Domaine du Trapadis (Rasteau) (première partie).

De la belle ouvrage ! 

Au  nord du Vaucluse, le vignoble de Rasteau est adossé au sud du relief collinaire Cairanne-Rasteau- Roaix (dit montagne de Ventabren) bordé par les cours d’eau que sont – au nord – l’Aygues et – au sud – l’Ouvèze.

Il se divise schématiquement ainsi :

  • altitude maximale de 320 mètres, soit les parties les plus hautes des coteaux exposés sud,
  • entre 160 et 290 mètres, soit la zone principale d’implantation du vignoble : prédominance de terrains en pente orientés principalement vers le sud, découpés par des combes,
  • entre 120 et 160 mètres d’altitude : zone de plusieurs niveaux d’anciennes terrasses dont la pente décline vers le sud vers l’Ouvèze.

Bien plus succinctement encore, vu la variété des sols, le vignoble rastellain présente deux formations géologiques distinctes :

  • sol de galets, sables et marne au nord dans un paysage de collines et combes,
  • terrasses caillouteuses à galets roulés au sud.

Mais le mieux n’est-il de s’en rendre compte de visu ? Partez de la place de l’agréable et calme village de Rasteau et grimpez par ruelles et remparts. Rafraîchissez-vous à la fontaine de la Monge. Poursuivez vers l’église Saint-Didier et tout en haut passez outre. Le panorama s’y révèlera bien plus instructif que bien des lectures.

 

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Les vins locaux connaissent juridiquement  une histoire à deux vitesses.

Première volet, le plus tortueux :

  • 1937 : sont définies les conditions de contrôle de l’appellation d’origine Côtes du Rhône. Rasteau figure parmi les communes de l’aire de production,
  • 1965 : est édicté le principe suivant lequel le nom d’une commune pourra être adjoint à celui de Côtes du Rhône,
  • 1966 : Rasteau peut effectivement adjoindre son nom à celui de Côtes du Rhône,
  • 1999 : le nom de la commune de Rasteau est reconnu comme dénomination géographique complémentaire de l’A.O.C. Côtes du Rhône Villages,
  • 2010 : Est décernée une A.O.C. spécifique de vins tranquilles rouges secs.

Sous quelles conditions ? En voici quelques unes :

  • la récolte des raisins s’opère sur la seule commune de Rasteau,
  • le cépage principal est le grenache noir, les cépages complémentaires étant le mourvèdre et la syrah (01),
  • le vin est d’assemblage, composé en majorité du cépage principal et d’au moins un des deux cépages complémentaires,
  • notez le rendement autorisé : 38 hectolitres à l’hectare.

 

Bon an mal an, les vins rouges tranquilles secs représentent 96 à 98 % de l’ensemble des volumes produits, le reste concernant les Vins Doux Naturels.

 

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Passons au domaine du Trapadis (02) dont les bâtiments sont implantés au sud-ouest de l’appellation.

25 hectares sur la commune de Rasteau se décomposent en quatre zones géologiques :

  • calcaire, sable, limon en plaine
  • argile rouge en plaine
  • argile jaune, calcaire en coteaux d’exposition sud
  • argile bleue, calcaire en coteaux d’exposition sud-est et sud-ouest

Le cépage dominant grenache noir est complété de syrah, mourvèdre et carignan.

Le domaine familial existe depuis 1850. Helen Durand représente la quatrième génération.

Jeune, il a appris sur le tas.

1990 : il commercialise ses premières bouteilles à seize ans alors qu’il est toujours aux études. 1996 : il devient exploitant, amenant un changement radical dans l’exploitation, notamment en travaillant dès alors dans le respect de la vigne et du terroir, obtenant la certification en agriculture biologique (Ecocert FR-BIO-01) en 2010 :

  • travail du vignoble sans produit de synthèse ou résiduaire : pas d’herbicide, pesticide, désherbant ou engrais chimiques,
  • utilisation à faible dose du soufre et du cuivre,
  • fertilisation des sols avec du compost animal et végétal.

Parmi les pratiques culturales, citons :

  • binage,
  • taille courte,
  • deux ébourgeonnages,
  • vendange en vert,
  • suppression des grappes sur les jeunes vignes.

Dans cette optique de qualité et de régularité, mentionnons également: :

  • vendanges manuelles,
  • tri,
  • éraflage,
  • léger foulage,
  • levures indigènes,
  • mise en bouteille unique.

Quant aux rendements pratiqués, je vous renvoie aux notes de bas de page.

 

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La dégustation se déroule au caveau et se focalisera – en principe – aux crus locaux.

Première exception, de manière à mettre les papilles en alerte :

  • Côtes du Rhône blanc Les Plans Grenache 2016 (03). Vineux. De par son élevage, il ne déparerait pas lors d’un repas et gagnera sans doute à évoluer pendant quelques années.

Suivent les Rasteau rouges secs :

  • Les Cras 2015 (04). Pas de sophistication, mais il devrait bien vieillir.
  • Les Adrès 2015 (05) . J’avoue avoir été particulièrement séduit par ce vin enjôleur et ce sous tous ses aspects ! Là aussi, le potentiel est présent.
  • Harys 2014 (06). De la fraîcheur. Pourquoi ne pas en profiter dès à présent ?

 

De la belle ouvrage !  Ce sera donc plaisir de poursuivre la découverte des vins d’Helen Durand.  Nous évoquerons alors les Vins Doux Naturels,  et autres…

 

Olivier Mercier.

 

Coordonnées :

E.A.R.L. domaine du Trapadis (Helen Durand)
Route d’Orange, 2302 – D 975
84110 Rasteau
Téléphone : +33 (0) 4 90 46 11 20
Téléfax : +33 (0) 4 90 46 15 96
Site : http://www.domainedutrapadis.com/
Courriel : hd@domainedutrapadis.com ou durand.helen@wanadoo.fr
Page FaceBook : https://www.facebook.com/pg/DomaineduTrapadis/about/?ref=page_internal

 

(01) Les cépages accessoires autorisés sont :  bourboulenc B, brun argenté N (localement dénommé camarèse ou vaccarèse), carignan N, cinsaut N, clairette B, clairette rose, counoise N, grenache blanc, grenache gris, marsanne B, muscardin N, piquepoul blanc, piquepoul noir, roussanne B, terret noir, ugni blanc, viognier B.

(02) Trapadis signifie ‘trou’ en provençal. D’une galerie souterraine ancienne située dans la parcelle de vieux grenaches plantés en 1922 située à côté de la cave naissait la source qui alimentait le hameau.

(03) Grenache blanc et clairette. Elevage en barrique. 13,5°. 16.50 euros.

(04) Terroir argilo-calcaire en plaine, composé d’argile rouge et de cailloux roulés.  70 % grenache noir, 10 % carignan, 10 % mourvèdre, 10 % syrah. Elevage en cuve ciment sur lies fines pendant 18 mois. Rendement : 25 hl/ha pour le grenache, 35 hl/ha pour les carignan, mourvèdre et syrah. 14°. 11.50 euros.

(05) Terroir argilo-calcaire en coteaux, composé de marnes jaunes et bleues pour le grenache et le carignan ; argilo-calcaire en plaine, composé d’argile rouge et de cailloux roulés pour le mourvèdre .  80 % grenache noir, 10 % carignan, 10 % mourvèdre.  Elevage : 90 % en cuve ciment sur lies fines pendant 20 mois, 10 % en fût non neuf. Rendements : 10 à 15 hl/ha pour le grenache, 20 hl/ha pour les carignan et mourvèdre. 14°. 16,50 euros.

(06) Terroir argilo-calcaire en plaine, de petits cailloux roulés. 80 % syrah dont 40 % de seryne), 20 % clairette blanche. Elevage : essentiellement voire exclusivement en cuve ciment sur lies fines pendant 24 mois  (le reste en fût d’un vin). Rendements : 20 hl/ha. 14°. 19,00 euros.

 

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L’A.O.C. Côtes du Rhône Villages Sablet (seconde partie).

Découvrir Sablet verre en main.

 

 

Ce n’est pas le tout d’avoir déjà évoqué cette A.O.C. de manière – disons – théorique. Encore faut-il découvrir sa production.

 

 

L’occasion en est fournie le 06 juillet 2018 : la Maison des Vins et du Tourisme de Sablet (01) organise une soirée dégustation « tout en bio » (02) à laquelle sont présents les vignerons flanqués d’un food truck.

 

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Nous nous sommes focalisés sur les seuls vins revendiquant l’appellation communale, à l’exclusion des appellations Côtes du Rhône et Séguret. Qu’en retenir ?

  • Château Cohola blanc 2017. Cépages : 80 % viognier et 20 % grenache blanc. Passage en barrique d’un vin. Nez beurré. Bouche de bon aloi. 15 euros.
  • Domaine Le Souverain ‘Caractère’ blanc 2017. Cépages marsanne, viognier et clairette essentiellement plantés sur les coteaux sableux mêlés d’éboulis de Chevalong. Vinification et élevage pour 1/3 en barrique de chêne et 2/3 en cuve. Nez emprunt de l’élevage. Bouche bien équilibrée, sèche, fraîche. 8,25 euros.
  • Domaine de Verquière blanc 2017. Cépages : 50 % grenache blanc, 20 %, clairette, 15 %  bourboulenc et 15 % roussanne. Vinification et élevage en cuve. Nez floral. Fluidité et fraîcheur au palais. 11 euros.
  • Château Cohola rosé 2017. Vin de deux oreilles. 10,50 euros.
  • Château Cohola rouge 2014. Cépages : 60 % grenache et 40 % syrah. Fermentation malolactique en demi muids et en barriques de 1 à 3 vins.  Nez : un peu de moka, cuir. De la matière en bouche. 15 euros.
  • Château Cohola rouge 2015. Se démarque du millésime précédent par sa fluidité.
  • Domaine de Crève Coeur rouge 2016. Cépages : 80 % grenache et 20 % mourvèdre. Elevage en fût non neuf pendant douze mois. Un vin qui m’a plu au premier abord et me laisse ensuite circonspect, mais n’est néanmoins pas dénué d’atouts. A revoir.
  • Domaine Fontaine des Fées 2017 : plutôt rond, souple.
  • Domaine Fontaine des Fées ‘Vieilles Vignes 2014’. Belle matière avec du potentiel. Appréciable et apprécié. 15 euros.
  • Domaine Le Souverain ‘Réserve’ rouge 2016. Vieilles vignes de grenache (provenant notamment des coteaux de Chevalong), mourvèdre et syrah. Vinification en cuve béton. Elevage pendant un an en fût de chêne français de 500 litres. Nez très expressif de fruits rouges (cerise) et noir (cassis). Une matière souple, délicate, fine. Assume allégrement ses 15°. 9.30 euros
  • Domaine de Verquière rouge 2014. Cépages : 60 % grenache, 20 % syrah, 15 % mourvèdre et 15 % cinsault. Vieillissement en foudre de chêne. Coulant, glissant. 10,50 euros.

 

De ce rapide survol, j’en retiens globalement le sentiment d’un potentiel certain pour des vins le plus souvent immédiats certes mais dotés de possibilités de vieillissement sur quelques années.

Découverte à poursuivre !

 

Olivier Mercier.

 

Mais aussi : puisque j’évoquais le potentiel de vieillissement et la poursuite de la découverte de cette A.O.C., la possibilité nous fût donnée de goûter les Sablet de Roumanille Paul. Un grand écart j’en conviens puisque le domaine travaille en agriculture dite conventionnelle. Les deux millésimes rouges qui furent ouverts n’avaient pas le chapeau sur l’oreille :  en forme, à pleine maturité, avec encore quelques printemps devant eux !

  • 2003. Nez évoquant le cassis, le moka. La matière s’avère volumineuse (herbes aromatiques). Finale torréfiée, chocolatée.
  • 2005. Nez empyreumatique, cuir. Matière souple, d’une belle évolution. Long.

 

D’autre part :  Sablet est connu à l’international pour sa « journée du livre » qui se tient chaque année fin juillet, réunissant libraires et vignerons.

 

(01) Maison des Vins et du Tourisme  à 84110 Sablet, route de Carpentras 520. Téléphone : +33 (0) 4 90 46 82 46. On y bénéficiera d’un point-info, d’un espace dégustation avec vente des vins locaux. Des expositions sont organisées.

(02) FR-BIO-01 Ecocert : château Cohola, domaine Fontaine des Fées, domaine Le Souverain ; FR-BIO-10 Qualité France : domaine de Verquière ; Demeter : domaine de Crève Coeur.

 

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Picpoul : un cépage, une A.O.C., un livre.

La plus importante A.O.C. en vins blancs tranquilles du Languedoc.

21583097-24572193Penchons-nous dans un premier temps sur le cépage picpoul ou encore piquepoul.

 

Il est mentionné dès 1384 sous le nom de  picapoll.

En 1600, Oliver de Serres, dans son traité  » Le Theatre d’Agriculture et Mesnage des Champs » l’évoque : « Non-plus aujourd’huy ne sont indifferemment recogneus, par toutes les Provinces, les noms des raisins, dont l’on use le plus en divers endroits de ce Royaume, qui sont (…) Pique-Poule… ». Ce qui, par ailleurs, démontre qu’à l’époque existait déjà des difficultés quant à la reconnaissance des variétés via leur nom.

Le philosophe John Locke, dans son ouvrage “Observations upon the Growth and Culture of Vines and Olives; The Production of Silk; the Preservation of Fruits” (1766) relate :  » They have about Montpellier these following sorts of grapes (…)  25. Piquepoul (…) black and very sweet, good for wine and for eating ».

Le picpoul, un cépage noir ?

Henri Marès, dans sa « Description des cépages principaux de la région méditerranéenne de la France » ( 1890) précise l’existence de trois variétés : noire, rose ou grise, blanche (01) : « La variété noire est la moins répandue ; la rose est la plus cultivée ; la blanche tend à se répandre (…) Les communes de Pomerols, Pinet, Mèze (…) Florensac (…) forment, sous le nom de vignobles de la Marine, le centre de la grande culture des Piquepouls ». Quant au « (…) piquepoul blanc : on le cultive plus spécialement dans les communes de Pinet et de Pomerols ».

Les variétés grise et noire ne sont quasi plus cultivées. Voici quelques données pour l’ensemble de la production en France  :

  • picpoul blanc : 1.529 hectares en 2011, 1.600 en 2013,
  • gris : 2 en 2011, moins de 2 en 2013,
  • noir : 60 en 2011, moins de 60 en 2013.

 

Voici pour le cépage. Qu’en est-il de l’actuelle Appellation d’Origine Contrôlée ?

 

DSCN27191923 : création de la cave coopérative de Pinet (02).

1945 : classement de  Piquepoul de Pinet  comme vin blanc du Languedoc.

1954 : Picpoul de Pinet  accède au rang de Vin Délimité de Qualité Supérieure déjà pour les seuls vins blancs, cependant alors élaborés au moyen des cépages suivants : picpoul blanc (70 % minimum), terret blanc (20 % minimum), clairette blanche ou rose (5 % minimum) (03).

1985 : accession à l’ A.O.C. Coteaux du Languedoc laquelle peut être complétée par le nom de Picpoul de Pinet, le vin étant désormais vinifié avec le seul picpoul blanc.

1992 : le syndicat de défense dépose un dossier auprès de l’Institut National des Appellations d’Origine pour une reconnaissance en A.O.C. spécifique.

1994-1995 : mise en place d’une bouteille syndicale exclusive dite « Neptune » : une flûte de type colonne dorique agrémentée de la croix du Languedoc et, en collerette, de vaguelettes (04).

2009 : la désormais A.O.C. Languedoc peut être complétée par la dénomination géographique Picpoul de Pinet en vin blanc tranquille.

2013 : l’ A.O.C. spécifique Picpoul de Pinet voit le jour (05) précisant qu’il y va de vins secs (06) dont les conditions de production sont devenues plus restrictives.

2017 :  L’A.O.C. est enregistrée et protégée au niveau européen.

 

Nous voici pas bien loin des rivages de  la Méditerranée, au fond du Golfe du Lion, au nord de l’Etang de Thau , au cœur du triangle Agde-Pézenas-Sète (07).

Le vignoble se déroule en pente douce vers l’Etang sur six communes du département de l’Hérault :

  • Castelnau-de-Guers,
  • Florensac,
  • Mèze,
  • Montagnac,
  • Pinet et
  • Pomérols,

bénéficiant d’un sol à haute teneur en calcaire et d’un microclimat méditerranéen très sec.

D’aucuns aiment à préciser que la zone géographique est divisée par l’antique et romaine via Domitia. Plus prosaïquement, elle l’est par l’A9. Voilà donc une opportunité d’arrêt et de découverte sur la route du Sud.

 

Picpoul de Pinet dénombre une surface en production de 1.400 hectares pour 2.400 actuellement délimité en A.O.C . Le cépage est donc quasi exclusivement cultivé dans cette seule aire géographique (voir ci-avant).

 

Les volumes commercialisés en A.O.C. ont très sensiblement augmenté :

  • 1975 : 2.800 hectolitres,
  • 1983 : 8.800,
  • 1985 : 13.000,
  • 1992 : 15.000,
  • 2017 : 77.000.

Aussi  est-ce la production la plus importante en vins blancs tranquilles du Languedoc-Roussillon : 61 % (08)

 

Situation aidant, le Picpoul de Pinet – habituellement commercialisé dans sa prime jeunesse – s ‘accorde de par son acidité avec les produits de la mer : coquillages (pensez aux locales huîtres de Bouzigues) , poissons, crustacés… Ou encore une tielle sétoise. Voire des moules en brasucade !

Mais au delà des accords marketé, ne vous désintéressez cependant pas du gras des fromages et charcuteries (ma foi, un saucisson au camembert…), voire une terrine landaise au foie gras de canard de la maison Jacques Barthouil.

 

Picpoul-de-PinetEvoquons enfin le livre : « Picpoul de Pinet, une odyssée viticole en Languedoc » (09). Le présent article est redevable d’un ouvrage réalisé à l’initiative du Syndicat des Vignerons de Picpoul de Pinet et du Conseil Interprofessionnel des Vins du Languedoc. Publication de commande certes mais de qualité, qui traite le sujet sous maints aspects, et avec franchise. Bellement illustrée qui plus est. En voici quelques éléments.

Fin du XVII° siècle, les vins de l’Etang de Sète fournissent la flotte française : l’expression « vignobles de la Marine » ou « la Marine » est née.

Le picpoul est un cépage tardif à pellicule fine sensible au botrytis. Faut-il dès lors s’étonner qu’à partir du XIX° siècle, il a été décliné en vin blanc liquoreux, moelleux ou doux (10) ?

Diversification encore et toujours : la première moitié du XIX° siècle voit apparaître la fabrication d’imitation de vins espagnols et portugais (Malaga, Madère, Jerez, Porto) à échelle industrielle. Le cépage y trouve un débouché important en volume, rapide en mise sur le marché et financièrement profitable.

Dans cette optique, durant la seconde moitié, le picpoul fournit majoritairement la matière première et qualitative des vermouths, apéritifs à base de vin et vins de liqueur confectionnés autour de l’Etang de Thau (Noilly-Prat, Saint-Raphaël…).  En 1953, les vermouthiers de Sète et les grands maisons d’apéritif (Dubonnet, Cinzano) permettent encore et toujours aux vignerons de sauver pécuniairment la mise :  la production de tels produits totalise 24 millions de bouteilles. Mais les années ’60 voient la chute libre de leur consommation. Cependant,  2/3 de la récolte encore vendu sous cette forme. Mais l’apparition du tourisme de masse et la création ex nihilo de la Grande-Motte (1965) et du Cap d’Agde (1970) changeront la donne vers plus de visibilité du cépage et de l’A.O.C.

 

Je me souviens d’un Picpoul de Pinet dégusté voici plus de vingt ans à la table d’un restaurant de Saint-Valéry-sur-Somme (si ma mémoire me sert bien). Une madeleine de Proust aux senteurs d’aubépine et de citron en quelque sorte.

Pourtant, au delà des quelques vignerons indépendants, des incontournables coopératives en accordailles avec  l’omniprésent négoce, c’est désormais hors de l’A.O.C. que j’apprécie la spontanéité du picpoul, certes alors difficile à dénicher. Mais qui cherche trouve…

Tenez !  Opi d’Aqui (Philippe Formentin) Pique Poule 2014 vin de France blanc. Un 100 %  picpoul récolté à… Pinet. Levures indigènes, vinification sans intrant, partiellement en barrique, ni filtration ni collage, pas de SO2 ajouté. Des notes herbacées. Sec. Frais. Que demander de plus ?

 

Buvez curieux !

 

Olivier Mercier.

 

N.B. : Opi d’Aqui (Philippe Formentin) Pique Poule 2014 a été dégusté aux Indigènes à Perpignan.

 

Bouzigue. Etang de Thau. Sète.

 

(01) Piquepoul blanc et gris sont des mutations du piquepoul noir.

(02) Dont Noilly-Prat achète l’intégralité de la première récolte.

(03) Ce passage ne sera pas un succès immédiat : seront déclarés en V.D.Q.S. en 1954 4.000 hectolitres soit 1 % de la production des vins blancs de la région de Pézenas et en 1955… 1.000 hectolitres.

(04) Elle est utilisée pour plus de 80 % des volumes commercialisés.

(05) L’étiquetage des vins peut préciser l’unité géographique plus grande Languedoc. L’émancipation n’est donc pas totale.

(06) La teneur maximale après fermentation en sucres fermentescibles (glucose et fructose) est de 3 grammes par litre.

(07) Autant savoir : l’Etang de Thau et le lido de Sète à Agde sont classés Natura 2000.

(08) Ces chiffres 2017 se ventilent ainsi : France 35 %, export 65 % (soit 57 % au Royaume-Uni, 11 % aux Etats-Unis et 8 % aux Pays-Bas). L’effet vacance ?

(09) Picpoul de Pinet, une odyssée viticole en Languedoc – texte de Marc Médevielle, photos d’Emmanuel Perrin, éditions de la Martinière, 2018, 144 pages, 25,00 euros

(10) Ce type de vinification (en Vin de Table) est toujours évoqué comme d’actualité dans Pierre Casamayor et Hubert Monteilhet, Vignes et vignerons du soleil. Des collines basques à la vallée de l’Hérault, éditions de Fallois, Paris, 1994.

L’A.O.C. Côtes du Rhône Villages Sablet (première partie).

Particularité géologique : Sablet doit son nom à des terrains sableux, des collines de safre.

Commençons par quelques dates clés :

– 1937 : un décret définit l’appellation contrôlée Côtes du Rhône.

– 1965 : le nom d’une commune peut être adjoint à celui de Côtes du Rhône, suivant conditions.

– 1966 : une première liste de communes est retenue.

– 1967 : elles ont le droit de s’adjoindre la dénomination Côtes-du-Rhône-Villages.

– 1974 : ajout de Sablet à la liste (01).

– 1999 : refonte de l’A.O.C. Côtes du Rhône Villages.

– 2009 : homologation du cahier des charges.

– 2011 : homologation du nouveau cahier des charges.

 

La dénomination géographique complémentaire « Sablet » est réservée aux vins tranquilles blancs, rosés ou rouges produits sur la seule commune de Sablet (nord du département du Vaucluse).

Les vins blancs sont issus des cépages suivants :

– cépages principaux : bourboulenc, clairette, grenache blanc, marsanne, roussanne, viognier,

– cépages accessoires : piquepoul blanc, ugni blanc.

Les vins rouges et rosés sont quant à eux élaborés au moyen des cépages ci-après :

– cépages principaux : grenache noir, mourvèdre, syrah,

– cépages accessoires : bourboulenc, brun argenté (02), carignan, cinsaut, clairette, clairette rosé, counoise, grenache blanc, grenache gris,  marsanne, muscardin, piquepoul blanc, piquepoul noir, roussanne, terret noir, ugni blanc, viognier.

Les vins rouges relèvent de l’assemblage d’au moins deux des cépages principaux, dont obligatoirement le cépage grenache, la proportion des cépages principaux devant être supérieure ou égale à 66 % de l’assemblage. Autrement dit : le cépage grenache est présent dans les assemblages en association avec les cépages syrah et/ou mourvèdre, l’ensemble des deux ou trois cépages principaux représentant au minimum 66 %.

Les vins blancs proviennent de l’assemblage de raisins issus majoritairement des cépages principaux.

 

La production ?  92 à 97 % en rouge, 2 à 7 % en blanc, 1% en rosé.

 

Le village de Sablet – au sud de Vaison-la-Romaine – domine la vallée de l’Ouvèze coulant à l’ouest. Au loin, le sommet de la montagne de Cheval Long (culminant à 428 mètres) annonçant les Dentelles de Montmirail dont les arêtes calcaires se dressent à moins de cinq kilomètres à l’est.

Le vignoble est contigu à Gigondas, séparés par le ruisseau Trignon, ainsi qu’à la Côte du Rhône Villages Séguret délimités par le vallat de la Grand Font.

Particularité géologique : Sablet doit son nom à des terrains sableux, des collines de safre (03). Sablet est d’ailleurs implanté sur tel dôme.

Sont par ailleurs considérées comme qualitatives les parcelles suivantes : ‘les Briguières’ et ‘Chevalong’ adossées à la montagne de Cheval Long surplombant le quiet village.

 

A suivre… Car il est temps de parler vignerons et cuvées.

 

Olivier Mercier.

 

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(01) Le nom de l’appellation d’origine contrôlée « Côtes du Rhône Villages » peut être complété par une des dénominations géographiques complémentaires suivantes :

– Chusclan,

– Gadagne,

– Laudun,

– Massif d’Uchaux,

– Plan de Dieu,

– Puyméras,

– Roaix,

– Rochegude,

– Rousset-les-Vignes,

– Sablet,

– Saint-Andéol,

– Saint-Gervais,

– Saint-Maurice,

– Saint-Pantaléon-les-Vignes,

– Sainte-Cécile,

– Séguret,

– Signargues,

– Suze-la-Rousse,

– Vaison-la-Romaine,

– Valréas,

– Visan.

(02) Localement dénommé camarèse ou vaccarèse.

(03) Sable jaune à grésification irrégulière faiblement aggloméré qui peut se désagréger en sable/sable aggloméré en grès fin friable.

 

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Marianne ou la Capsule Représentative des Droits.

La couleur du fond de la couronne permet de déterminer la nature du produit contenu dans la bouteille.

Je ne suis pas convaincu que cet article vous passionnera… Point ici de marivaudage.

 

Voici un résumé draconien des dispositions du Code Général des Impôts français en matière de produits soumis dans l’Hexagone à accise, n’étant pas certain d’avoir moi-même perçu toutes les nuances…

 

Tel est donc mon devoir de vacances.

 

On se bornera ici aux seules opérations destinées au marché français par un opérateur français.

Voici les beaux jours !  Considérons donc Mr. ou Mme X habitant à 59260 Hellemmes rendant visite à un(e) vigneron(ne) ou une coop’ des Côtes-du-Rhône, désireux d’encaver quelques crus de la région.

Les droits d’accise deviennent exigibles au moment de la mise à la consommation. Le fait générateur des droits est donc – notamment – la mise à la consommation laquelle est matériellement constituée par la sortie de chai ou de l’entrepôt de produits, détenus en suspension de droits, à destination du marché en droits acquittés.

On suit ?

La capsule représentative des droits (C.R.D.) est représentative des droits lorsqu’elle est apposée sur un récipient qui sort du chai ou de l’entrepôt. La C.R.D. apposée sur une bouteille ou un récipient qui en sort atteste que le produit y contenu muni de ladite capsule a acquitté les droits auxquels il est soumis. Sauf exception… Bref…

A noter que :

  • les vins embouteillés en Corse et expédiés pour commercialisation sur le continent doivent être revêtus de la C.R.D.,
  • les départements d’Outre-Mer (D.O.M.) sont considérés comme des territoires d’exportation.

Donc, toute bouteille entreposée dans le coffre de la voiture de Mr. ou Mme X sera revêtue de la dite capsule. Examinons-là de plus près.

 

Le terme ‘capsule’ recouvre les marques fiscales imprimées directement sur celles-ci, qui se composent d’une jupe ou d’une coiffe et d’une tête.

La capsule se compose de deux éléments comprenant chacun des éléments spécifiques :

  • un disque constituant le ‘pion fiscal’ proprement dit, lequel est composé
    • de la « Marianne » (effigie de la République Française),
    • des mentions DGDDI, République Française,
    • outre la centilisation (plus simplement dit : la contenance en centilitres). Aucune autre mention ne doit figurer sur ce ‘pion fiscal’.
  • la couronne comportant des informations relatives au fabriquant, au commanditaire et au produit. Seules peuvent être portées sur la couronne notamment les indications suivantes :
    • la mention ‘Récoltant’ ou ’R’. Tous les récoltants, vignerons en cave particulière, caves coopératives ou unions de coopératives et associés coopérateurs récoltants, sont assujettis à l’obligation d’usage de la C.R.D. pour les vins qu’ils embouteillent et expédient. Ils apposent la C.R.D. portant la dite mention,
    • la mention ‘Non récoltant’ ou ‘N’ ou ‘E’.  L’ensemble des non-récoltants emploient les C.R.D. comportant ladite mention pour les vins qu’ils embouteillent et expédient,
    • des mentions spécifiques à certains produits (Champagne, VDN, BFAV – voir ci-après).

 

La couleur du fond de la couronne permet de déterminer la nature du produit contenu dans la bouteille ou le récipient :

  • vert pour les vins tranquilles et mousseux à A.O.C. et les vins doux naturels à A.O.C. A noter que :
    • pour les vins mousseux à A.O.C. ‘Champagne’, le nom d’appellation doit figurer sur la couronne,
    • pour les vins doux naturels bénéficiant d’une A.O.C., la mention ‘VDN’ doit figurer sur la couronne.
  • bleu pour tous les autres vins, y compris les boissons assimilées au vin (exemples : les boissons issues de la fermentation de fruit comme le vin de sureau…), pour lesquels la mention ‘BFAV’ doit figurer sur la couronne,
  • cependant, les opérateurs ont la faculté substituer une capsule générique de couleur lie-de-vin aux capsules de couleur verte ou bleue. Trois exceptions néanmoins :
    • les vins mousseux à A.O.C. ‘Champagne’,
    • les vins doux naturels à A.O.C.,
    • les boissons assimilées fiscalement au vin.
  • orange pour les produits intermédiaires bénéficiant d’une A.O.C. (exemples : le pineau des Charentes, le floc de Gascogne, le macvin du Jura, le pommeau de Normandie…),
  • gris pour les autres produits intermédiaires (exemple : le ratafia…).

 

Mr. ou Mme X répugne aux bouchons de liège ?

Pour les capsules à vis, le ‘pion fiscal’ doit être imprimé de manière indélébile, et non simplement collé. Placé sur la jupe, le ‘pion fiscal doit être détruit à l’ouverture de la bouteille et rendu inutilisable.

A ce sujet, avant de servir, que Mr. ou Mme X aient égard à ce geste anodin.

L’ouverture de la bouteille ou du récipient doit entraîner la destruction de la C.R.D. : la réutilisation des C.R.D. est interdite. Le sertissage ou l’encollage des capsules doit donc être réalisé de telle manière que l’ouverture de la bouteille ou du récipient brise ou rende inutilisable la capsule. Comme tous les modèles de C.R.D., les capsules à vis – répétons-le – et les vignettes fiscales adhésives – on y viendra – doivent impérativement être détruites à l’ouverture du contenant (exemple : pour les bouteilles fermées à la cire, la vignette fiscale adhésive doit être collée sur cire chaude afin de ne pas se décoller).

 

 

Mr. ou Mme X envisage un barbecue en toute simplicité ? Sont-ils sensibles à des contenants originaux ou plus pratiques ?

L’utilisation de vignettes fiscales adhésives qui se détruisent à l’ouverture du contenant ou en cas de tentative de décollement, n’est autorisée que pour les vins tranquilles conditionnés en contenant spéciaux (exemples : bouteilles possédant des cols hors norme type carafe, bouteilles fermées à la cire, les caisses-outres/bag in box/cubi, certains Tetra Pak®. …) , quelle que soit la catégorie des vins (exemples : A.O.C., vins avec indication géographique protégée, vin sans indication géographique…).

La marque fiscale des caisses-outres – le législateur fiscal peut être joliment imaginatif… – doit être apposée directement sur la boîte en carton, à cheval sur l’ouverture prédécoupée permettant d’accéder au robinet. Le fait de déchirer cette ouverture détruit la capsule. L’inviolabilité des robinets doit être également assurée.

L’apposition de vignettes fiscales adhésives n’est pas autorisée sur les autres contenants, quelle que soit la catégorie des vins (exemple : les vins mousseux, les produits intermédiaires…).

 

Mr. ou Mme X désire ramener un réhoboam à stocker en vue d’un lointain et important événement à célébrer ?

Les C.R.D. sont obligatoires pour les vins en récipients de trois litres ou moins.

 

 

Le savoir, c’est beau quand ce n’est pas vraiment utile. En l’occurrence, pour le consommateur lambda….

Et c’est encore plus beau dès lors qu’il deviendra prochainement totalement inutile. Car les dispositions relatives à la capsule seront abrogées à compter du 01 juin 2019.

Voilà qui ne changera rien pour ledit consommateur lambda qui – passez-moi l’expression – s’en tamponnera alors pour peu qu’il s’en souvienne le coquillard en fredonnant Michel Delpech.

Pour un amateur avisé, en cas de silence ou d’ambigüité, la vérification des capsules permet de déterminer sans ambiguïté chez un vigneron quelle cuvée est produite avec les vignes du domaine, quelle autre à partir d’achat de raisins.

Pas sûr pour le surplus que la vie des acteurs économiques de la filière vin de par cette suppression en sera pour autant facilitée…

 

Olivier Mercier.

 

Sources législative et administrative :

  • Réglementation des capsules représentatives de droits (C.R.D.). Texte n°13-028 du 29/08/2013. Circulaire. Bulletin officiel des douanes n° 6987 du 29/08/2013. Date d’entrée en vigueur : 30/08/2013.
  • Arrêté du 12 juin 2018 du Ministère de l’Action et des Comptes Publics relatif à la suppression de l’obligation d’utiliser une C.R.D. pour les livraisons de vins en bouteille ou récipients de trois litres au plus, J.O.R.F., 19 juin 2018, n° 0139.

 

N.B. :

Il existe d’autres couleurs de fond de couronne :

  • jaune d’or pour le cognac et l’armagnac,
  • blanc pour les alcools.

Mas d’Espanet cuvée « Freesia » I.G.P. Cévennes rosé 2017.

Sans chichi. Aromatique et rafraîchissant.

Pour rejoindre l’Indication Géographique Protégées Cévennes, en route vers le sud de la France, la région Languedoc-Roussillon, le département du Gard, au nord – nord-ouest de Nîmes. Nous voilà au pied des derniers contreforts montagneux méridionaux du Massif Central.

L’I.G.P. tire son nom du massif des Cévennes, classé en Parc National et Réserve Mondiale de Biosphère par l’Unesco.

Ici, la vigne apparaît quand les châtaigniers cèdent la place, entourée alors de vergers, oliviers et champs de céréales. N’oublions pas les deux A.O.P. que sont les oignons doux et ce délicieux fromage de chèvre au lait cru et entier qu’est le pélardon.

 

La région connaît elle aussi un très fort développement des vins rosés, en lien avec les attentes du consommateur.

 

Le mas d’Espanet – situé entre Uzès et Sommières – fut longtemps un domaine laissé à l’abandon. Il est créé en septembre 1999 suite à la restauration de la cave.

La production se décline en agriculture biologique (Ecocert) et biodynamique (Demeter).

 

J’avais en son temps apprécié Freesia rosé (01) 2016 et donc gardé le nom de cette cuvée derrière l’oreille.

Quid du millésime two thousand Cévennes teen (how funny…) 100 % cinsault ?

Nez : orange, zan, pomme verte.

Bouche : doux et acidulé.

Ne dépareillait pas sur une fondue asiatique terre-mer.

 

Sans chichi. Aromatique et rafraîchissant. What else ?

 

Olivier Mercier.

 

Données techniques :

  • sol : argilo-calcaire et marnes.
  • cépage : 100 % cinsault
  • vendanges manuelles avec tri des baies à la vigne.
  • cave semi-enterrée d’où vinification par gravité.
  • rosé vinifié comme un blanc.
  • égrappage.
  • pressurage direct.
  • vinification en cuve sur lies avec bâtonnage.
  • élevage : 6 mois en cuve.

 

(01) Cette cuvée se décline aussi en rouge (100 % cinsault là aussi) et en blanc (viognier et sauvignon à parts égales).

 

Coordonnées :

E.A.R.L. mas d’Espanet (Agnès et Denys Armand)
Adresse : chemin de Robiac à 30730 Saint-Mamert-du-Gard
Téléphone : +33 (0) 4 66 81 10 27
Site : http://www.masdespanet.com
Courriel : masespanet@wanadoo.fr
Page FaceBook : https://www.facebook.com/Mas-dEspanet-237264106341214/

 

N.B. : le vin a été acheté chez Paul et Patricia Sirvent du ‘Gré du Vin’ à Lille, déjà évoqué par mes soins par ailleurs et en d’autres temps.

 

 

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Plaisance cuvée « Negret Pounjut » vin de France rouge 2017.

Un vin à boire à longs traits.

Quasi disparu car uniquement présent à l’état de traces dans d’anciennes parcelles, le négret (ou negret) pounjut s’avère être un très vieux cépage frontonnais qui se caractérise par ses baies pointues, d’où les synonymes de négret pointu ou encore (en langue d’Oc) négret ponchut.

Parent avec le prunelard. (tout comme la négrette), il n’a rien à voir avec le négret de Banhars (01) ou encore le négret Castrais (02).

Il produit – dit-on – un vin acide.

 

En 1991, Marc Penavayre (du château Plaisance) s’associe à l’exploitation de son père. Début 2000, l’exploitation des vignes devient de plus en plus saine. En 2006 apparaît le premier millésime en conversion vers l’agriculture biologique (certification Qualité France). A noter que la cuvée « Negret Pounjut » ne revendique pas de certification, mais le travail s’effectue suivant les mêmes principes.

 

Cépage négret pounjut.
Négret pounjut.

La parcelle de négret punjut est unique. Les vignerons ont prospecté une dizaine d’année pour concrétiser en 2014 leur projet.

Située sur la commune de Vacquiers (nord de Toulouse) sur la plus haute terrasse du Tarn, à une altitude 220 mètres (un des points culminants de l’A.O.C. Fronton), elle se compose de graves posées sur des argiles.

A la vigne :

– un travail sur le terroir,
– sans engrais ni désherbants, privilégiant les produits naturels,
– finalisé par une récolte d’une vendange mure, saine et triée.

Au chai :

– seules sont utilisées les levures naturelles,
– la fermentation intervient dans des cuves à ciel ouvert en pigeage,
– la macération est très courte (5 jours) afin de préserver le fruit.

 

Ce flacon 100 % négret pounjut s’affiche léger de robe. Le nez – généreux – exprime des senteurs de fruits rouges, de poivre. La faible teneur en alcool (10 % !) nous donne ce palais friand, gouleyant, fluide, avec juste ce qu’il faut d’acidité.

 

Un vin facile, ceci dit sans connotation péjorative. Que de rasades bues à larges traits. Une bouteille à ouvrir sur un barbecue ou pour le casse-dalle. Un vin de soif qu’on « chpopsse » avec les potes.

Comme quoi : le plaisir peut être simple.

 

Olivier Mercier.

 

Coordonnées :

E.A.R.L. de Plaisance  (Marc Penavayre et Thomas Fantini)
Adresse : 102, place de la Mairie à 31340 Vacquiers.
Téléphone : +33 (0) 5 61 84 97 41
Téléfax : +33 (0) 5 61 84 11 26
Site : http://chateau-plaisance.fr/accueilCourriel : chateau-plaisance@wanadoo.fr
Page FaceBook : https://www.facebook.com/chateau.plaisance/

 

N.B. : le vin a été acheté chez Paul et Patricia Sirvent du ‘Gré du Vin’ à Lille, déjà évoqué par mes soins par ailleurs et en d’autres temps.

 

01. Croisement fer servadou x manseng noir.

02. Croisement mauzac x morrastel.