Palerme (Sicile).

Ce serait bien le diable si je n’y retourne pas un jour…

Arrivé à Palerme, mes pas me guident, sans but précis, vers le quartier populaire du Borgo Vecchio. Un marché. Quelques échoppes dans la rue. Un bar à vins sans prétention. Où l’on vous accueille avec le sourire sans dévisager le touriste que vous êtes. Où le patron vous sert dans un verre sa meilleure bouteille alors que les habitués sirotent dans un gobelet en plastique un vin servi depuis une bouteille en plastique de récupération où il a été préalablement transvasé. Où le patron demande à un client de bien vouloir se déplacer afin que nous ayons les meilleures places à la meilleure table. Et le vin est bon. On en redemande.

 

DSCN4358

 

Telles sont les prometteuses prémices.

 

Les marchés ?

Il en est tant.

Il y a celui entre le Teatro Massimo et le Palazzo di Giustizia (Palais de Justice) où je n’ai pu malheureusement flâner.

 

DSCN4584

 

 

Faite le détour : aux abords du Palazzo sont gravés divers noms, dont celui de Giovanni Falcone. Devoir de mémoire.

Entre la via Roma et la Cala, le mercato della Vucciria (marché de la Vucciria) est le plus vieux de Palerme.

 

DSCN4906

 

La modeste Taverna Azzura voit sa fréquentation évoluer au fil des heures : la clientèle d’habitués du quartier cède progressivement la place  aux jeunes qui y ont font la fête jusque tard. Je me suis contenté d’y siroter à l’une ou l’autre occasion d’agréables crus locaux.

 

DSCN4899

 

C’est à la piazza Caracciolo que je me suis délecté à diverses reprises en toute simplicité : chez Da Jolly (I stigghiulari Tanino e Angelo). La spécialité ? Arrosto alla griglia (cuit au barbecue).

 

DSCN4895

 

 

Le stigghiola  (01) – également connu sous le nom de stigghiuola – est un plat de rue, populaire, cuit sur la braise par le stigghiularu : des intestins d’agneau (agnello) – mais aussi de chèvre ou de poulet –  lavés avec de l’eau et du sel, assaisonnés avec du persil ou autres fines herbes, avec ou sans oignon (cipolle) et embrochés, ou encore enroulés autour d’un poireau, cuits directement sur le grill, consommés chauds, assaisonnés de sel et citron.

 

DSCN4505.JPG

 

Dans le même ordre d’idée, mangia e bevi (02) est un autre plat de rue très facile à préparer et très bon marché que l’on peut également se procurer auprès des vendeurs de rue qui les grillent : la tige de jeunes oignons est  enrobée de lard (lardo) agrémenté le cas échéant d’un filet de citron.

 

DSCN4523.JPG

 

Incontournable : le vaste et bigarré mercato Ballarò à l’ombre de la torre di San Nicolò di Bari, dans le quartier populeux de l’Albergheria.

 

DSCN4512.JPG

DSCN4525.JPG

 

S’y sustenter au bord de la rue auprès d’un vendeur, appelé  meusari, d’un pane con (la) milza : un sandwich à base d’un pain – vastedda ou vastella – parsemé de graines de sésame, fourré de poumon de veau, de panse de porc, de rate (milza) hachés préalablement bouillis et frits dans du saindoux. Et l’usuel filet de citron si telle est votre envie.

 

mm-21bb-Copia

 

Mais tout ceci ne nourrit pas son homme (encore que…).

Restons dans le mercato Ballarò.

Va pour la spaghetteria-panineria Mangiamoci sù (03). L’établissement ne paie certainement pas de mine, mais on n’a pas boudé son plaisir.

Pour se rafraîchir : Semedorato Premium. Une bière sicilienne blonde,  légère, de soif.

Pour elle : trinacria  composé de gamberi, pesce spada, scorza di limone,  bottarga (écrevisses, espadon, zeste de citron, poutargue).

Pour moi : pâtes façon Mangiamoci sù  soit pesto, gamberi, panna, farina di pistacchi (pesto, écrevisses, crème, farine de pistache).

Plats simples, goûtus. Des prix riquiqui. Un soleil radieux. Un personnel sympa. Que demander de plus ?  Le vin ! Cantine Pellegrino ‘Tareni’ Denominazione di Origine Controllata Alcamo (04) blanc 2017. Un mono-cépage catarratto des plus corrects.

 

 

Des restaurants palermitains, il en est pléthore. Et de tous ordres. Vous en trouverez une sélection in fine du présent article.

 

Quittons Palerme.

 

DSCN5071.JPG

 

Monreale. Pour y accéder, vous traverserez la Conca d’Oro – la ‘coquille d’or ‘ – une petite plaine entourant Palerme et son arrière-pays, laquelle était, avant l’extension urbaine, une terre très fertile et y visiterez inéluctablement la magnificente cattedrale  (cathédrale) Santa Maria Nuova, fondée en 1172  par le Normand Guillaume II, roi de Sicile, érigée dans le style arabo-normand, bordée par le lumineux chiostro (cloître) (05).

 

DSCN5001

 

Derrière la cattedrale – côté abside – le Barrique.

Avec ses allures d’ancienne épicerie, l’endroit ne manque pas de charme.

 

DSCN5063

 

Autant boire local, la D.O.C. Monreale se déclinant dans les trois couleurs.

Fattorie Azzolino ‘Natturno’ cépage nero d’Avola 2016. Robe quasi noire. Massif. Long.

Du coin de l’œil, je regarde – amusé – la vidéo que diffuse la télévision : « Come musica » de Jovanotti.

 

57262789_2399710736740130_1541185891035250688_o.jpg

 

Pour faire trempette, nous avons rejoint non pas Cefalù mais Mondello, plus proche. Cet ancien village de pêcheur devenu station balnéaire présente un cachet quelque  peu désuet.

Du côté de la capitaneria di porto (capitainerie du port), la Trattoria Simpaty se montre avenante. On se laisse tenter

Involtini di spada (rouleaux d’espadon) en entrée.

Pesce pescato del giorno (pêche du jour) en l’occurrence du mérou (cernia).

Triglie (rouget).

 

DSCN4942.JPG

 

Pour accompagner : Alessandro di Camporeale ‘Benedè’ D.O.C. Sicilia blanc cépage catarratto 2017 (06) (07). Fleurs blanches, amande au nez. De la vivacité. De la fraîcheur.

Vue superbe et cuisine de qualité. On s’y attarde. Farniente.

 

Revenons à Palerme.

D’abord et à nouveau dans le quartier de la Vucciria.

 

DSCN4884.JPG

 

Sardina Pasta Bar. Pimpant. On s’installe en terrasse.

Pour l’un : cantine Florio ‘Oxydia’ cépage blanc zibibbo Indicazione Geografica Tipica Terre Siciliane : un vin ‘fortifié’ à la fois doux et amer.

Pour l’autre : cantine Pellegrino cépage malvasia (08) I.G.T. Terre Siciliane : autre vin ‘fortifié’ tout en délicatesse.

Les deux verres sont accompagnés de douceurs de qualité.

DSCN4886.JPG

 

Tout cela est bel et bon ! On échange ? « Jeune homme, remettez-nous la même chose, S.V.P. ».

 

DSCN4888.JPG

DSCN5111.JPG

 

Enotequa. Implanté pas bien loin des Quattro Canti, sa devanture m’avait accroché l’œil à diverses reprises.

Endroit cosy, intimiste : lumières tamisées et décoration que l’on croirait issue d’une brocante. Service amène.

Le temps de choisir la bouteille, la barmaid change de C.D. et prend la commande. Mais qui est donc ce chanteur français ? Pas moyen de mettre un nom sur cette voie qui m’est pourtant connue…

Cantine Russo ‘Luce di Lava’ D.O.C. Etna rosso 2013. 80 % nerello mascalese, 20 % nerello cappuccio sur le versant volcanique nord de l’Etna. Robe évoluée. Nez délicat. Bouche fluide, avec une touche boisée.

Et cette voix qui me turlupine. Et entonne « Ma Vie ». Alain Barrière ! Qui s’en souvient ? Suivra Gilbert Bécaud.

 

DSCN5093.JPG

 

Le lendemain, le centre historique traversé par la procession du Vendredi Saint ne favorise pas les déplacements pédestres. Retour dès lors dans le même bar à vins. J’ouvre la porte et … « Ma vie  – J’en ai vu des amants  – Ma vie – L’amour ça fout le camp… » Alain Barrière encore et toujours !

Terre di Gratia ‘Dama Rossa’ D.O.C. Sicilia rosato 2018 cépage perricone : l’Italie et les vins rosés, c’est à mes yeux une histoire difficile…

Suivront Gilbert Bécaud et Aznavour.

 

On ne peut finir l’évocation de Palerme sans mentionner les pâtisseries que l’on retrouve à tous les coins de rue.

Bar Santoro se cache dans un parc du quartier de la Porta Nuova, derrière le palazzo dei Normanni (palais des Normands) et la cappella palatina (chapelle palatine).

Des douceurs à profusion. Non seulement les incontournables canolli (09) mais aussi les spécialités de Pâques que sont la cassata (10),  l’agnello pasquale/pecorelle (11) ou encore la colom(bi)na pascale/di Pasqua (colombe pascale/de Pâques).

 

DSCN5075.JPG

 

Dans cette ville saupoudrée d’églises, chapelles, clochers, niches votives… ce serait bien le diable si je n’y retourne pas un jour…

 

Olivier Mercier.

 

Et si vous voulez en apprendre plus sur Palerme, ce vous conseille ce documentaire de la Rai 1.

 

 

N.B. : en restauration, le couvert (coperto) est facturé quasi toujours en sus, ce qui est en principe annoncé.

 

Taverna Azzura

Adresse : via Maccheronai, 15 à 90100 Palerme.
Page FaceBook : https://www.facebook.com/Taverna-Azzurra-833715610046416/

Spaghetteria-panineria Mangiamoci sù

Adresse : via Nunzio Nasi, 12 à 90128 Palerme.
Bière : 2 euros.
Trinacria : 10 euros.
Mangiamoci sù : 8 euro.
Cantine Pellegrino : 15 euros.
Page FaceBook : https://www.facebook.com/Mangiamoci-s%C3%B9-1814951758792774/?utm_source=tripadvisor&utm_medium=referral
Visite du 14 avril 2019.

 

Le Barrique

Adresse : via Arcivescovado, 4 à 90046 Monreale.
Fattorie Azzolino : 18 euros.
Page FaceBook : https://www.facebook.com/Le-Barrique-Monreale-597275537096165/
Visite du 19 avril 2019.

 

Trattoria Simpaty

Adresse : via Piano di Gallo, 18 à 90151 Mondello.
Coperto : 2 euros par personne.
Involtini di spada : 13 euros.
Pesce pescato del giorno : 50 euros le kilo.
Cernia : 15 euros.
Alessandro di Camporeale : 18 euros.
Site : http://www.simpatymondello.com
Page FaceBook : https://www.facebook.com/pages/Sympaty/167652643293718?__tn__=%2CdkC-R-R&eid=ARBTII-e2VUWJojSXihVPFRziLpb5USj62Qd9Zb4C9KliELFGAgKJ6qOu2O9i-8yhXgcPTa5NowxKWfX&hc_ref=ARTy5ExxdS_hxpoNnZoT99MFYOCU2hUf3sgyuF-seBwplCqQqZwH2Fh7dd4feKT5SkY&fref=tag&rf=155900767764115
Visite du 18 avril 2019.

 

Sardina Pasta Bar

Adresse : via Cassari, 41/43 à 90133 Palerme.
Site : http://www.sardinapastabar.it/
Page FaceBook ; https://www.facebook.com/SardinaPastabar/
Visite du 17 avril 2019.

 

Enotequa

Adresse : via Maqueda, 274 à 90134 Palerme.
Cantine Russo : 35 euros.
Terre di Gratia : 35 euros.
Visites des 18 et 19 avril 2019.

 

Bar Santoro

Adresse ; piazza Indipendenza à 90129 Palerme.
Page FaceBook : https://www.facebook.com/Bar-Santoro-284390882209204/
Visite du 19 avril 2019.

 

SELECTION TOUTE ALEATOIRE DE RESTAURANTS.

 

Trattoria Al Cancelletto Verde

Etablissement proche du teatro Politeama, dont nous avons franchi le seuil par hasard. Globalement, le rapport qualité-prix est correct. Mais le service est d’une telle lenteur… Et comme la cuisine est de type ouverte, nous avons été gratifiés de la prise de tête entre le serveur et le chef.

Donnafugata cuvée ‘Prio’ Lucido (12) D.O.C. Sicilia blanc 2018. Joliment fruité. A maturité.

Adresse : via Riccardo Wagner, 14 à 90139 Palerme.
Coperto : 3 euros par personne.
Donnafugata : 25 euros.
Page FaceBook : https://www.facebook.com/pages/Al-Cancelletto-Verde/162970367047570
Visite du 12 avril 2019.

 

Fly Café

Toujours du côté du Teatro Politeama. Tout à la fois caffetteria, rosticceria, gelateria, pasticceria (café, snack, glacier, pâtissier). Prix tout doux pour deux taboulés bons et copieux, vin compris. Ou une erreur dans l’addition…

Feudi Branciforti dei Bordonaro ‘Syrah’ I.G.T. Terre Siciliane 2016. Gouleyant mais pas sans corps. Sans chichi et correctement vinifié.

Adresse : via Mazzini, 2/2A -/piazza Nascè 7/8 à 90100 à Palerme.
Total : 18 euros.
Page FaceBook : https://www.facebook.com/pages/category/Bar/Fly-Caf%C3%A9-183560438512129/
Visite du 13 avril 2019.

 

La Brace Polleria

Pas bien loin des installations portuaires, un établissement qui, comme son nom l’indique,  est principalement dédié au poulet grillé. Du niveau d’une bonne brasserie.

Principe di Corleone ‘Miaterra’ I.G.T. Terre Siciliane 2018 cépage grecanico. Vin blanc sans intérêt.

Adresse : via Principe di Scordia, 105/107 à  90139 Palerme.
Coperto : un euro par personne.
Spaghetti con vongole : 10 euros.
Coscia disossata con patatine fritte (cuisse desossée et frites) : 4 euros.
Bière Peroni Gran Riserva puro malto : 4 euros. Bof…
Principe di Corleone : 15 euros.
Site : https://www.labracepalermo.com/
Page FaceBook : https://www.facebook.com/pg/pollerialabrace/about/?ref=page_internal
Visite du 17 avril 2019.

 

 

Casa del Brodo dal Dottore

Si vous souhaitez absolument y aller, il est conseillé de réserver. Lieu qui m’a été recommandé, mais… Parmi d’autres reproches, l’accueil et le service hautains. Heureusement, c’est ici l’exception qui confirme la règle, tant le Palermitain est accueillant.

On s’est néanmoins fait plaisir avec un  remarquable vin rouge : azienda agricola Cos Denominazione di Origine Controllata e Garantita Cerasuolo di Vittorio (13) Classico 2015 (14). Cépages nero d’Avola et frappato.

Adresse : Corso Vittorio Emanuele, 175 à 90133 Palerme.
Az. agr. Cos : 25 euros.
Site : http://www.casadelbrodo.it/
Visite du 14 avril 2019.

DSCN4604

Antica Birreria Moretti

En vis-à-vis du Teatro Politeama, un établissement de type brasserie tout ce qu’il y a de plus correct.

Adresse : piazza Castelnuovo, 34 à 90141 Palerme.
Page FaceBook : https://www.facebook.com/AnticaBirreriaMoretti/

 

Le tout sans oublier Trattoria di mare Aja Mola et Gagini social restaurant, déjà évoqués en ces pages.

 

DSCN4382.JPG

 

  1. Au pluriel : stigghiole.
  2. Soit ‘manger et boire’.
  3. La traduction deMangiamoci sù’ est ‘Mangeons là-haut’. En fait, l’établissement se situe dans le bas du mercato Ballarò.
  4. Cette O.C. est située au sud-ouest de Palerme.
  5. L’ensemble relève du patrimoine mondial de l’Unesco.
  6. Agriculture biologique IT-BIO -004.
  7. Plus précisément : cépages catarratto comune et lucido.
  8. La malvasia bianca n’a rien à voir avec le cépage malvoisie.
  9. Le cannolo siciliano est un rouleau de pâte frite remplie d’une farce sucrée et crémeuse – généralement – à base de ricotta, garni de fruits confits et saupoudré de sucre glace (mais il est des variantes).
  10. La cassata – gâteau de printemps traditionnellement servi à Pâques – se compose notamment d’un biscuit de type génoise garni de ricotta aux fruits confits. Rien à voir avec le dessert glacé.
  11. Cette spécialité sicilien qu’est l’agneau pascal se confectionne avec de l’amande (mandorla) et du sucre : roboratif.
  12. Lucido étant le nom historique du cépage catarratto. Encore que l’on distingue catarratto comune et cataratto extra lucido et catarratto lucido…
  13. Cerasuolo di Vittorio est sise au sud-est de l’île. C’est la seule D.O.C.G. sicilienne.
  14. Agriculture biologique IT-BIO-004.

DSCN4412.JPG

 

 

 

Gagini social restaurant (Palerme – Sicile).

Bluffant !

Palerme. Centre historique. Quartier de la Vucciria. Son  nom trouve son origine dans le mot français boucherie : à l’époque angevine il y avait là un abattoir.

Retour en arrière. En 1265, le pape Urbain IV attribue en fief  le royaume de Sicile (composé non seulement de l’île mais aussi du sud de la péninsule dont Naples) au capétien Charles I, comte d’Anjou et de Provence, le plus jeune des frères du roi de France Louis IX  (Saint-Louis). Son règne est très vite exécré des Siciliens. Le lundi de Pâques 30 mars 1282 survient la révolte des ‘vêpres siciliennes’. Une rixe à Palerme entre la foule et la soldatesque française (et les représentants de l’administration royale) s’étend le lendemain à Corleone puis à l’ensemble de l’île. De très nombreux Français sont massacrés. Fin de la période angevine (01).

 

Engagez-vous dans la via Cassari, en direction de la Cala (marina de Palermo). Vous y trouverez le restaurant Gagini, implanté dans un bâtiment du XVIe siècle.

Retour en arrière. Le sculpteur palermitain Antonio Gagini (1504-1537)  y avait installé son atelier.

 

Gagini a ouvert ses portes le 29 septembre 2013.

Ses lignes directrices ?  Une approche biologique des produits achetés en circuit court  :

  • saveurs authentiquement siciliennes,
  • produits issus en direct d’entreprises responsables de la nature et de ses rythmes.

 

Mais il est temps de franchir le pas de la porte.

 

Nous voilà plongés dans une ambiance feutrée, tamisée, intimiste, au cadre baroque, enveloppés d’une musique aux notes jazzy.

DSCN5120.JPG

Le choix est offert : menu ou à la carte ?

 

On commence par une bulle (bollicina) : Tasca Conti d’Almerita Tenuta Regaleali cuvée ‘Almerita Contessa  Franca’  chardonnay spumante extra brut  Denominazione di Origine Controllata Contea di Sclafani 2010. Issu d’une appellation située entre Palerme et Agrigente  ce pétillant en méthode classique pour la prise de mousse et élevage sur lies pendant 60 mois est remarquable. Le guide ‘Gambero Rosso‘ 2018  le décrit en ces termes (02):  » Crémeux et fin dans les notes de fruits tropicaux, ce vin se situe dans l’excellent niveau du reste de la production. » Que dire de plus ?

Contessa-Franca.jpg

Parmi les amuse-bouches, un étonnant et succulent macaron à la purée de tomate.

DSCN5130.JPG

On démarre donc sur les chapeaux de roue. Et ce n’est que le début.

DSCN5133.JPG

Deux poissons : un rouget (triglia di scoglio) et un sébaste (scorfano). Parfaits.

DSCN5134.JPG

A mettre en évidence : un service impeccable et attentif de et sous la surveillance de la responsable de salle.

Même l’huile d’olive vous est présentée.

 

Arrive un ‘pré-dessert ‘: yaourt, fruit, biscuit, le tout – harmonieux – jouant parfaitement son rôle : remettre les papilles à zéro.

DSCN5137

Voici le clou de la soirée, en l’occurrence le dessert intitulé Saveurs d’Italie (Sapori di Sicilia). Couscous doux, sorbets respectivement de céleri, tomate et câpre. Extraordinaire.

DSCN5139.JPG

 

Et l’on finit par quelques savoureuses mignardises.

DSCN5142

La carte des vins s’avère de haut vol : plusieurs centaines étiquettes, siciliennes bien sûr mais aussi françaises.

DSCN5128.JPG

DSCN5129.JPG

Le choix se porte sur l’azienda agricola Barraco (03) cuvée ‘Bianco R.C.’ 2017 dont la particularité est d’être élaboré à base d’un cépage local blanc oublié puis  retrouvé (reliquia)  : le catanese bianca.

Premier contact  – comment dire… –  désarçonnant . Son manque de fruité sans doute. Mais il a judicieusement accompagné les plats. Il faut juste d’autre part lui laisser le temps de s’ouvrir et de s’exprimer.

DSCN5143

Bref : bluffant. Un grand moment de cuisine inventive et délicate. Chaque bouchée est un véritable plaisir visuel, olfactif, gustatif.

Le tout sous couvert d’un superbe rapport qualité-prix.

 

Olivier Mercier.

 

Compte-rendu de visite du 19 avril 2019.

 

Coperto : 3 euros par personne.
Bollicina : 13 euros le verre.
Barraco : 35 euros.
Triglia di scoglio : 26 euros.
Scorfano : 26 euros.
Sapori di Sicilia : 12 euros.

 

  1. Evénement qui a inspiré Giuseppe Verdi pour son opéra en cinq actes : ‘Les Vêpres siciliennes’.
  2. « Cremoso e fine nelle note di frutti tropicali l’Extra Brut Contessa Franca ’10 e su livelli eccellenti il resto della produzione » (p. 929).
  3. Barraco Antonino est installé à Marsala

 

Coordonnées :

Gagini social restaurant
Adresse : via Cassai, 35 à 90133 Palerme
Téléphone : +39 091 589918
Site : http://www.gaginirestaurant.com
Courriel : info@gaginirestaurant.com ou gaginirestaurant@gmail.com
Page FaceBook : https://www.facebook.com/GaginiRestaurant/
Ouvert tous les jours : 12.30-15.00 et 19.30-23.30

 

57232193_2743563972384057_7725607509267841024_n

Agrigente (Sicile).

Un plaisir de la table évident, généreux

Evoquer Agrigente (Agrigento) – où est né l’auteur Luigi Pirandello – c’est évoquer la célèbre vallée des Temples (valle dei Templi), colonie grecque construite au VI° siècle avant Jésus-Christ, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Il n’est cependant pas ici question d’un guide touristique quant à cette ville dont le centre historique ramassé sur lui-même est traversé par la via Atenea.

De là la force des jarrets vous amènera jusqu’à la cathédrale (cattedrale) fondée au XI° siècle par les Normands (01).

 

DSCN4663

 

Besoin de souffler ? Au bout de la via Duomo côté via delle Mura vous trouverez le bar-pâtisserie (pasticceria) Don Bosco et pourrez – si la période s’y prête – déguster une spécialité sicilien : un agneau pascal (pecorelle/agnello pasquale). Amande (mandorla) et sucre : roboratif certes mais vous redescendrez en vous perdant quelque peu par les ruelles tortueuses.

 

Capture agneau pascal

 

Pas bien loin de la gare, en retrait de la piazzetta Vadalà : Pititto.

 

DSCN4627

 

Nécessité faisant loi, je me suis exceptionnellement laissé convaincre par un rabatteur. Pas déçu au bout du compte.

Cadre clair. Service agréable, sans être trop maniéré. Une quarantaine de couverts en salle, outre la terrasse.

 

DSCN4610.JPG

 

Qui des spaghetti aux oursins (spaghetti al ricci/riccio di mare) (14 euros), qui un espadon  en croûte de couscous, pistaches et légumes cuits (pesce spada in crosta di couscous con pistacchio e verdure lesse) (15 euros).

 

DSCN4615.JPG

DSCN4614.JPG

 

La carte des vins ne sélectionne que des producteurs siciliens : des classiques surtout, tel Planeta ou Baglio del Cristo di Campobello. Cos – domaine que j’affectionne particulièrement – est représenté.

Autant partir à la découverte : va pour Firriato cuvée ‘Jasmin’ Zibbibo blanc sec (bianco secco) Indicazione Geografica TipicaTerre Siciliane 2017. Le zibibbo – un des cépages blancs phares de la Sicile – nous est plus connu sous le nom de muscat d’Alexandrie. J’ai plutôt l’habitude de le boire avec un sucre résiduel bien présent. Même ici vinifié en sec, il déroule sur la langue un peu de tendreté. Joliet.

Pour en terminer : le dessert sicilien qu’est le canollo (02).

 

DSCN4626.JPG

 

Tout cela étant de belle facture et à prix correct (03), on retourne donc.

Salade de poulpe et seiche (insalata di polpo e seppie) (12 euros).

 

DSCN4864.JPG

 

Timbale de pâtes de type cavatelli (04), sériole (05) à la mode d’Agrigente, artichaut (timballo di cavatelli con ricciola all’Agrigentina, carciofo) (14 euros).

 

DSCN4869.JPG

 

Filet du pêcheur (paranza di pesce) (14 euros).

 

DSCN4868.JPG

 

Pour le vin : Cusumano cuvée ‘Catarratto’ Denominazione di Origine Controllata Sicilia 2017(18 euros). Ce cépage blanc très répandu en Sicile fait montre d’un nez évolutif et d’une bouche évoquant le calcaire. Joliet également.

Dessert sicilien traditionnel encore et toujours, et de circonstance : la cassata (4,50 euros) (06).

 

20190419_173253

 

Confirmation donc.

 

Dirigeons nos pas vers la via Atenea : à droite, visible dans un coude de la via Porcello : àPutia Bottega Siciliana.

 

DSCN4684.JPG

 

Ambiance jeune au son des Black Eyed Peas.

Possibilité de petite restauration, mais on s’est contenté – doux euphémisme – d’une bouteille d’Arianna Occhipinti vigneronne incontournable de l’île pour son travail en agriculture biologique sans produits chimiques : cuvée ‘SP68’ bianco I.G.T. Terre Siciliane 2016. ‘SP68’ est le nom de la route (strada provinciale) qui longe la parcelle des vignes à l’origine de ce blanc composé à 40 % du peu connu (en ce qui me concerne) albanello et à 60 % de zibibbo. J’ai la chance de pouvoir régulièrement (re)découvrir les diverses cuvées d’Arianna Occhippinti et les ai toujours appréciées. De même ici : de très belle facture, le vin se livre en toute simplicité mais n’est pas exempt de nuances parfois originales tant au nez qu’au palais.

A été gracieusement mise à disposition notamment une plantureuse assiette de charcuterie, olives et fromage grignotée avec plaisir.

 

DSCN4687.JPG

 

En sortant tout droit d’àPutia, la via Vela et le restaurant (ristorante) Naif (07).

En apéritif, une bière sicilienne blonde Semedorato ‘Premium » (3 euros) des plus rafraîchissantes.

Friture de poisson (frittura di pesce) (14 euros).

Légumes grillés (verdure grigliate) (5 euros).

Poulpe à la Luciana (polpo alla Luciana), un plat simple originaire de Campanie (14 euros).

Tout cela est des plus corrects (06).

Sur la table également la coopérative locale Canicatti cuvée ‘Fileno’ D.O.C. Sicilia cépage grillo 2017 (16 euros), un des cépages blancs emblématiques de la Sicile.

J’ai déjà sur ce blog évoqué cette coopérative qui travaille essentiellement en viticulture traditionnelle. Mais perdu de vue avoir déjà goûté cette cuvée sur 2016. Mauvaise pioche pour accompagner les plats. Doucereux, il s’agit plutôt d’un vin d’apéro qui à ce titre fait le job.

 

Il est inconcevable de ne pas flâner le long de la viale della Vittoria, dont le belvédère offre une magnifique vue sur la vallée des Temples et la Méditerranée. Le bar tabac librairie (bar tabacchi edicola) del Viale vous accueille en toute simplicité, avec gentillesse. Et là aussi nombre d’en-cas vous seront proposé gracieusement. Les petits appétits en auront fait leur repas.

 

 

Bouclons doublement la boucle. A côté de Pititto évoqué ci dessus : enoteca ‘Nzolia sur la piazzetta San Calogero.

 

DSCN4854

 

Nous ne nous sommes pas restaurés dans cette établissement cosy proposant une large sélection de vins d’Italie et d’ailleurs.

Le dévolu se porte sur une flûte de pétillant (bollicine) blanc (4 euros) : Firriato cuvée ‘Charme’ bianco frizzante I.G.T. Terre Siciliane 2018. Cet assemblage de cépages autochtones avec prise de mousse en autoclave (08) s’avère plutôt perlant, quelque peu fruité sur le palais. Plaisant.

Et encore et toujours mise gracieusement à disposition une copieuse assiette de charcuterie et fromage.

 

DSCN4848.JPG

 

Telles sont les quelques adresses recueillies au hasard de mes pérégrinations. Mais il doit y en avoir bien d’autres.

Je retiens de ce séjour agrigentin un plaisir de la table évident, généreux. Et des gens souriants.

 

Olivier Mercier.

 

Compte-rendu de visite des 15 et 16 avril 2019.

 

Adresses :

Pasticceria Don Bosco
Via Duomo, 32
92100 Agrigente

Pititto
Piazzetta Vadalà 2/3
92100 Agrigente

àPutia
Via Porcello, 18/20
92100 Agrigente

Naif
Via Vela, 8
92100 Agrigente

Bar del Viale
Viale della Vittoria
92100 Agrigente

‘Nzolia
Piazzetta San Calogero
92100 Agrigente

 

  1. Les Normands régnèrent sur le sud de l’Italie et la Sicile durant les XI° et XII° siècles.
  2. le cannolo siciliano consiste en un rouleau de pâte frite remplie d’une farce sucrée et crémeuse – généralement – à base de ricotta, garni de fruits confits et saupoudré de sucre glace (mais il est des variantes).
  3. 42,50 euros avec les à côtés (apéritifs et bouteille d’eau pétillante), incluant deux euros par personne au titre de couvert (coperto).
  4. Petites pâtes aux bords roulés.
  5. Une variété de poisson pêchée notamment en Méditerranée.
  6. La cassata – gâteau de printemps traditionnellement servi à Pâques – se compose notamment d’un biscuit de type génoise garni de ricotta aux fruits confits. Rien à voir avec le dessert glacé.
  7. L’addition s’alourdit de frais de service (servizio) de 10 %.
  8. Dans la méthode de la cuve close (dite italienne ou Martinotti), la prise de mousse ne se réalise pas en bouteille mais dans une cuve sous pression ou autoclave. Le vin blanc déjà fermenté, additionné de sucre et levures, est placé dans des cuves fermées, étanches à la pression et thermo-régulées pour y connaître une seconde fermentation. Le Piémontais Federico Martinotti inventa cette méthode en Italie en 1895, identique à celle d’Eugène Charmat mise au point en 1907.

Trattoria di mare Aja Mola (Palerme – Sicile).

Une cuisine italienne où poissons, fruits de mer et vins naturels se complètent.

Aja Mola – ouvert fin juin 2018 – puise son nom d’un chant ancien entonné par les pêcheurs siciliens pendant la mise à mort des thons.

La trattoria est implantée dans le centre historique (quartier Castellammare) et plus précisément dans la rue qui du marché de la Vucciria mène à la Cala (marina de Palermo).

DSCN4883

Quelques tables à l’extérieur. A l’entrée, la vitrine des poissons, crustacés, mollusques et fruits de mer du jour se prolonge par la cuisine ouverte. Un cadre contemporain, lumineux et épuré regroupe une dizaine de tables. Adossé à la cuisine ouverte, un comptoir et quelques tabourets. Nous y voilà installés.

Nous assisterons donc de visu aux prestations du chef Giuseppe Calvaruso (lequel nous décrira dans la mesure du possible les plats en français) épaulé de Johnny Di Fazio.

Ambiance relativement informelle, personnel amène : on se sent directement à son aise.

Pour me nettoyer les papilles, une bière blonde de la birrificio Menabrea (01) : « La 150 ». Implantée dans le nord de la botte, elle se renseigne comme étant la plus ancienne brasserie italienne en activité (1846) dans la péninsule.

DSCN4482

Pour elle un pétillant (bollicine) au verre (calice) : domaine Jo Landron « Atmosphères » 2015. Une méthode traditionnelle française de qualité (02).

Autant signaler ici dès à présent que la carte clairement orientée nature, bio, biodynamie fait la part belle aux vins siciliens, outre quelques bouteilles d’autres régions de l’Italie, et dans une moindre mesure de France, d’Allemagne, d’Autriche. Et la souriante sommelière Laura Carollo vous orientera si besoin est dans cette sélection bien fournie.

DSCN4475.JPG

Pour commencer (antipasti) : poulpe grillé (polpo grigliato/al carbone), citron de la variété verdello, olive de la variété nocellara et crémeux au raifort. (cremoso al rafano) (03). De très bon augure : belle cuisson avec un assaisonnement délicat.

DSCN4488

Délicieuse bouillabaisse de poisson (bouillabaisse di pesce) que j’apprécie pour ses saveurs terre-mer (04).

DSCN4490.JPG

Le poisson du jour au barbecue (il pescato/pesce del giorno al barbecue) au barbecue choisi à l’étal s’avère être un rouget accompagné d’une salade verte et d’une mayonnaise maison (05). Grillé à point : excellent.

DSCN4491

Pour accompagner : azienda agricola Rallo « Av01 » 2017 cataratto orange Indication Géographique Protégée (Indicazione Geografica Protteta) Terre Siciliane 2017 (06). Premier millésime de cette cuvée confectionnée avec le cépage blanc autochtone qu’est le cataratto. Coup d’essai, coup de maître : beaucoup de fraîcheur, de buvabilité pour ce vin sans sulfite ajouté (07).

DSCN4501

En dessert, je ne résiste pas à la copieuse mais succulente spécialité locale qu’est le cannolo siciliano (08) soit un rouleau de pâte frite remplie d’une farce sucrée et crémeuse – généralement – à base de ricotta, garni de fruits confits et saupoudré de sucre glace (mais il est des variantes).

DSCN4499

Histoire de terminer ce délicieux moment, un délicat Passito di Pantelleria (09) (10).

 

Comme nous avons été conquis, nous y sommes retournés. On n’a que le plaisir que l’on se donne. Mêmes tabourets.

L’entame de la soirée consiste en un verre de Ciro Picariello « Brut Contadino » vin mousseux de qualité (vino spumante di qualità) originaire de Campanie. Le cépage fiano di Avellino produit ici de jolies bulles aux notes citronnées.

DSCN4910

En confiance, on se laisse guider par le chef et ses suggestions.

Tartare de poisson : thon rouge, câpres (cucunci), wazabi. Parfaitement exécuté.

DSCN4913.JPG

Moules aux asperges. J’avoue que j’étais curieux de goûter cette association. Indéniablement conquis.

DSCN4914.JPG

Quant au vin : Aldo Viola « Krimiso » cataratto I.G.P. Terre Siciliane 2017 (11). A nouveau le cépage cataratto, soumis à une longue macération (quelques cinq mois) : Sec, très sec. Tendu. Un véritable blanc de repas.

DSCN4917

On sort des lieux avec la confirmation de tout le bien précédemment pensé.

 

Et le hasard fait bien les choses… Suite à une absence de réservation dans un autre établissement, nous voilà contraints de revenir à Aja Mola. Il est de ces douces violences !  Mêmes tabourets.

Va pour le menu à 50 euros dès lors que nous avons été séduits par nos deux premiers passages. Cinq plats suivant la libre inspiration du chef.

Ceviche de thon, céleri, caviar de truite (caviale di trota), menthe, pain toasté (pane atturato). Belle texture du poisson grâce à une très délicate marinade.

DSCN4955.JPG

Seiche (seppia), artichaut (carciofo), tuma persa (12), vinaigre, menthe. Très frais, bien équilibré, où le tuma persa tient son rôle : association étonnante mais réussie.

DSCN4957.JPG

Spaghetti, ail (aglio), piment (peperoncino), oursin. Joli touché de bouche pimenté : une véritable découverte. On en redemanderait !

DSCN4958.JPG

Thon à l’unilatérale, feuilles de bette, asperges vertes, citron caviar, soja, miel. Bellement exécuté, où le citron caviar apporte une touche de fraîcheur.

DSCN4961.JPG

Pour en terminer, qui un sorbet au fruit de la passion qui de rafraîchissantes billes de fruits de saison (frutti di stagione). Lesquels sont mis en valeur dont une poire savoureuse.

DSCN4968.JPG

Toujours un sans faute plein de saveurs.

A menu d’exception, vin d’exception : Francesco Guccione « BC » (13). Les étiquettes de ce domaine sont parfois, voire souvent évasives. Pas d’appellation revendiquée. « BC » signifie néanmoins « Bianco di Cerasa » (14). Est-ce un 2014 ? Bref, peu importe finalement… Car cet assemblage de trebbiano et cataratto attire et retient l’attention : nez évoluant entre orange et angélique confite. Sec en attaque et miellé en finale. Un superbe travail dans une optique biodynamique pour ce domaine membre de la « Renaissance des Appellations ».

DSCN4970

Vous l’avez compris : nous ne pouvons que vous recommander chaudement cette adresse de produits frais dont la cuisine peut paraître – faussement – simple au premier abord mais qui démontre un indéniable savoir-faire. Le tout à prix doux.

 

Olivier Mercier.

 

Compte-rendu de visite des 13, 17 et 18 avril 2019.

P.S. : en lisant les prix ci-dessous, n’oubliez pas qu’en restauration le couvert (coperto) est facturé (en l’occurrence deux euros par personne) quasi toujours en sus, ce qui est en principe annoncé.

  1. Six euros.
  2. Huit euros.
  3. Seize euros.
  4. Quinze euros.
  5. Prix variable, au poids. En l’occurrence : 9 euros.
  6. 29 euros.
  7. Agriculture biologique IT-BIO-07. 13°. 29 euros.
  8. Cinq euros
  9. Un vin de raisins passerillés produit sur l’île sicilienne de Pantelleria en Dénomination d’Origine Protégée (Denominazione di Origine Protetta).
  10. Cinq euros.
  11. Agriculture biologique IT-BIO-04. 13°. 33 euros.
  12. Un fromage sicilien aux saveurs piquantes.
  13. 13,5°. 31 euros.
  14. Soit « Blanc de Cerasa ». Le lieu-dit Cerasa se situe à quelques 40 kilomètres au sud de Palerme à une altitude de 480 mètres, dans la D.O.P. Monreale.

DSCN4598

Coordonnées :

Adresse : via dei Cassari, 39 à 90133 Palerme
Téléphone : +39 33 41 50 83 35 ou +39 09 16 11 91 59 ou +39 09 17 29 65 99
Site : http://www.ajamolapalermo.it/en/
Courriel : info@ajamolapalermo.it
Page FaceBook : https://www.facebook.com/ajamola.trattoriadimare/
Horaires : du lundi au dimanche : 12.30-15.00 et 19.30-23.00.

DSCN4474.JPG

Voir Naples et discourir (seconde partie).

Et tout doucettement appréhender l’âme napolitaine…

Et toujours pas l’ombre d’une pizza écrivais-je.

 

Une adresse conseillée à diverses reprises pas bien loin de la piazza Cavour : Lombardi 1892 (06).

Le personnel parle français et nombre de consommateurs le parlent aussi. Fort heureusement, peu à peu, la clientèle italienne prend le dessus.

Pour entamer le repas, une bonne cuivrée de caractère de la micro-brasserie napolitaine K-Birr. Renseignée comme de type american pale ale, elle arbore le logo Cuore di Napoli soit – si j’ai bien compris – un mouvement multiforme essentiellement socio-artistique visant à mettre en valeur l’appartenance à la ville parténopéenne.

20181031_200007

Et deux pizze, deux !

Pour elle : à la morue marinée (baccalà), délicate tomate aigre (pomodoro in agro), olives noires (olive nere) et rucola.

Pour moi : ripieno fritto farcie à la crème fleurette (fior di latte), ricotta, porc (cicoli), tomate (pomodoro), piment (pepe). Certes gustativement déroutant de par le mode de cuisson, visuellement guère aguichant, mais succulent.

Une constante : la fraîcheur des produits.

Le biancolella de la cantine Antonio Mazzella ‘Vigna del Lumé’ Denominazione di Origine Controllata Ischia 2017 a pour seul mérite de m’avoir fait connaître ce cépage blanc.

Pour la petite histoire, Ischia fait partie des quatre premières D.O.C. dont le cahier des charges a été officialisé en 1936 (07).

Service peu amène au début, plus souriant au fil de la soirée.  Cadre neutre, sans âme. Mais ici aussi, l’on chante en salle pendant le service. Et l’on en apprécie d’autant plus les mets.

DSCN3243

A proximité de la piazza del Plebiscito, la trattoria e pizzeria da Umberto (09) offre une terrasse qui, les beaux jours, doit offrir une belle vue sur la baie (plus précisément, les docks et les imposants bateaux de croisière) et le Vesuvio. En pénétrant dans la guère spacieuse salle carrelée de bleu, aux murs de pierre, où s’ouvre la cuisine et jacasse la télévision, l’on se sent directement dans son élément.

Quelques délicieux amuse-bouches à l’entame (pain grillé aillé et tomaté).

Le choix porte sur une entrée de la mer (primi di mare) composée de linguine, petites tomates (pomodorini), petits poulpes (polipetti) et aubergine (melanzana)

Il s’est porté également sur une pizza du pêcheur (alla pescatora) :  moules (cozze), palourdes (vongole) et calamar (calamaro).

On s’est tout simplement régalé tout en clôturant sur une superbe panna cotta à la fraise (fragola).

A propos de moules, le séjour a permis d’apprendre que celles-ci sont considérées comme un plat de pauvre…

DSCN3242

Pas de carte des vins :  les bouteilles sont exposées dans une niche murale. Malheureusement, une falanghina de la D.O.C. Campi Flegrei que j’avais pressentie ne nous sera pas servie pour cause de température inadéquate. Ayant de la suite dans les idées, je me rabats sur un flacon de la casa d’Ambra ‘Biancolella’ D.O.C. Ischia 2017. De par sa fraîcheur, il me réconcilie avec ce cépage (en réalité 85 % biancolella, 15 % forastera, san lunardo et uva rilla).

Gran Gusto (10) se déploie le long de l’axe routier qui sépare les docks de la ville, dans un cadre moderne, à la fois bar et épicerie au rez, cave et restaurant-pizzeria à l’étage.

DSCN3276

Est suggéré le poisson pêché du jour que l’on présente vendu au poids, en l’occurrence une baudroie (rana pescatrice) accompagnées de pâtes (pasta) napolitaines. Proposition acceptée sans regret car on s’en pourlèche encore les doigts !

DSCN3279.JPG
Baudroie (rana pescatrice).

Pas de carte des vins, et lorsque je demande un vin blanc en agriculture biologique – car tel était le but de ma visite en ces lieux car conseillés par l’application Raisin – l’on proposera sans précision aucune soit un greco soit un fiano. Et vous n’aurez pas plus d’explication si vous demandez en fin de repas un vin doux (vino dolce).

Le cantine di Marzo ‘Colle Serrone’ D.O.C.G. Greco di Tufo 2016 – en agriculture conventionnelle – s’est avéré loyal et marchand.

Je ne saurai en terminer sans évoquer le bar 7Bello (10) proche de la piazza Dante, pour y avoir siroté qui une Peroni qui un spritz à la saveur originale.

Aux tables, les habitants du quartier devisent. Au piano droit, la clientèle prend ou donne des cours. Et à qui viendrait l’idée de vocaliser, un C.D. de bel canto lui coupera la chique illico presto sous les lazzi du patron !

Et l’on se dit alors que – passé les premiers moments d’appréhension – on commence alors tout doucettement à appréhender l’âme napolitaine…

Olivier Mercier.

P.S. : en lisant les prix ci-dessous, n’oubliez pas qu’en restauration le couvert (coperto) est facturé quasi toujours en sus, ce qui est en principe annoncé. Quant au pourboire (servizio), il peut vous être facturé d’office.

(06)  Lombardi 1892

Via Foria, 12-14 à 80137 Naples.
Téléphone : +39 081 45 62 20
Coperto : 1 euro
K-Birr (33 cl) : 5 euros
Pizza baccalà : 9,5 euros
Ripieno fritto : 7,5 euros
Vigna del Lumé : 24 euros

(07) Conjointement avec Vernacchia di San Gimignano, Est !  Est !!  Est !!! di Montefiascone et Frascati.

(08) Trattoria e pizzeria da Umberto Primo

Via Cesario Console, 23 à 80132 Naples.
Coperto : 3 euros
Pizza  : 8 euros
Primi mare : 14 euros
Panna cotta : 4 euros
Casa d’Ambra : 25 euros
Pas de carte bancaire.

(09) Gran Gusto.

Via Marina, 5 à 80133 Naples.
Téléphone : +39 081 19 37 68 32
Coperto : 2 euros
Pâtes : 2 x 2,5 euros soit 5 euros
Baudroie : 31,90 euros le kilo/1,23 kilo soit 42,93 euros
Cantine di Marzo : 18 euros

(10) Bar 7Bello

Via Benedetto Croce, 8 à 80134 Naples.

Voir Naples et discourir (première partie).

Des produits frais, de qualité, travaillés simplement avec savoir-faire.

Rassurez-vous, je serai – relativement – concis.

 

Avant que d’embarquer, un Belge d’origine napolitaine confiait que la ville ne pouvait laisser indifférent, difficile à appréhender (et c’est peu dire) : soit on aime, soit on n’aime pas. Qu’en est-il de la cuisine, des produits locaux ?

 

La pizza naquit à Naples et seules la margherita et la marinara peuvent être considérées comme locales.

Depuis 2009, la pizza napolitaine (pizza napoletana) bénéficie d’ailleurs d’un statut (S.T.G.) reconnu de spécialité traditionnelle garantie (specialità tradizionali garantite) qui, pour sa confection, contraint les fabricants à en respecter un très strict cahier des charges.

Quant à l’art du pizzaiolo napolitain, il est inscrit depuis 2017 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

La pizza fritta est quant à elle particulière à la Campanie : une pizza calzone passée dans un bain d’huile bouillant.

 

DSCN3207
Caffé Mexico.

 

On commence par l’incontournable Caffè Mexico (01), celui implanté face à la station de trains Napoli Centrale et par lequel un passage s’impose pour commencer sa journée.

Espresso. Cappuccino. Mais aussi et surtout la locale et omniprésente sfogliatella. Saupoudrée de sucre ou non, confectionnée avec de la ricotta fraîche, cannelle, vanille, écorce d’orange, en forme de coquillage (aragostina) ou non, quelle que soit la pâte (feuilletée ou brisée), ce délice cale l’estomac pour toute la matinée.

 

DSCN3048.JPG
Sfogliatella.

 

Quittons la piazza Garibaldi pour nous rendre pas bien loin de là : Mimmi alla ferrovia (02).

Un établissement demeuré dans son jus : cadre un peu ampoulé, fresques au plafond, photos de clients célèbres, serveurs en gilet,  patron attablé avec journal et café…

 

DSCN2975.JPG

 

Le dévolu se porte sur le menu tradition (menù tradizione), obligatoirement pour deux personnes.

En entrée, une promenade napolitaine (passeggiata napoletana) – dégustation de la tradition (assagi della tradizione) en quatre parties :

  • fleur de courgette frite (fior di zucca fritti), ricotta,
  • aubergine (melanzana), parmesan (parmigiana),
  • côtelette (braciole),
  • anchois (acciuga),mozzarella.

Tout cela est généreux et bien exécuté.

Ravioli au loup de mer et sauce citron aux crevettes et calamar (raviolo con spigola et limone in salsa di gamberetti et calamari), plat qui fleure bon, d’une fine acidité.

Pâtes de Gragnano et sauce à la viande et oignon (candele di Gragnano con salsa a la genovese), Gragnano étant une bourgade réputée pour la fabrication de pâtes artisanales.

Morue, crème de pois chiche et chicorée (baccalà crema di ceci e scarole).

En bref, deux plats aux saveurs joliment associées.

En dessert ? Babà bien sûr puisqu’il figure parmi les desserts (dolci) typiques.

Une très jolie découverte que le Terredora Di Paolo ‘Fatica Contadina’ Denominazione di Origine Controllata e Garantita Taurasi 2012, très odorant, opulent, rond, long.

Dommage que le service – avenant par ailleurs – se fasse au lance-pierre.

Quoi qu’il en soit, voilà un établissement d’un excellent rapport quantité-qualité-prix.

Deux éléments le confirment.

Il n’est que de voir la clientèle venue en famille remplir progressivement la salle.

 

DSCN2998.JPG

 

Flânant dans le même coin, nous pénétrons dans la Vinicola (03), épicerie de quartier qui ne paie pas de mine, où l’on débite à la pompe dans des gobelets en plastique de la falanghina ou encore de la guarnaccia. Bon, honnête, loyal et marchand, d’un prix plus que compétitif, on en redemande, occasion de lier connaissance avec le patron et les clients et de discuter de nos gastronomies respectives. Tout cela pour signaler que Mimi à la ferrovia fait l’unanimité.

 

Dans un quartier animé, la Stanza del Gusto (04) vous fera changer radicalement de style et d’ambiance. Jeunesse, dynamisme et modernité.

Au vu des murs, l’on ne saurait ignorer dans quelle ville l’on se situe, de par les références répétées à Parthénope. Une des trois sirènes qui ont tenté – en vain – de charmer Ulysse et son équipage par leur chant, de désespoir, elle se suicide et  échoue à Naples. Son corps – parmi d’autres versions – serait enterré sous l’église San Giovanni Maggiore. L’adjectif partenopeo est parfois utilisé en lieu et place de napolitain.

 

DSCN3026

 

Revenons à nos moutons. Pour commencer, une craftbeer ‘Ma Però, non Si Dice’ (30 I.B.U.) de la brasserie maison  Kuoko Mercante. Annoncée comme une Belgian Ale confectionnée à base de coriandre (coriandolo), écorces d’orange (bucce di arancia), anis (anice) et cannelle (cannella), elle m’a laissé… perplexe.

Deux entrées avec de beaux produits servis copieusement.

Cos-cos : plat mixte de diverses et savoureuses préparations maison.

Abbracciami meglio (que je vous laisse traduire) : boule (ciambella) de mozzarella di bufala, tomate séchée (pomodori secchi), câpre (capperi), olive, tomate jaune (pomodoro giallo) et anchois (acciughe)

 

DSCN3036
Abbracciami meglio.

 

Pour suivre : lombes de boeuf (lombattelo di manzo) rôtis,  bien relevés par des poivrons verts marinés et une sauce à la crème aigre.

Carbonada : pâtes linguine, porc (cicoli), blanc d’oeuf (uovo) et truffe (tartufo) noire.

 

DSCN3040.JPG
Carbonada.

 

Carte des vins au verre mais pas à la bouteille. Demandez et l’on vous répondra.

Villa Matilde ‘Rocca dei Leoni Terre Cerase’ Indicazione Geografica Protetta Campania 2017. Un rosé d’aglianico qui fait son job pendant qu’on écoute le personnel chanter. Ne sommes-nous pas dans la ville de Caruso (05) ?

 

Premières constatations : pas de cuisine compliquée. Des produits frais, de qualité, travaillés simplement avec savoir-faire.

Et je ne saurai suivre Edmond et Jules de Goncourt lorsqu’ils considéraient que « certains livres ressemblent à la cuisine italienne, ils bourrent mais ne remplissent pas ».

 

Et toujours pas l’ombre d’une pizza… Il y aura donc une suite.

 

Olivier Mercier.

 

P.S. : en lisant les prix ci-dessous, n’oubliez pas qu’en restauration le couvert (coperto) est facturé quasi toujours en sus, ce qui est en principe annoncé. Quant au pourboire (servizio), il peut vous être facturé d’office.

 

(01) Caffè Mexico
Piazza Giuseppe Garibaldi, 72 à  80142 Naples.
Téléphone : +39 081 28 31 21
Espresso : 1 euro
Cappuccino : 1,4 euros
Sfogliatella : 1,2 euros

(02) Mimi alla ferrovia
Via Alfonso d’Aragona,  19-21 à  80139 Naples.
Téléphone : +39 081 553 85 25
Coperti : 0 euro mais service (servizio) : 14 euros (ce surcoût de 15 % est annoncé).
Menù tradizione : 35 euros
Terredora : 40 euros

(03) La Marca Gennaro (La Vinicola)
Via Martiri d’Otranto, 47 à 80141 Naples.

(04) La Stanza del Gusto
Via Costantinopoli,  100 à 80135  Naples.
Téléphone : +39 081 40 15 78
Portable :  +39  348 33 96 161
Coperto : 0 euro
Servizio : 0 euro
Bière (33 cl.) : 7 euros
Cos-cos : 20 euros
Abbracciami : 10 euros
Lombatello : 18 euros
Carbonada : 16 euros
Terre Cerase : 16 euros

(05) Enrico Caruso. Né et mort à Naples (25 février 1873 – 02 août 1921).