Voir Naples et discourir (première partie).

Des produits frais, de qualité, travaillés simplement avec savoir-faire.

Rassurez-vous, je serai – relativement – concis.

 

Avant que d’embarquer, un Belge d’origine napolitaine confiait que la ville ne pouvait laisser indifférent, difficile à appréhender (et c’est peu dire) : soit on aime, soit on n’aime pas. Qu’en est-il de la cuisine, des produits locaux ?

 

La pizza naquit à Naples et seules la margherita et la marinara peuvent être considérées comme locales.

Depuis 2009, la pizza napolitaine (pizza napoletana) bénéficie d’ailleurs d’un statut (S.T.G.) reconnu de spécialité traditionnelle garantie (specialità tradizionali garantite) qui, pour sa confection, contraint les fabricants à en respecter un très strict cahier des charges.

Quant à l’art du pizzaiolo napolitain, il est inscrit depuis 2017 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

La pizza fritta est quant à elle particulière à la Campanie : une pizza calzone passée dans un bain d’huile bouillant.

 

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Caffé Mexico.

 

On commence par l’incontournable Caffè Mexico (01), celui implanté face à la station de trains Napoli Centrale et par lequel un passage s’impose pour commencer sa journée.

Espresso. Cappuccino. Mais aussi et surtout la locale et omniprésente sfogliatella. Saupoudrée de sucre ou non, confectionnée avec de la ricotta fraîche, cannelle, vanille, écorce d’orange, en forme de coquillage (aragostina) ou non, quelle que soit la pâte (feuilletée ou brisée), ce délice cale l’estomac pour toute la matinée.

 

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Sfogliatella.

 

Quittons la piazza Garibaldi pour nous rendre pas bien loin de là : Mimmi alla ferrovia (02).

Un établissement demeuré dans son jus : cadre un peu ampoulé, fresques au plafond, photos de clients célèbres, serveurs en gilet,  patron attablé avec journal et café…

 

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Le dévolu se porte sur le menu tradition (menù tradizione), obligatoirement pour deux personnes.

En entrée, une promenade napolitaine (passeggiata napoletana) – dégustation de la tradition (assagi della tradizione) en quatre parties :

  • fleur de courgette frite (fior di zucca fritti), ricotta,
  • aubergine (melanzana), parmesan (parmigiana),
  • côtelette (braciole),
  • anchois (acciuga),mozzarella.

Tout cela est généreux et bien exécuté.

Ravioli au loup de mer et sauce citron aux crevettes et calamar (raviolo con spigola et limone in salsa di gamberetti et calamari), plat qui fleure bon, d’une fine acidité.

Pâtes de Gragnano et sauce à la viande et oignon (candele di Gragnano con salsa a la genovese), Gragnano étant une bourgade réputée pour la fabrication de pâtes artisanales.

Morue, crème de pois chiche et chicorée (baccalà crema di ceci e scarole).

En bref, deux plats aux saveurs joliment associées.

En dessert ? Babà bien sûr puisqu’il figure parmi les desserts (dolci) typiques.

Une très jolie découverte que le Terredora Di Paolo ‘Fatica Contadina’ Denominazione di Origine Controllata e Garantita Taurasi 2012, très odorant, opulent, rond, long.

Dommage que le service – avenant par ailleurs – se fasse au lance-pierre.

Quoi qu’il en soit, voilà un établissement d’un excellent rapport quantité-qualité-prix.

Deux éléments le confirment.

Il n’est que de voir la clientèle venue en famille remplir progressivement la salle.

 

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Flânant dans le même coin, nous pénétrons dans la Vinicola (03), épicerie de quartier qui ne paie pas de mine, où l’on débite à la pompe dans des gobelets en plastique de la falanghina ou encore de la guarnaccia. Bon, honnête, loyal et marchand, d’un prix plus que compétitif, on en redemande, occasion de lier connaissance avec le patron et les clients et de discuter de nos gastronomies respectives. Tout cela pour signaler que Mimi à la ferrovia fait l’unanimité.

 

Dans un quartier animé, la Stanza del Gusto (04) vous fera changer radicalement de style et d’ambiance. Jeunesse, dynamisme et modernité.

Au vu des murs, l’on ne saurait ignorer dans quelle ville l’on se situe, de par les références répétées à Parthénope. Une des trois sirènes qui ont tenté – en vain – de charmer Ulysse et son équipage par leur chant, de désespoir, elle se suicide et  échoue à Naples. Son corps – parmi d’autres versions – serait enterré sous l’église San Giovanni Maggiore. L’adjectif partenopeo est parfois utilisé en lieu et place de napolitain.

 

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Revenons à nos moutons. Pour commencer, une craftbeer ‘Ma Però, non Si Dice’ (30 I.B.U.) de la brasserie maison  Kuoko Mercante. Annoncée comme une Belgian Ale confectionnée à base de coriandre (coriandolo), écorces d’orange (bucce di arancia), anis (anice) et cannelle (cannella), elle m’a laissé… perplexe.

Deux entrées avec de beaux produits servis copieusement.

Cos-cos : plat mixte de diverses et savoureuses préparations maison.

Abbracciami meglio (que je vous laisse traduire) : boule (ciambella) de mozzarella di bufala, tomate séchée (pomodori secchi), câpre (capperi), olive, tomate jaune (pomodoro giallo) et anchois (acciughe)

 

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Abbracciami meglio.

 

Pour suivre : lombes de boeuf (lombattelo di manzo) rôtis,  bien relevés par des poivrons verts marinés et une sauce à la crème aigre.

Carbonada : pâtes linguine, porc (cicoli), blanc d’oeuf (uovo) et truffe (tartufo) noire.

 

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Carbonada.

 

Carte des vins au verre mais pas à la bouteille. Demandez et l’on vous répondra.

Villa Matilde ‘Rocca dei Leoni Terre Cerase’ Indicazione Geografica Protetta Campania 2017. Un rosé d’aglianico qui fait son job pendant qu’on écoute le personnel chanter. Ne sommes-nous pas dans la ville de Caruso (05) ?

 

Premières constatations : pas de cuisine compliquée. Des produits frais, de qualité, travaillés simplement avec savoir-faire.

Et je ne saurai suivre Edmond et Jules de Goncourt lorsqu’ils considéraient que « certains livres ressemblent à la cuisine italienne, ils bourrent mais ne remplissent pas ».

 

Et toujours pas l’ombre d’une pizza… Il y aura donc une suite.

 

Olivier Mercier.

 

P.S. : en lisant les prix ci-dessous, n’oubliez pas qu’en restauration le couvert (coperto) est facturé quasi toujours en sus, ce qui est en principe annoncé. Quant au pourboire (servizio), il peut vous être facturé d’office.

 

(01) Caffè Mexico
Piazza Giuseppe Garibaldi, 72 à  80142 Naples.
Téléphone : +39 081 28 31 21
Espresso : 1 euro
Cappuccino : 1,4 euros
Sfogliatella : 1,2 euros

(02) Mimi alla ferrovia
Via Alfonso d’Aragona,  19-21 à  80139 Naples.
Téléphone : +39 081 553 85 25
Coperti : 0 euro mais service (servizio) : 14 euros (ce surcoût de 15 % est annoncé).
Menù tradizione : 35 euros
Terredora : 40 euros

(03) La Marca Gennaro (La Vinicola)
Via Martiri d’Otranto, 47 à 80141 Naples.

(04) La Stanza del Gusto
Via Costantinopoli,  100 à 80135  Naples.
Téléphone : +39 081 40 15 78
Portable :  +39  348 33 96 161
Coperto : 0 euro
Servizio : 0 euro
Bière (33 cl.) : 7 euros
Cos-cos : 20 euros
Abbracciami : 10 euros
Lombatello : 18 euros
Carbonada : 16 euros
Terre Cerase : 16 euros

(05) Enrico Caruso. Né et mort à Naples (25 février 1873 – 02 août 1921).

Tenuta Bonotto delle Tezze cuvée « raboso (vino) passito » Marca Trevigiana 2003.

Concentration. Douceur. Acidité. Ce passito est résumé en trois mots.

La région de Venise (Venezia) offre de très nombreux attraits. Ainsi, au nord de la Cité des Doges, la charmante ville de Trévise (Treviso).

L’I.G.P. Marca Trevigiana (Indicazione Geografica Protetta ou encore Indicazione Geografica Tipica – I.G.T.) voit sa zone de production comprendre l’ensemble du territoire de la province de Trévise, de la chaîne préalpine à la lagune vénitienne.

Marca Trevigiano, depuis le Moyen Age, nomme le territoire de ce qui était alors une zone frontalière de la république de Venise avec les pays germaniques au nord (Autriche, Europe centrale, Allemagne).

Dans cette cuvée, deux spécificités retiendront notre attention.

Le cahier des charges autorise notamment parmi les cépages noirs l’autochtone raboso, que ce soit la variété dite veronese ou encore celle dite piave. Colorés et acides : telles sont leurs caractéristiques. Ici, seul le raboso del piave entre dans la composition du ripasso.

Cette méthode d’élevage particulier est présentée comme tradition séculaire. Courant de la seconde quinzaine d’octobre, les grappes sont sélectionnées et recueillies précautionneusement en caissette pour être amenée dans le local de séchage. Là, elles se déshydratent, d’où une forte concentration en sucre (appassimento, que l’on peut traduire par passerillage). A la fin de la période de séchage (qui dure en moyenne 120 jours), les raisins sont envoyés en macération. S’en suit une fermentation longue et lente à basse température. Après la décantation naturelle, le passito est mis en barriques pour un vieillissement d’au moins 24 mois. Au final, le rendement du raisin en vin oscille entre 14 à 16 litres par 100 kilos de raisins récoltés.

Robe noire. Lies fines. Senteurs de fruits noirs cuits. En bouche : marc de raisin, le tout délicatement sucré et bellement encadré par de l’acidité. Long. Capiteux en quelque sorte : à boire à petites lampées.

Je vous le conseille sur des fromages à pâte persillée (pourquoi pas un stilton ou un shropshire ?) ou un Sainte-Maure-de-Touraine A.O.P., à une température de service de 12° qui s’élèvera doucement dans le verre à 14°.

Une longue aération (en l’occurrence sept jours, bouteille à moitié entamée juste rebouchée et entreposée debout sur le plan de travail) est de nature à magnifier ce vin.

Concentration. Douceur. Acidité. Tout ce passito est résumé en trois mots.

 

Olivier Mercier.

 

Données techniques :

  • Mise en bouteille à la main.·
  • Vin non filtré.
  • Contenance : 50 centilitres.
  • Taux d’alcool : 14,5 %.
  • Acidité totale : de l’ordre de 9,50 grammes/litre.
  • pH : de l’ordre de 3,35.
  • Sucre résiduel : de l’ordre de 95 grammes/litre.

 

RABOSO

 

Coordonnées :

Tenuta Bonotto delle Tezze (Bonotto Antonio).
Adresse : via Duca d’Aosta, 36 – località Tezze di Piave à 31028 Vazzola.
Téléphone : 0039 (0) 438.48.83.23
Téléfax : 0039 (0) 438.48.88.91
Site : http://www.bonottodelletezze.it
Courriel : info@bonottodelletezze.it
Page FaceBook : https://www.facebook.com/BONOTTODELLETEZZE/

 

 

 

 

 

Fattoria Moretto –  D.O.P. Lambrusco Grasparossa di Castelvetro.

De belles bulles rouges !

Le moins que l’on puisse dire est que le Lambrusco n’a pas toujours bonne presse. Un vin italien, déjà ! Rouge pétillant en sus !! Sucraillon qui plus est !!! C’est tout dire…

Passez votre chemin.

 

Nous voila en Emilia-Romagna, dans le sud de la région de Modena.

Lambrusco Grasparossa di Castelvetro y bénéficie d’une Denominazione di Origine Controllata (D.O.P., soit une A.O.C.) uniquement pour les vins rosso (rouge) et rosato (rosé) élaborés soit comme frizzante, soit comme spumante. (01)

Le cépage lambrusco grasparossa intervient dans sa composition à raison de 85 % minimum.  Les raisins des autres lambruschi (02) et le malbo gentile, seuls ou conjointement, jusqu’à un maximum de 15%, peuvent contribuer à la production.

Les vins doivent être obtenus en utilisant soit :

  • la fermentazione/rifermentazione naturale in bottiglia (fermentation / refermentation naturelle en bouteille) ou encore
  • la fermentazione/rifermentazione nature in autoclave (fermentation / refermentation naturelle en autoclave). (03)

En 2015, 913 hectares produisaient 108.274 hectolitres.

 

La fattoria Moretto s’établit en 1971. La troisième génération œuvre actuellement.

Les premières démarches en agriculture biologique sont entreprises dès 1995. Actuellement, l’ensemble du domaine est en bio (certification ICEA).

A l’origine était utilisé pour la prise de mousse la fermentation naturelle en bouteille. Fin des années ’90 succéda la méthode Charmat ou Martinotti et ce désormais pour l’ensemble de la production.

 

Deux cuvées non millésimées nous ont été proposées : Semprebon (10,5 %) et Monovitigno (14 %).

Voici leurs points communs :

  • Cépage : 100 % lambrusco grasparossa,
  • Vendanges : manuelles,
  • Levures : indigènes,
  • Prise de mousse : longue (2 mois),
  • Fermentation : à température contrôlée pendant 6 à 8 jours,
  • Effervescence : frizzante.

Pour les distinguer, commençons par Semprebon :

  • Type : rosso amabile (rouge doux),
  • Parcelles : trois distinctes,
  • Sol : calcaire, argile et grès,
  • Altitude : 150 mètres.

Quant à Monovitigno :

  • Type : rosso secco (rouge sec),
  • Age des vignes : plus de 45 ans,
  • Parcelle : unique,
  • Sol : 30 % limon et 70 % argile légère,
  • Altitude : 230 mètres.

 

Reste à goûter.

Semprebon, à la robe cassis, se montre bien équilibré, avec des notes de fruits rouges et noirs finalisées par une longueur inattendue.

Monovitigno affiche une robe noire à la mousse violette persistante. Elle se révèle au nez d’un fruité délicat, discret, aux nuances de mûres. Le palais sans excès de douceur, voire vif, se livre avec juste ce qu’il faut de sécheresse végétale pour conférer de la tonicité. Ma foi, tout ceci devrait bien accompagner un plat de charcuterie.

 

Pour me faire boire de tels Lambruscos (05), il ne faudra pas me brusquer ! Acquis d’avance.

 

Olivier Mercier.

 

N.B. : les vins ont été dégustés notamment à l’occasion du salon ‘Gastronomia Italia’ organisé par Roberto et Lorena d’Annunzio le 27 janvier 2018. A été à cette occasion, goûté du même domaine la cuvée non millésimée pignoletto (04) bianco secco frizzante (blanc sec pétillant). Frais, délicatement fruité, il est lui aussi d’un excellent niveau.

 

Coordonnées :

Azienda vitivinicola Fattoria Moretto (fattoria Moretto Società Semplice Agricola)
Altariva Fausto et Fabio
Adresse : via Tiberia 13/B à 41014 Castelvetro di Modena
Téléphone : +39 059 790183
Téléfax :  +39 059 790183
Site : http://www.fattoriamoretto.it/it/home/
Courriel : info@fattoriamoretto.it
FaceBook : https://www.facebook.com/cantinafattoriamoretto/

 

(01) Un vin frizzante est finalisé par une surpression en bouteille entre 1,5 à 2,5 bars (c’est donc un vin pétillant), alors que le spumante  l’est par une surpression supérieure à 3 bars (soit un vin mousseux).

(02) Il y a pléthore de sous-variétés de ce plant. J’ai – sauf erreur ou omission – pointé pour la région de Modena : lambrusco barghi, lambrusco salamino, lambrusco di sorbara, lambrusco marani, lambrusco maestri, lambrusco montericco, lambrusco oliva, lambrusco viadanese, lambrusco a foglia frastagliata.

(03) La (ri)fermentazione naturale in bottiglia est aussi appelée fermentazione in bottiglia secondo il metodo tradizionale/(fermentation en bouteille selon la méthode traditionnelle), metodo tradizionale (méthode traditionnelle), metodo classico (méthode classique) ou encore metodo tradizionale classico (méthode traditionnelle classique) . Elle correspond à la méthode dite champenoise. Pour ce qui est de la cuve close, dite italienne ou Martinotti, la prise de mousse ne se réalise pas en bouteille mais dans une cuve sous pression (autoclave). Le vin tranquille déjà fermenté, auquel on a ajouté du sucre et des levures, est placé dans une cuve fermée, étanche à la pression et thermo-régulée pour y connaître une seconde fermentation. Le Piémontais Federico Martinotti inventa cette méthode en Italie en 1895. Elle est identique à celle mise au point en 1907 par Eugène Charmat.

(04) Le pignoletto correspond au cépage grechetto gentile.

(05) Lambrusci ?

 

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Azienda agricola Pantaleone Marche cuvée « Passerina » blanc 2016.

Ce vin de printemps s’appréciera lors les premiers beaux jours.

Dès le Xe siècle avant notre ère existent des traces certaines de viticulture et de vinification dans la région des Marches, importées par les colons grecs qui fondèrent la ville d’Ancône (sans oublier que durant  la même période, l’action des Etrusques s’avère très importante).

 

Passons de l’alpha à l’omega.

 

L’Indicazione Geografica Tipica (I.G.T., en l’occurence un vin avec Indication Géographique Protégée/I.G.P.) Marche voit le jour en 1995. Elle couvre l’ensemble du territoire administratif des provinces d’Ancône, Ascoli Piceno, Fermo, Macerata et Pesaro Urbino, et concerne une zone qui va de la zone côtière de la mer Adriatique jusqu’aux collines de moyenne altitude.

L’Italie a produit en 2014 44.200.000 hectolitres de vin. Dans les Marches, pour la même année, il s’agit de 915.000 hectolitres dont 169.000 en I.G.T. soit 18,5 %.

L’I.G.T. peut être suivie de la spécification de l’une des vignes ci-dessous pour autant que les vins soient composés d’au moins 85 % des dites vignes :

  • Alicante N.,
  • Barbera N.,
  • Cabernet franc N.,
  • Cabernet Sauvignon N.,
  • Chardonnay B.,
  • Ciliegiolo N.,
  • Fiano B.,
  • Grechetto B.,
  • Incrocio Bruni 54 B.,
  • Malvasia bianca di Candia B.,
  • Merlot N.,
  • Moscato bianco B.,
  • Passerina B.,
  • Pinot bianco B.,
  • Pinot grigio G.,
  • Rebo N.,
  • Riesling B.,
  • Sangiovese N.,
  • Sauvignon B.,
  • Syrah N.,
  • et Trebbiano toscano B.

 

Elles peuvent contribuer, seules ou conjointement, à la production des vins mentionnés ci-dessus, les cépages identiques cultivés dans la région des Marches pouvant être assemblés avec un maximum de 15 %.

 

D’un nom évoquant un petit oiseau, la passerina – d’origine par ailleurs incertaine – est considérée comme un cépage autochtone du centre-est de la péninsule (Abruzzes/Marches/Ombrie/Latium).

Ce raisin blanc – très fertile et productif — se caractérise donc par un rendement élevé. Aussi porte-t-il le sobriquet de « Pagadebiti » (qui paie les dettes), « Cacciadebiti » (qui chasse les dettes) ou encore « Scacciadebiti » (qui libère des dettes) (01).

 

L’azienda Pantaleone est une petite entreprise familiale située à 5 kilomètres d’Ascoli Piceno.

Les vignes (quelques 13 hectares) et la cave sont implantées dans une vallée à une altitude d’environ 450 mètres, sorte de petit amphithéâtre exposé sud-est.

Le choix de la gestion biologique a été ressenti dès le début comme primordial. La production porte d’ailleurs le label agriculture biologique IT-BIO-004.

 

C’est la cuvée I.G.T. Marche 2016 (13°) composée intégralement de la passerina qui retiendra notre attention.

La robe dorée incite à découvrir les senteurs qui s’avèrent délicates : florales essentiellement, elles sont évolutives : herbe, bois vert, abricot sec, angélique confite. Sapide, le vin émoustille par sa tendreté (si mes notes de dégustation sont exactes, les baies ont connu un passerillage) qui, longue, se termine sur une délicate minéralité.

 

Déjà à parfaite maturité, ce vin de printemps s’appréciera contemplant sur sa terrasse lors les premiers beaux jours.

 

Olivier Mercier.

 

(01) Il correspondrait au cépage connu en Corse sous le nom de « Pagadebito », « Pagadebitu ».

 

Extraits de l’un ou l’autre guide :

  • Gambero Rosso 2018 : mêlant vigueur et fluidité. Vin de très bon à excellent dans sa catégorie, outre un rapport qualité-prix particulièrement favorable.
  • Vinibuoni d’Italia 2018 : à boire pouvant quel que peu attendre. Vin d’une complète expression du cépage, avec un rapport élégance, finesse, consistance et équilibre digne d’intérêt. Un vin excellent, à conseiller dans l’absolu. Délicieux.

 

P.S. :

Les vins ont été dégustés notamment à l’occasion du salon ‘Gastronomia Italia’ organisé par Roberto et Lorena d’Annunzio le 27 janvier 2018. On été à cette occasion, goûtés du même domaine :

  • Atto 1 : Marche Sangiovese 2015. Construit, mais sur la délicatesse.
  • Onirocep : Denominazione di Origine Controllata Falerio 2016 (pour le cépage : placez un miroir à côté de l’étiquette). Très plaisant.
  • Sipario : Marche rouge 2013 sans indication de cépage. Superbe.

 

Coordonnées :

Azienda vitivinicola Pantaleone (Federica Pantaloni)

Frazione Colonnata Alta, 118 à 63100 Ascoli Piceno.

Téléphone : + 39 (0)7 36 26 25 91

Mobiles : +39 347 87 57 476 – +39 320 83 11 560

Téléfax : +39 (0)7 36 26 25 91

Site : https://www.pantaleonewine.com/

Courriel : info@pantaleonewine.com

Page FaceBook : https://www.facebook.com/pg/Pantaleone-vini-159918080698680/about/

 

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Società Cooperativa Agricola Canicatti (Sicile).

Une coopérative à suivre.

En 2016, l’Italie cultive 690.000 hectares de vignes (pour 785.000 en France), et plus particulièrement, en ce qui nous concerne :

  • l’Indicazione Geographia Tipica Terre Siciliane : 33.218 hectares,
  • la Denominazione di Origine Controllata Sicilia : 9.130 hectares.

 

La Società Cooperativa Agricola Canicatti  est fondée en 1969. Actuellement, elle regroupe 480 à 500 adhérents.

Les exploitations se situent dans l’arrière-pays de la ville d’Agrigento, dispersées dans la valle dei Templi, au sud-ouest de l’île, soir plus de 1.000 hectares et plus de 60 zones de production réparties dans une zone de collines. L’altitude maximale de culture plafonne à 600 mètres.

 

Il m’a été donné de déguster trois cuvées :

  • ‘Fileno’ 2016 : bianco D.O.C. Sicilia,
  • ‘Delicio’ 2016 : rosato I.G.T. Terre Siciliane,
  • Aquilae nero d’Avola 2015 : rosso I.G.T. Terre Siciliane.

Les deux premières cuvées relèvent de l’agriculture dite ‘conventionnelle’.

‘Fileno’ – 100 % grillo – a connu trois mois en cuve inox.  Nez floral, bouche de fruits blancs sucrés. Un vin de pur plaisir, sans chichi.

C’est plus particulièrement ‘Delicio’ qui a retenu mon attention. Jeunes vignes de nero d’Avola et nerello mascalese (01) vinifiées en blanc, élevées quatre mois en cuve inox. La robe est légère. Le nez, évolutif : abricot, rose, mandarine, menthe verte… Au palais, une jolie et fine acidité, pas exempt d’une certaine tendresse.  Globalement gourmand donc. Un vin de tendron si l’on veut, particulièrement bien mis en valeur par une quiche à la ricotta (tomate-jambon ou encore lardon-parmesan, c’est kif-kif).

Suivait la première cuvée en agriculture biologique (02), sur les deux produites par la coopérative (03) : Aquilae 100 %  nero d’Avola. élevé six mois en cuve inox. Nez  sur les  fruits noirs,  la jujube (le bonbon, pas le fruit). Bouche puissante, ample. Finale longue. De la belle ouvrage qui rend hommage à ce cépage trop souvent maltraité…

 

C’est ici l’occasion de préciser que la Sicile est la première région italienne au plan agriculture biologique : 25 % de la surface.

 

Bref, trois vins bien ficelés.

En farfouillant dans mes notes de dégustation, j’y ai trouvé celle de la cuvée Aquilae grillo 2008 D.O.C. Sicilia… Osons : un vin artificiel (levures sélectionnées si elles sont exactes), industriel.

 

Une coopérative à suivre donc, dès lors qu’elle  me semble se diriger dans le bon sens !

 

Olivier Mercier.

 

(01) A ne pas confondre avec le rare nerello cappuccio.

(02) IT-BIO-006.

(03) L’autre étant celle dédiée au grillo.

P.S. :

Les vins ont été dégustés notamment à l’occasion du salon ‘Gastronomia Italia’ organisé par Roberto et Lorena d’Annunzio le 27 janvier 2018.

 

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Coordonnées :

C.V.A. Canicattì / Società Cooperativa Agricola Canicatti

Contrada Aquilata

92024 Canicattì

Téléphone : +39 0 922  829 371

Téléfax: +39 0 922 829 733

Site : http://www.cvacanicatti.it/

Courriel : info@cvacanicatti.it

FaceBook : https://www.facebook.com/cvacanicatti/

 

 

 

Azienda agricola Al di là del Fiume cuvée « Fricandó » Emilia bianco 2015.

Un superbe vin blanc qui s’associe parfaitement à une viande rouge.

Il est parfois heureux d’accumuler du retard dans la retranscription de ses notes de dégustation.

 

J’ai découvert l’Azienda Agricola Al di là del Fiume (01) et plus particulièrement la cuvée Fricandó Indicazione Geografica Tipica Emilia bianco 2015 au salon Vini, Birre, Ribelli 2016.

J’avais apprécié son côté plutôt fruité, avec sans doute une petite pointe oxydative, des tanins blancs.

Mes recherches m’ont alors appris que ce domaine travaille en agriculture biologique et biodynamique. L’optique ne peut que plaire.

La cuvée se décline 100 % albana, cépage décrié essentiellement concentré dans le centre de l’Italie, en Emilie-Romagne plus particulièrement.

La vendange en est manuelle.

Seules les levures naturelles sont utilisées.

Fermentation et macération se déroulent sur les peaux pendant trois mois en amphores italiennes de terracotta.

Pas de produit ajouté sauf un peu de SO2 à la mise en bouteille.

 

Cette cuvée me sort ensuite complètement de l’esprit, je dois bien l’avouer.

 

Courant avril 2017, je me rends au regretté restaurant ‘Chez Max’.

Mon choix se porte sur des asperges blanches et crevettes grises suivies d’une entrecôte  simmental.

Je me sens alors plutôt porté vers les vins italiens.

A la carte, un de ceux-ci attire mon attention. Vous aurez compris lequel. Un vin blanc sur une viande rouge ? Pourquoi pas !?!

Il s’avère superbe ! Fin. Mêlant caramel, cassonade, fruits gorgés de sucre… Un peu de minéralité en sus.

Qui plus est, l’accord avec les plats se révèle des plus convaincant.

Pure délectation.

 

Et de relire à l’instant mes notes du salon Vini, Birre, Ribelli, lesquelles se concluent dans les termes suivants : « Vin de repas ».

Comme quoi, les premières impressions peuvent se confirmer, la boucle étant ainsi bouclée.

 

Olivier Mercier.

 

(01) Ce qui se traduit par : « l’exploitation agricole de l’autre côté de la rivière ».

 

Coordonnées :
Via San Martino, 10
Località Ca di Cò
40043 Marzabotto (Bologne)
Téléphone :  +39 348 015 3838
Courriel : danila@aldiladelfiume.it
Site : http://www.aldiladelfiume.it/
Page FaceBook :  https://www.facebook.com/aldiladelfiume

Données techniques complémentaires :
Cépage albana provenant intégralement de l’exploitation .
Vendanges du 5 au 20 septembre 2015.
Mise : mars 2016.
Maturation de 3 mois en bouteille.
Production : 5.000 cols.
Taux d’ alcool : 13,2°  (13° renseignés).
SO2 libre (mg/l à la mise en bouteille) : 19.
SO2  total (mg/l à la mise en bouteille) : 34.
Certification bio : IT-BIO-04.