est pas dénuée d’intérêt.

Rappelez-vous : était considéré comme un défaut le fait que le ribeyrenc atteigne sa maturité physiologique à faible degré (10°-11°). De nos jours, ce pourrait être un atout, soit qu’il fournisse un vin avec un faible taux d’alcool pour correspondre au souhait actuel du consommateur, soit qu’il le fasse baisser en assemblage.

Tout est une question de goût ! Et je vous invite à y goûter.

Olivier Mercier.

 

P.S. : bouteille achetée à la cave le Verre Volé (site d’Oberkampf – Paris XI°).

(01) Synonymes :

  • Rivairenc, ribeirenc, riveyrenc, riverain,
  • Piran, spiran, epiran, aspiran(t), espiran, espirau, esperan,
  • Verdal, verdaou.

(02) Existent aussi les variétés blanche, grise, rose.

(03) la sélection massale consiste à repérer sur parcelle les pieds paraissant les plus intéressants, à en prélever des fragments de sarment pour les multiplier et ensuite les replanter.

(04) Par opposition aux vins dits ‘de chaudière’, destinés à la distillation.

(05) Un hybride producteur direct est le résultat d’un croisement entre un cépage américain (Vitis labrusca, Vitis riparia, Vitis rupestris…). et un cépage européen (Vitis vinifera), le premier devant apporter sa résistance au phylloxéra et aux maladies cryptogamiques, le second son abondante productivité et/ou la qualité de ses produits.

Coordonnées :

Domaine Thierry Navarre
Adresse : 34460 Roquebrun.
Téléphone : 00 33 4 67 89 53 58
Téléfax : 00 33 9 70 62 13 15
Site : http://www.thierrynavarre.com/
Courriel : thierry.navarre@orange.fr
Page FaceBook : https://www.facebook.com/Vins-Thierry-Navarre-339517736493704/

Domaine la Bohème (Patrick Bouju) cuvée « Sein Pour Sein » vin de France blanc 2016.

Quand le tressallier fait tressaillir.

L’Appellation d’Origine Contrôlée « Saint-Pourçain » est réservée aux vins tranquilles secs blancs, rouges et rosés.

Le vignoble – implanté sur le territoire de 19 communes du département de l’Allier (01) – forme une bande orientée nord-sud d’une vingtaine de kilomètres de long sur environ quatre de large, sur le flanc ouest du val de l’Allier et de la Sioule, au centre du département de l’Allier, dans la Limagne bourbonnaise (Auvergne).

Les vins blancs proviennent de l’assemblage des cépages blancs que sont :

– cépage principal : chardonnay entre 50 % et 80 %,

– cépage complémentaire : sacy (02) – appelé dans l’Allier tressallier – entre 20 % et 40 %,

– cépage accessoire : sauvignon inférieure ou égal à 10 %.

D’après des analyses génétiques, le tressallier est issu d’un croisement entre le pinot blanc et le gouais blanc.

Tressallier Grapes

 

Mais il ne sera ici question que d’un ‘simple’ vin de France.

Abordons d’abord le domaine « la Bohème » implanté dans le département limitrophe du Puy-de-Dôme.

Dans les vignes, la culture se montre respectueuse de la nature :

  • enherbement,
  • traitements au moyen de produits à base de cuivre et de soufre ainsi que d’extraits fermentés de plantes ou des tisanes (ortie, prèle, consoude…),
  • pas de désherbant ni de produits chimiques de synthèse,
  • majorité des travaux effectuée manuellement.

Pour ce qui est des vins, l’optique demeure identique :

  • levures indigènes,
  • peu d’interventionnisme dans la vinification,
  • pas de sulfite lors de la vinification et à la mise en bouteille.

 

L’encépagement du « Sein pour Sein » 2016 (12,5%) se compose de tressallier et de chardonnay (avec semble-t-il en outre de l’aligoté).

Dès l’ouverture, le vin est déroutant.

Nez qui à l’ouverture évoque… l’oxo (oui oui) !
En bouche, c’est frais, gouleyant, floral.
La finale s’avère quelque peu citronnée.

C’est globalement surprenant mais diantrement bon !

 

Buvez curieux.

 

Olivier Mercier.

 

Bouteille (61 euros) dégustée aux Petits Bouchons, en bel accord sur des Saint-Jacques, purée de céleri et girolles.

 

N.B. :

Si vous voulez approfondir votre connaissance des vins de Saint-Pourçain, je vous conseille la lecture de l’ouvrage d’Antoine Paillet et Pierre Citerne, Patrimoine du vin – le Saint-Pourçain, éd. Loubatières, 2013, 93 pages, 17,50 euros.

 

Coordonnées :

Domaine la Bohème – Patrick Bouju
S.A.R.L. Patrick Bouju la Bohème
63800 Saint-Georges-sur-Allier
Site : http://www.domainelaboheme.fr/
Courriel : contact@domainelaboheme.fr

 

Le Clos des Mourres (Vaucluse).

Des vins qui ont de la patte, sans chercher l’épate.

Le nom du domaine provient de la plante sauvage (de son nom scientifique : Hypochaeris Radicata ; à ne pas confondre avec le pissenlit) qui a la particularité de se recroqueviller dès qu’on la coupe à sa base, et que l’on mange en salade. D’ailleurs, ses feuilles dentelées illustrent l’ensemble des cuvées.

 

Mais on peut appréhender ce terme différemment.

En 1751, Louis de Jaucourt écrivait dans l’Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers : « Mourre (…) (Jeux anciens.) (…) On joue à ce jeu en montrant une certaine quantité de doigts à son adversaire, qui ait la même chose de son côté. On accuse tous deux un nombre en même tems, & l’on gagne quand on devine le nombre de doigts qui sont présentés. Ainsi on n’a besoin que de ses yeux pour savoir jouer à ce jeu (…) Ciceron (disait) ; il est si homme de bien, que vous pouvez jouer à la mourre avec lui dans les ténebres, sans craindre qu’il vous trompe ; expression qui passa en proverbe pour peindre quelqu’un de la plus exacte probité ».

 

Probité : voilà qui caractérise bien les vins d’Ingrid et Jean-Philippe Bouchet.

 

Tout commence par Jean-Philippe et sa présence auprès de son grand-père, dans les terres, la vigne et sur le tracteur.

Suivent plusieurs expériences professionnelles qui l’ont rapproché petit à petit du milieu de la vigne et du vin, telle la vente de matériel viticole.

La décision de franchir le pas est prise en 2007.

Le temps d’une formation et le rêve se concrétise début 2009 par l’achat de douze parcelles presque attenantes, orientées sur le versant nord-ouest du col du Débat sur les communes de Cairanne (4 hectares) et Saint-Roman-de-Malegarde (1 hectare).  Les parcelles sont situées entre 200 et 280 mètres d’altitude, sur des sols majoritairement argilo-calcaires. Jusqu’en 2011 ne sont produites que deux cuvées, respectivement en Côtes du Rhône Village et Cairanne.

En 2012, Ingrid intègre 10 hectares de vignes familiales autour ou à proximité de la ferme-cave à Vaison-la-Romaine. Ce sont des terres sableuses, légèrement argileuses, limoneuses.

Le 01 juin 2012 le G.A.E.C. clos des Mourres est officiellement constitué.

Viendra s’ajouter un hectare à Vacqueyras.

 

Ils travaillent d’abord en agriculture biologique (FR-BIO-01), puis en biodynamie. Ils sont revenus de cette dernière pratique, sans la renier intégralement : certains préceptes sont encore utilisés.

Ils se définissent comme « (…) artisans vignerons, parce que le terme artisan implique que l’on travaille manuellement, mais surtout paysan, parce que nous avons fait le choix de travailler la Terre pour garder le contact avec elle, et de manière naturelle »

Dans cette optique, vous lirez bien souvent sur leurs étiquettes : « La vigne et le vin sont travaillés dans le respect des sols, de la nature et de ses rythmes. Vendanges manuelles. Levures indigènes. Pas d’intrants ».

 

Après avoir approché exploitants et cuvées à diverses reprises, occasion nous a été donnée de nous rendre au domaine situé à la sortie de Vaison-la-Romaine, en direction de Roaix. Belle opportunité de découvrir sur la terrasse ombragée quelques flacons au cours d’une discussion à bâtons rompus avec le couple de vignerons :

  • ‘Pompette’ vin de France rouge 2017. Cépages : aubun et tempranillo, outre grenache, counoise et cinsault. Pimpant. Fringant. (01)
  • ‘A Table !’ vin de France rouge 2017. Cépage : syrah. Construit autour d’une trame acide de bon aloi qui lui permet de tenir ferme sur ses quatre pieds. (02)
  • ‘NoVice’ Côtes du Rhône rouge 2016. Cépages : 60 % grenache, 20 % mourvèdre, 10 % syrah. La belle structure se manifeste entre autres par la longueur. Une arpète qui sera ans doute au point dans deux à trois ans. (03)
  • ‘Origines’ Cairanne rouge 2015. Cépages : 90 % de vieux grenaches, 3 à 4 % de clairette, le reste en grenache blanc, vaccarèse, muscardin et autres. Les flaveurs témoignent de l’ascendant d’un indéniable savoir-faire. (04)

 

Voilà qui confirme tout le bien que je pensais déjà de ce clos. Mais c’était il est vrai prêcher un convaincu !

 

Deux autres cuvées ont été dégustées en restauration pendant le séjour :

  • ‘Pompette’ vin de France blanc 2017. Cépages grenache blanc, clairette et bourboulenc par tiers. Un vin de picole qui ne demande qu’à vous dessoiffer, et qui y réussit bougrement bien, aidé d’un melon et de jambon fumé (05)
  • ‘Tandem’ Côtes du Rhône Villages rouge 2014. 70 à 85 % grenache, 15 à 30 % syrah. De la structure, certes, mais sans excès. Un beau duo avec un tatin de lapin (06)

 

Revenu dans mes pénates, pourquoi ne pas prolonger les vacances en se faire plaisir ?

  • ‘Pompette’ vin de France rosé 2017. Cépage caladoc. Au palais, de la tendreté avec un peu d’âpreté. Un rosé de haut vol, ‘complet’, évolutif. De repas donc : ad hoc sur un colombo de porc bien relevé et purée de patate douce. (07)

 

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Et donc, le caladoc, quésako ?

Cet hybride rouge a été obtenue en 1958 par l’Institut National de la Recherche Agronomique de Montpellier en croisant le grenache et le côt (ou malbec), et ce dans le cadre de recherches visant à créer un cépage résistant à la coulure. Son succès est tel que des A.O.C. souhaitent l’intégrer à leur cahier des charges en tant que cépage accessoire. C’est le cas des Côtes du Rhône qui a à cette fin déposé un dossier auprès de l’I.N.A.O.

 

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Que retenir de tout cela ? Pas de mouron à se faire : voici des vins qui ont de la patte, sans chercher l’épate.

 

Olivier Mercier.

 

Mais encore :

Le clos des Mourres appartient à un collectif d’une bonne vingtaine de vignerons rhodaniens : ‘la Nouvelle Lune’.

Tous les membres ont une sensibilité et une éthique proches, travaillant en agriculture biologique, biodynamique voire en cosmoculture. Cette même philosophie du respect du vivant se traduit notamment ainsi :

  • proscription des désherbants et pesticides,
  • récolte manuelle privilégiée,
  • peu d’interventionnisme,
  • levures naturelles,
  • vinification sans ajouts chimiques.

Signe de qualité, sont membres notamment :

 

Où manger à Vaison-la-Romaine ?

J’ai déjà évoqué ‘Le Bonheur poursuit son cours’.

Il me reste à vous suggérer le restaurant-bar à vins ‘le Patio’ dans le centre-ville, à un jet de pierre des berges de l’Ouvèze. Un cadre aussi agréable que le service, une cuisine française qui tend à sortir des sentiers battus, une carte des vins attractive. De quoi passer un bon moment.

Adresse : 4, rue du Ventoux à 84110 Vaison-la-Romaine.
Téléphone : +33 (0) 4 90 65 53 82

 

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Coordonnées :

Le Clos des Mourres (Ingrid et Jean-Philippe Bouchet).
730, chemin de Buisson
Le Plan – « La Gerline »
84110 Vaison-la-Romaine
Téléphone : +33 (0) 9 75 46 43 10
Mobile de Jean-Philippe Bouchet : +33 (0) 6 74 65 98 32
Mobile d’Ingrid Bouchet : +33 (0) 6 07 51 06 70
Site : http://www.closdesmourres.fr/
Courriel : closdesmourres@orange.fr
Page FaceBook : https://www.facebook.com/domaine.closdesmourres?fb_dtsg_ag=AdwBJjx-9vlswqMA5HC8oPqoVcqlS-wRkQagZg0YxzAGyw%3AAdwY6reKPQJvtpXAI1ypbUumjPuh1D9TAq4Rcl3qoSl37w

 

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  1. 9, 50 euros. 12,5 %.
  2. Quelques 10 euros. 12,5 %.
  3. 11,50 euros. 13 %.
  4. 18,50 euros. 14 %.
  5. 10 euros. 12,5 %.
  6. 14 euros. 13,5 %.
  7. 9,50 euros. 12, 5 %.

 

Picpoul : un cépage, une A.O.C., un livre.

La plus importante A.O.C. en vins blancs tranquilles du Languedoc.

21583097-24572193Penchons-nous dans un premier temps sur le cépage picpoul ou encore piquepoul.

 

Il est mentionné dès 1384 sous le nom de  picapoll.

En 1600, Oliver de Serres, dans son traité  » Le Theatre d’Agriculture et Mesnage des Champs » l’évoque : « Non-plus aujourd’huy ne sont indifferemment recogneus, par toutes les Provinces, les noms des raisins, dont l’on use le plus en divers endroits de ce Royaume, qui sont (…) Pique-Poule… ». Ce qui, par ailleurs, démontre qu’à l’époque existait déjà des difficultés quant à la reconnaissance des variétés via leur nom.

Le philosophe John Locke, dans son ouvrage “Observations upon the Growth and Culture of Vines and Olives; The Production of Silk; the Preservation of Fruits” (1766) relate :  » They have about Montpellier these following sorts of grapes (…)  25. Piquepoul (…) black and very sweet, good for wine and for eating ».

Le picpoul, un cépage noir ?

Henri Marès, dans sa « Description des cépages principaux de la région méditerranéenne de la France » ( 1890) précise l’existence de trois variétés : noire, rose ou grise, blanche (01) : « La variété noire est la moins répandue ; la rose est la plus cultivée ; la blanche tend à se répandre (…) Les communes de Pomerols, Pinet, Mèze (…) Florensac (…) forment, sous le nom de vignobles de la Marine, le centre de la grande culture des Piquepouls ». Quant au « (…) piquepoul blanc : on le cultive plus spécialement dans les communes de Pinet et de Pomerols ».

Les variétés grise et noire ne sont quasi plus cultivées. Voici quelques données pour l’ensemble de la production en France  :

  • picpoul blanc : 1.529 hectares en 2011, 1.600 en 2013,
  • gris : 2 en 2011, moins de 2 en 2013,
  • noir : 60 en 2011, moins de 60 en 2013.

 

Voici pour le cépage. Qu’en est-il de l’actuelle Appellation d’Origine Contrôlée ?

 

DSCN27191923 : création de la cave coopérative de Pinet (02).

1945 : classement de  Piquepoul de Pinet  comme vin blanc du Languedoc.

1954 : Picpoul de Pinet  accède au rang de Vin Délimité de Qualité Supérieure déjà pour les seuls vins blancs, cependant alors élaborés au moyen des cépages suivants : picpoul blanc (70 % minimum), terret blanc (20 % minimum), clairette blanche ou rose (5 % minimum) (03).

1985 : accession à l’ A.O.C. Coteaux du Languedoc laquelle peut être complétée par le nom de Picpoul de Pinet, le vin étant désormais vinifié avec le seul picpoul blanc.

1992 : le syndicat de défense dépose un dossier auprès de l’Institut National des Appellations d’Origine pour une reconnaissance en A.O.C. spécifique.

1994-1995 : mise en place d’une bouteille syndicale exclusive dite « Neptune » : une flûte de type colonne dorique agrémentée de la croix du Languedoc et, en collerette, de vaguelettes (04).

2009 : la désormais A.O.C. Languedoc peut être complétée par la dénomination géographique Picpoul de Pinet en vin blanc tranquille.

2013 : l’ A.O.C. spécifique Picpoul de Pinet voit le jour (05) précisant qu’il y va de vins secs (06) dont les conditions de production sont devenues plus restrictives.

2017 :  L’A.O.C. est enregistrée et protégée au niveau européen.

 

Nous voici pas bien loin des rivages de  la Méditerranée, au fond du Golfe du Lion, au nord de l’Etang de Thau , au cœur du triangle Agde-Pézenas-Sète (07).

Le vignoble se déroule en pente douce vers l’Etang sur six communes du département de l’Hérault :

  • Castelnau-de-Guers,
  • Florensac,
  • Mèze,
  • Montagnac,
  • Pinet et
  • Pomérols,

bénéficiant d’un sol à haute teneur en calcaire et d’un microclimat méditerranéen très sec.

D’aucuns aiment à préciser que la zone géographique est divisée par l’antique et romaine via Domitia. Plus prosaïquement, elle l’est par l’A9. Voilà donc une opportunité d’arrêt et de découverte sur la route du Sud.

 

Picpoul de Pinet dénombre une surface en production de 1.400 hectares pour 2.400 actuellement délimité en A.O.C . Le cépage est donc quasi exclusivement cultivé dans cette seule aire géographique (voir ci-avant).

 

Les volumes commercialisés en A.O.C. ont très sensiblement augmenté :

  • 1975 : 2.800 hectolitres,
  • 1983 : 8.800,
  • 1985 : 13.000,
  • 1992 : 15.000,
  • 2017 : 77.000.

Aussi  est-ce la production la plus importante en vins blancs tranquilles du Languedoc-Roussillon : 61 % (08)

 

Situation aidant, le Picpoul de Pinet – habituellement commercialisé dans sa prime jeunesse – s ‘accorde de par son acidité avec les produits de la mer : coquillages (pensez aux locales huîtres de Bouzigues) , poissons, crustacés… Ou encore une tielle sétoise. Voire des moules en brasucade !

Mais au delà des accords marketé, ne vous désintéressez cependant pas du gras des fromages et charcuteries (ma foi, un saucisson au camembert…), voire une terrine landaise au foie gras de canard de la maison Jacques Barthouil.

 

Picpoul-de-PinetEvoquons enfin le livre : « Picpoul de Pinet, une odyssée viticole en Languedoc » (09). Le présent article est redevable d’un ouvrage réalisé à l’initiative du Syndicat des Vignerons de Picpoul de Pinet et du Conseil Interprofessionnel des Vins du Languedoc. Publication de commande certes mais de qualité, qui traite le sujet sous maints aspects, et avec franchise. Bellement illustrée qui plus est. En voici quelques éléments.

Fin du XVII° siècle, les vins de l’Etang de Sète fournissent la flotte française : l’expression « vignobles de la Marine » ou « la Marine » est née.

Le picpoul est un cépage tardif à pellicule fine sensible au botrytis. Faut-il dès lors s’étonner qu’à partir du XIX° siècle, il a été décliné en vin blanc liquoreux, moelleux ou doux (10) ?

Diversification encore et toujours : la première moitié du XIX° siècle voit apparaître la fabrication d’imitation de vins espagnols et portugais (Malaga, Madère, Jerez, Porto) à échelle industrielle. Le cépage y trouve un débouché important en volume, rapide en mise sur le marché et financièrement profitable.

Dans cette optique, durant la seconde moitié, le picpoul fournit majoritairement la matière première et qualitative des vermouths, apéritifs à base de vin et vins de liqueur confectionnés autour de l’Etang de Thau (Noilly-Prat, Saint-Raphaël…).  En 1953, les vermouthiers de Sète et les grands maisons d’apéritif (Dubonnet, Cinzano) permettent encore et toujours aux vignerons de sauver pécuniairment la mise :  la production de tels produits totalise 24 millions de bouteilles. Mais les années ’60 voient la chute libre de leur consommation. Cependant,  2/3 de la récolte encore vendu sous cette forme. Mais l’apparition du tourisme de masse et la création ex nihilo de la Grande-Motte (1965) et du Cap d’Agde (1970) changeront la donne vers plus de visibilité du cépage et de l’A.O.C.

 

Je me souviens d’un Picpoul de Pinet dégusté voici plus de vingt ans à la table d’un restaurant de Saint-Valéry-sur-Somme (si ma mémoire me sert bien). Une madeleine de Proust aux senteurs d’aubépine et de citron en quelque sorte.

Pourtant, au delà des quelques vignerons indépendants, des incontournables coopératives en accordailles avec  l’omniprésent négoce, c’est désormais hors de l’A.O.C. que j’apprécie la spontanéité du picpoul, certes alors difficile à dénicher. Mais qui cherche trouve…

Tenez !  Opi d’Aqui (Philippe Formentin) Pique Poule 2014 vin de France blanc. Un 100 %  picpoul récolté à… Pinet. Levures indigènes, vinification sans intrant, partiellement en barrique, ni filtration ni collage, pas de SO2 ajouté. Des notes herbacées. Sec. Frais. Que demander de plus ?

 

Buvez curieux !

 

Olivier Mercier.

 

N.B. : Opi d’Aqui (Philippe Formentin) Pique Poule 2014 a été dégusté aux Indigènes à Perpignan.

 

Bouzigue. Etang de Thau. Sète.

 

(01) Piquepoul blanc et gris sont des mutations du piquepoul noir.

(02) Dont Noilly-Prat achète l’intégralité de la première récolte.

(03) Ce passage ne sera pas un succès immédiat : seront déclarés en V.D.Q.S. en 1954 4.000 hectolitres soit 1 % de la production des vins blancs de la région de Pézenas et en 1955… 1.000 hectolitres.

(04) Elle est utilisée pour plus de 80 % des volumes commercialisés.

(05) L’étiquetage des vins peut préciser l’unité géographique plus grande Languedoc. L’émancipation n’est donc pas totale.

(06) La teneur maximale après fermentation en sucres fermentescibles (glucose et fructose) est de 3 grammes par litre.

(07) Autant savoir : l’Etang de Thau et le lido de Sète à Agde sont classés Natura 2000.

(08) Ces chiffres 2017 se ventilent ainsi : France 35 %, export 65 % (soit 57 % au Royaume-Uni, 11 % aux Etats-Unis et 8 % aux Pays-Bas). L’effet vacance ?

(09) Picpoul de Pinet, une odyssée viticole en Languedoc – texte de Marc Médevielle, photos d’Emmanuel Perrin, éditions de la Martinière, 2018, 144 pages, 25,00 euros

(10) Ce type de vinification (en Vin de Table) est toujours évoqué comme d’actualité dans Pierre Casamayor et Hubert Monteilhet, Vignes et vignerons du soleil. Des collines basques à la vallée de l’Hérault, éditions de Fallois, Paris, 1994.

Plaisance cuvée « Negret Pounjut » vin de France rouge 2017.

Un vin à boire à longs traits.

Quasi disparu car uniquement présent à l’état de traces dans d’anciennes parcelles, le négret (ou negret) pounjut s’avère être un très vieux cépage frontonnais qui se caractérise par ses baies pointues, d’où les synonymes de négret pointu ou encore (en langue d’Oc) négret ponchut.

Parent avec le prunelard. (tout comme la négrette), il n’a rien à voir avec le négret de Banhars (01) ou encore le négret Castrais (02).

Il produit – dit-on – un vin acide.

En 1991, Marc Penavayre (du château Plaisance) s’associe à l’exploitation de son père. Début 2000, l’exploitation des vignes devient de plus en plus saine. En 2006 apparaît le premier millésime en conversion vers l’agriculture biologique (certification Qualité France). A noter que la cuvée « Negret Pounjut » ne revendique pas de certification, mais le travail s’effectue suivant les mêmes principes.

Cépage négret pounjut.
Négret pounjut.

La parcelle de négret punjut est unique. Les vignerons ont prospecté une dizaine d’année pour concrétiser en 2014 leur projet.

Située sur la commune de Vacquiers (nord de Toulouse) sur la plus haute terrasse du Tarn, à une altitude 220 mètres (un des points culminants de l’A.O.C. Fronton), elle se compose de graves posées sur des argiles.

A la vigne :

– un travail sur le terroir,
– sans engrais ni désherbants, privilégiant les produits naturels,
– finalisé par une récolte d’une vendange mure, saine et triée.

Au chai :

– seules sont utilisées les levures naturelles,
– la fermentation intervient dans des cuves à ciel ouvert en pigeage,
– la macération est très courte (5 jours) afin de préserver le fruit.

Ce flacon 100 % négret pounjut s’affiche léger de robe. Le nez – généreux – exprime des senteurs de fruits rouges, de poivre. La faible teneur en alcool (10 % !) nous donne ce palais friand, gouleyant, fluide, avec juste ce qu’il faut d’acidité.

Un vin facile, ceci dit sans connotation péjorative. Que de rasades bues à larges traits. Une bouteille à ouvrir sur un barbecue ou pour le casse-dalle. Un vin de soif qu’on « chpopsse » avec les potes.

Comme quoi : le plaisir peut être simple.

Olivier Mercier.

Et j’évoque à nouveau ce domaine avec le cépage ahumat décliné en Comté Tolosan 2017.

Coordonnées :

E.A.R.L. de Plaisance (Marc Penavayre et Thomas Fantini)
Adresse : 102, place de la Mairie à 31340 Vacquiers.
Téléphone : +33 (0) 5 61 84 97 41
Téléfax : +33 (0) 5 61 84 11 26
Site : http://chateau-plaisance.fr/accueil
Courriel : chateau-plaisance@wanadoo.fr
Page FaceBook : https://www.facebook.com/chateau.plaisance/

N.B. : le vin a été acheté chez Paul et Patricia Sirvent du ‘Gré du Vin’ à Lille, déjà évoqué par mes soins par ailleurs et en d’autres temps.

01. Croisement fer servadou x manseng noir.
02. Croisement mauzac x morrastel.

Les Arabesques (Saskia van der Horst) cuvée « Lou Pal » vin de France rouge 2017.

Un vin qui file droit.

J’ai abordé plus longuement le domaine les Arabesques naguère et ailleurs.

Succinctement, Saskia van der Horst a récupéré dans un premier temps les vignes durant l’hiver 2012/2013, s’installant en février 2013 à Montner (Pyrénées-Orientales).

J’avais eu l’occasion d’apprécier les diverses cuvées sur les millésimes 2013 et 2014.

La vie est ainsi faite que je n’ai malheureusement pas goûté les 2015 et 2016.

 

« Je vais te servir une cuvée d’une cuvée d’une vigneronne que tu connais » !

Et de verser la cuvée « Lou Pal »  2017 : jeunes vignes de syrah.

 

Robe soutenue.

Nez très marqué par les fruits noirs.

Aux papilles, une fine acidité. Aussi, je conseille de carafer une quinzaine de minutes pour apporter un supplément de fruit et de rondeur.

Un vin de soif mais pas exempt de caractère, bellement associé à un cassoulet au confit de canard de la maison J. Barthouil. Mais pourquoi pas une charcuterie ou une grillade ?

 

C’est glou, c’est tout et c’est déjà beaucoup !

 

Olivier Mercier.

 

N.B. : le vin a été goûté et acheté chez Paul et Patricia Sirvent du ‘Gré du Vin’ à Lille, déjà évoqué par mes soins par ailleurs et en d’autres temps.

 

Coordonnées :

Les Arabesque
Saskia van der Horst
Adresse : 3-5, rue des Mimosas à 66720 Montner
Mobile : +33 (0) 6 77 90 88 13
Courriel : saskia.vanderhorst@googlemail.com
Page FaceBook : https://www.facebook.com/lesarabesques/?hc_ref=ARQ_0djkINiAa8-JBacS-arJCmqcMJCq02SLVOfVNnedJ9sFOcFShCHy2svLXcOW570&fref=nf

 

Caractéristiques :

Taux d’alcool : 12,5°
LPVDF17.

Château la Colombière cuvée « Le Grand B. » vin de France blanc 2015.

Le cépage bouysselet blanc possède indéniablement des qualités.

 

 

Le Tribunal civil de Première Instance de Toulouse le 28 janvier 1944 détermine les conditions d’attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l’appellation d’origine « Villaudric ».

Un arrêté ministériel du 2 avril 1951 entérine cette décision pour des vins rouges ou blancs

Les cépages pour ses derniers sont :

– 1er type : mauzac (50 %), blanquette, chalosse, jurançon blanc,

– 2ème type : sémillon, sauvignon et muscadelle.

La même juridiction, cette fois le 31 juillet 1945 détermine les conditions d’attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure’ aux vins bénéficiant de l’appellation d’origine « Fronton-Côtes du Frontonnais ».

Un arrêté distinct du 2 avril 1951 entérine lui aussi cette décision mais quant à des vins rouges, rosés ou blancs.

Les cépages pour ces derniers sont :

– 1er type : mauzac (sans précision de proportion), chalosse et blanquette uniquement,

– 2ème type : sémillon, sauvignon et muscadelle encore et toujours.

En 1970, ces deux V.D.Q.S. fusionnent, conscients de l’identité de leurs histoires et usages communs.

Aussi le décret du 7 février 1975 permet aux désormais dits « Côtes du Frontonnais » d’accéder à l’appellation d’origine contrôlée mais ne retient – ce qui est toujours d’actualité – que les seuls vins rouges ou rosés. A noter que « Côtes du Frontonnais » peut être suivi des noms de « Fronton » ou de « Villaudric ». Avec la particularité que les vins produits sur la commune de Fronton pouvaient revendiquer soit la mention « Côtes du Frontonnais-Fronton », soit la mention « Côtes du Frontonnais-Villaudric »? Alors que les vins produits sur la commune de Villaudric ne pouvaient   revendiquer que la seule mention locale…

Cette faculté est retirée par décret du 31 août 2015 relatif à ce qui est la nouvellement et uniquement dénommée A.O.C. « Fronton ».

 

Revenons à Villaudric où est implanté le château la Colombière.

La vigne y est présente depuis le XV° siècle.

Les propriétaires découvrent en 2009 quelques plants pré-phylloxériques francs de pied d’un cépage sombré dans l’oubli : le bouysselet blanc. Issu du savagnin du Jura et du plant de Cauzette béarnais (01), il est parfois appelé prunelard blanc (02).

Ces vignes de 200 ans ont fait l’objet en 2010 d’une sélection massale avec surgreffe sur pied de négrette.

 

La parcelle de 0,7 hectare de  bouysselet blanc,  orientée nord-est, se compose de galets de quartz à argiles rouges du Quaternaire.

Les vendanges sont manuelles.

Au château la Colombière, on applique les principes de la biodynamie (label Biodyvin).

La vinification se déroule sans SO2.et au moyen des levures indigènes.

 

La cuvée ‘Le Grand B.’ est 100 %  bouysselet blanc.

 

La première dégustation du 2015 révèle un vin simple et bien fait. Le nez évoque la poire, le nougat. Quant au palais, il ne faut pas lui demander plus qu’il ne peut offrir : tranchant, vif, il ‘claque’ en finale avec un ‘je ne sais quoi’ de minéral, de salin…

 

Comme l’association vin blanc sec/viande me convient de plus en plus, je me procure un saucisson forestier au marché dominical du quartier de Perrache (Lyon). Cuit dans du beaujolais (04), je l’accompagne d’une purée de pomme de terre vitelotte aromatisée au thé noir fumé qu’est le lapsang souchong (03).

 

A table, j’entame la deuxième dégustation de ce millésime et… Et bardaf, c’est l’embardée : l’accord est mauvais de chez mauvais !

En effet, contre toute attente, la bouche se révèle désormais doucereuse, à la finale délicate !

 

Quoi qu’il en soit – strict ou charmeur – le bouysselet blanc possède indéniablement des qualités olfactives et gustatives.

Depuis mai 2017, il est inscrit officiellement au catalogue des espèces et variétés de raisins de cuve cultivés en France (05) .

Qui sait – on peut rêver… –  si ce cépage ne trouverait pas ses heures de gloire dans une future A.O.C. « Fronton » blanc ?

 

Olivier Mercier.

 

Considérations techniques :

Taux d’alcool : 13,5 %.
Production : 4.000 bouteilles.

 

Cépage bouysselet blanc.

 

(01) Quant à lui proche du tannat.

(02) Alors qu’il n’a – ou n’aurait – aucun lien de parenté avec le prunelard noir.

(03) La cuire sans la piquer (elle s’imbibera par elle-même) une heure à feu doux.

(04) Prenez l’équivalent de trois grosses pommes de terre réduites en purée. Faites chauffer 20 centilitres de crème liquide. Infusez y le lapsang souchong 7 à 8 minutes pour bien l’extraire. Mélangez purée et crème aromatisée avec une pointe de sel. C’est tout.

(05) Arrêté du 30 mai 2017, J.O.R.F. n° 0134 du 9 juin 2017 à seule fin d’être complet.

 

Coordonnées :

Château La Colombière
Philippe et Diane Cauvin
S.C.E.A. Baron François de Driésen
190, route de Vacquiers (D63d)
31620 Villaudric
Téléphone :+33 (0 ) 5 61 82 44 05
Téléfax : +33 (0) 5 61 82 57 56
Site : https://www.chateaulacolombiere.com/
Courriel : vigneron@chateaulacolombiere.com
FaceBook : https://www.facebook.com/chateaulacolombiere/

N.B. : le vin a été acheté chez Paul et Patricia Sirvent du ‘Gré du Vin’ à Lille, déjà évoqué par mes soins par ailleurs et en d’autres temps.